{"id":1242,"date":"2016-03-17T17:13:18","date_gmt":"2016-03-17T21:13:18","guid":{"rendered":"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/?p=1242"},"modified":"2026-04-16T15:59:54","modified_gmt":"2026-04-16T19:59:54","slug":"nymphalis-antiopa-linne-1758","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/en\/nymphalis-antiopa-linne-1758\/","title":{"rendered":"<i>Nymphalis antiopa<\/i> (Linn\u00e9 1758)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Par\u00a0Ana\u00efs BOA et Francis\u00a0LETENDRE <\/strong>(\u00e9dit\u00e9 par \u00c9tienne Normandin)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Texte et photographies \u00a92015\u00a0<a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-sa\/4.0\/deed.fr\">CC BY-SA 4.0<\/a>, les auteurs<\/p>\n<figure id=\"attachment_1250\" aria-describedby=\"caption-attachment-1250\" style=\"width: 464px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1250\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/photo-g\u00e9n\u00e9rale-300x197.png\" alt=\"photo g\u00e9n\u00e9rale\" width=\"464\" height=\"305\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/photo-g\u00e9n\u00e9rale-300x197.png 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/photo-g\u00e9n\u00e9rale.png 526w\" sizes=\"auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1250\" class=\"wp-caption-text\"><em>Nymphalis antiopa<\/em> captur\u00e9 en vol \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un filet \u00e0 papillon le 3 septembre 2015 \u00e0 la station Biologie des Laurentides \u00e0 proximit\u00e9 du lac Triton<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>1) Identification du sp\u00e9cimen et morphologie externe<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du fait de leur beaut\u00e9 en grande partie li\u00e9e \u00e0 leur explosion de couleur, les l\u00e9pidopt\u00e8res constituent le deuxi\u00e8me ordre d\u2019insecte le plus connu avec 180\u00a0000 esp\u00e8ces d\u00e9crites actuellement\u00a0dans 126 familles. Ils se distinguent principalement des autres insectes par la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9cailles ou soies aplaties recouvrant la majorit\u00e9 du corps, en particulier les ailes. D\u2019o\u00f9 le nom de l\u2019ordre lepidoptera du grec \u00ab\u00a0lepidos\u00a0\u00bb signifiant \u00e9cailles et \u00ab\u00a0pteron\u00a0\u00bb, ailes. Ces \u00e9cailles offrent une multitude de couleurs gr\u00e2ce aux pigments retrouv\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieure ou au ph\u00e9nom\u00e8ne de diffraction de la lumi\u00e8re sur ces \u00e9cailles permettant alors d\u2019identifier de nombreuses esp\u00e8ces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreuses tentatives ont \u00e9t\u00e9 entreprises afin de diviser les l\u00e9pidopt\u00e8res en plusieurs groupes fondamentaux au niveau des taxons sup\u00e9rieurs aux superfamilles si bien que de nos jours ces divisions ne font pas unanimit\u00e9. N\u00e9anmoins, en se basant sur la <a href=\"http:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1046\/j.0300-3256.2001.00091.x\/epdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">classification de Kristensen <\/a>en 1984, les l\u00e9pidopt\u00e8res se divisent en quatre sous-ordres dont le plus diversifi\u00e9 en nombre d\u2019esp\u00e8ces est le sous-ordre Glossata auquel appartient notre sp\u00e9cimen. En effet, il se caract\u00e9rise par la sp\u00e9cialisation des pi\u00e8ces buccales de type suceur chez l\u2019adulte, sous forme d\u2019une longue trompe flexible et enroul\u00e9e en spirale provenant de l\u2019\u00e9longation des galeas des maxilles. Les autres pi\u00e8ces buccales sont atrophi\u00e9es ou absentes \u00e0 l\u2019exception des palpes labiaux qui sont souvent pr\u00e9sents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kristensen divise ensuite les Glossata en quatre infra-ordres dont celui des\u00a0Heteroneura qui contient 99% des l\u00e9pidopt\u00e8res de l\u2019ordre des Glossata. Il se caract\u00e9rise par une diff\u00e9rence au niveau du nombre de nervures ainsi que leur disposition entre les deux paires d\u2019ailes avec un nombre plus faible pour les ailes post\u00e9rieures. On observe notamment ce caract\u00e8re chez notre sp\u00e9cimen affirmant ainsi son appartenance \u00e0 l\u2019infra-ordre des Heteroneura.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1265\" aria-describedby=\"caption-attachment-1265\" style=\"width: 321px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1265\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-coll\u00e9e-300x216.png\" alt=\"\" width=\"321\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-coll\u00e9e-300x216.png 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-coll\u00e9e.png 427w\" sizes=\"auto, (max-width: 321px) 100vw, 321px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1265\" class=\"wp-caption-text\">Vue c\u00f4t\u00e9 dorsale vs vue c\u00f4t\u00e9 ventral de notre sp\u00e9cimen<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sence d\u2019antennes minces et termin\u00e9es par un renflement en forme de massue ou de crochet de notre sp\u00e9cimen indique qu\u2019il fait partie des rhopaloc\u00e8res, terme propos\u00e9 par Dum\u00e9ril (1823) pour d\u00e9signer les esp\u00e8ces diurnes dans lequel on retrouve deux superfamilles dont celle des \u00ab\u00a0vrais papillons\u00a0\u00bb, les Papilionoidea. Leurs ailes sont plus color\u00e9es au-dessus qu\u2019en dessous et les couleurs de l\u2019aile primaire se prolongent g\u00e9n\u00e9ralement sur l\u2019aile secondaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, notre sp\u00e9cimen poss\u00e8de deux\u00a0paires de pattes post\u00e9rieures qui sont relativement bien d\u00e9velopp\u00e9es par rapport aux pattes ant\u00e9rieures. Or, cette particularit\u00e9 d\u2019avoir la paire de pattes ant\u00e9rieures atrophi\u00e9e est le caract\u00e8re qui d\u00e9finit la famille des Nymphalidae. Les papillons de cette famille ne marchent donc que sur leurs pattes m\u00e9so et m\u00e9thatoraciques tandis que les pattes prothoraciques servent \u00e0 des fonctions sensorielles.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1283\" aria-describedby=\"caption-attachment-1283\" style=\"width: 581px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.natura-photos.net\/papillon-pyrenees-natura-photo.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1283 size-full\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-annot\u00e9e.png\" alt=\"Capture annot\u00e9e\" width=\"581\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-annot\u00e9e.png 581w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-annot\u00e9e-300x172.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 581px) 100vw, 581px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1283\" class=\"wp-caption-text\">Photographie prise \u00e0 proximit\u00e9 du Pic du Midi dans les Pyr\u00e9n\u00e9es Fran\u00e7aise \u00e0 une altitude de 1500m environ par Bernard ANE\u00a0(utilis\u00e9e avec permission) de <em>Nymphalis antiopa<\/em> sur un chardon et annot\u00e9e par\u00a0les auteurs ci-pr\u00e9sents.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, le mim\u00e9tisme est commun \u00e0 cette famille pour de nombreuses esp\u00e8ces du genre <em>Nymphalis<\/em>. En effet,\u00a0en repliant leurs ailes les unes contre les autres, \u00a0elles laissent para\u00eetre leurs\u00a0vues ventrales qui ont l&rsquo;aspect de feuilles mortes, du mim\u00e9tisme fort utile pour se cacher des pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-1263\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Photo-profil.png\" alt=\"Photo profil\" width=\"443\" height=\"241\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Photo-profil.png 655w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Photo-profil-300x163.png 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Photo-profil-624x339.png 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/>Pour finir, le patron tr\u00e8s particulier de couleur des ailes de notre sp\u00e9cimen\u00a0nous permet facilement de le reconna\u00eetre parmi les esp\u00e8ces du genre <em>Nymphalis<\/em>. Il s\u2019agit donc de l\u2019esp\u00e8ce <em>Nymphalis antiopa<\/em> plus connu sous le nom de Morio. La face dorsale laisse appara\u00eetre une livr\u00e9e uniforme des ailes, d\u2019un brun violac\u00e9. Les ailes sont dentel\u00e9es et couvertes \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 d\u2019une lign\u00e9e submarginale de points bleu ciel, puis d\u2019une frange jaune. La face ventrale est brun fonc\u00e9 mouchet\u00e9e avec une bordure p\u00e2le. Ainsi, on ne peut le confondre avec aucune autre esp\u00e8ce en raison de la bordure jaune des ailes en face dorsale qui constitue un caract\u00e8re hautement distinctif.<\/p>\n<p><strong>2) Classification<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Identifi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par Linn\u00e9 en 1758, on retrouve la classification suivante pour\u00a0<em>Nymphalis antiopa<\/em>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>R\u00e8gne\u00a0<\/strong>: Animalia<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Embranchement<\/strong>\u00a0: Arthropoda<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Classe<\/strong>\u00a0: Insecta<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Ordre\u00a0<\/strong>: Lepidoptera<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Sous-ordre<\/strong>\u00a0: Glossata<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Infra-ordre<\/strong> : Heteroneura<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Super-famille<\/strong>\u00a0: Papilionoidea<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Famille<\/strong>\u00a0: Nymphalidae<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Sous-famille<\/strong>\u00a0: Nymphalinae<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tribu<\/strong>\u00a0: Nymphalini<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Genre<\/strong>\u00a0: <em>Nymphalis<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Esp\u00e8ce<\/strong>\u00a0: <em>Nymphalis antiopa <\/em>(Linaeus 1758)<\/p>\n<p><strong>3) Habitat et aire de r\u00e9partition<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attir\u00e9 par la s\u00e8ve s\u2019\u00e9coulant des arbres meurtris, <em>Nymphalis antiopa <\/em>fr\u00e9quente les bois clairs et terrains ouverts, souvent dans les collines et montagnes. On le retrouve \u00e9galement \u00e0 proximit\u00e9 des ruisseaux bord\u00e9s de cerisiers et de saules. C\u2019est notamment au bord du lac Triton dans la station biologie des Laurentides que notre sp\u00e9cimen fut captur\u00e9 en vol \u00e0 l\u2019aide d\u2019un filet \u00e0 papillons. Il est rapide, mais se pose souvent et toujours aux m\u00eames endroits avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les saules, ormes, peupliers et bouleaux comme plantes h\u00f4tes sur lesquelles les \u0153ufs vont \u00eatre pondus. Enfin, on peut \u00e9galement le retrouver dans les parcs et jardins urbains du fait de sa polyvalence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des plantes h\u00f4te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne sa r\u00e9partition g\u00e9ographique, le morio vole dans la plupart des r\u00e9gions du Canada. Au nord, il se rencontre jusque dans la toundra, dans les monts British au Yukon, au lac Setidgi dans les Territoires du Nord-Ouest et \u00e0 Inukjuak (Port Harrison) au Qu\u00e9bec. Vers le sud, il atteint le nord de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud. Il est \u00e9galement largement r\u00e9pandu en Eurasie et dispers\u00e9 dans une grande partie de l\u2019Europe, de l\u2019ouest jusqu&rsquo;en Asie de l\u2019Est mais est absent de la majeure partie de l\u2019Espagne.<\/p>\n<p><strong>4) Biologie de l\u2019esp\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Nymphalis antiopa<\/em>\u00a0fait partie du groupe monophyl\u00e9tique des endopt\u00e9rygotes, aussi connus sous le nom des holom\u00e9taboles. Une des caract\u00e9ristiques importantes qui d\u00e9crit ce groupe est celle d\u2019un cycle de vie complet, autrement dit la m\u00e9tamorphose compl\u00e8te. Celle-ci, contrairement \u00e0 la m\u00e9tamorphose incompl\u00e8te, comporte un stade de transition entre le stade larvaire et adulte. La pr\u00e9sence de plusieurs stades de d\u00e9veloppement permet la division des t\u00e2ches tout au long de la vie du papillon. En effet, le papillon est plut\u00f4t charg\u00e9 de la reproduction alors que la chenille a pour r\u00f4le de se nourrir et grandir.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1583\" aria-describedby=\"caption-attachment-1583\" style=\"width: 230px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1583\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Capture-pontes-oeufs-98x300-2.png\" alt=\"Capture-pontes-oeufs-98x300\" width=\"230\" height=\"133\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1583\" class=\"wp-caption-text\">Ponte des oeufs de <em>Nymphalis antiopa<\/em> sur une branche d&rsquo;arbre. Image d&rsquo;Andr\u00e9 Lequet, utilis\u00e9e avec permission.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cycle de vie du Morio d\u00e9bute lorsque l&rsquo;\u0153uf \u00e9cl\u00f4t. La femelle peut pondre jusqu\u2019\u00e0\u00a0200 \u0153ufs, les d\u00e9posant soigneusement en agr\u00e9gats\u00a0autour des tiges de peuplier ou de saule. Les chenilles du Morio, parfois appel\u00e9es aussi \u00ab \u00e9pineuses de l\u2019orme \u00bb, sont au d\u00e9part r\u00e9unies dans un nid de soie et vont vivre en colonie tout au long de leur\u00a0d\u00e9veloppement jusqu\u2019\u00e0 la 5<sup>\u00e8me<\/sup> mue.\u00a0Les quatre premi\u00e8res mues de la chenille ont pour fonction d&rsquo;augmenter la taille de celle-ci. Par un processus d&rsquo;ecdysie, la larve sort de sa cuticule faite de chitine plus ou moins rigide, lui permettant ensuite d&rsquo;augmenter en taille et de se cr\u00e9er une nouvelle enveloppe. La chenille du Morio est reconnaissable par sa livr\u00e9e noire ou gris\u00e2tre parsem\u00e9e de petits points blancs. Sur son dos se remarque une ligne de points rouge orang\u00e9 interrompue ainsi que de longues \u00e9pines noires.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1264\" aria-describedby=\"caption-attachment-1264\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Nymphalis-antiopa-caterpillar.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1264 size-medium\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217-300x198.png\" alt=\"Nymphalis-antiopa-caterpillar\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217-300x198.png 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217-1024x676.png 1024w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217-624x412.png 624w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217-768x507.png 768w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Nymphalis-antiopa-caterpillar-e1458229187217.png 1146w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1264\" class=\"wp-caption-text\">Chenille de <em>Nymphalis antiopa<\/em> (image dans le domaine public)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1358\" aria-describedby=\"caption-attachment-1358\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.insectes-net.fr\/morio\/morio2.htm\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1358 size-medium\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/colonie-chenille-300x300.jpg\" alt=\"colonie chenille\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/colonie-chenille-300x300.jpg 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/colonie-chenille-150x150.jpg 150w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/colonie-chenille.jpg 425w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1358\" class=\"wp-caption-text\">Colonie de chenilles de <em>Nymphalis antiopa<\/em>. Image d&rsquo;Andr\u00e9 Lequet, utilis\u00e9e avec permission.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la cinqui\u00e8me mue, la chenille\u00a0du Morio atteint sa taille maximale, elle est alors pr\u00eate pour sa m\u00e9tamorphose. Elle produit une chrysalide lors du processus que l&rsquo;on nomme la nymphose, soit le passage entre la larve et l&rsquo;adulte. La chenille se suspend alors \u00e0 une branche ou un brin d&rsquo;herbe avec un fil de soie qu&rsquo;elle produit et entreprend sa m\u00e9tamorphose durant une p\u00e9riode d&rsquo;environ deux semaines. \u00c0 la fin de la nymphose, l&rsquo;insecte qui sort de la chrysalide n&rsquo;est plus une chenille, mais bien le papillon sous sa forme adulte. Les m\u00e2les du Morio vont alors patrouiller leur territoire \u00e0 la recherche de femelles pour se reproduire.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1375\" aria-describedby=\"caption-attachment-1375\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1375 size-medium\" src=\"http:\/\/ouelletrobert.aphidnet.org\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-aile-300x215.png\" alt=\"Capture aile\" width=\"300\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-aile-300x215.png 300w, https:\/\/qmor.umontreal.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Capture-aile.png 513w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1375\" class=\"wp-caption-text\">Aile ant\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 jaune flagrante de notre sp\u00e9cimen<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des papillons ne vivent que de quelques jours \u00e0 quelques semaines. Cependant, l&rsquo;esp\u00e8ce <em>Nymphalis antiopa<\/em> est tr\u00e8s sp\u00e9ciale en ce qui \u00e0 trait \u00e0 sa long\u00e9vit\u00e9, car elle peut vivre jusqu&rsquo;\u00e0 dix ou douze mois. En effet, elle entreprend un processus appel\u00e9 la diapause, qui consiste \u00e0 diminuer de fa\u00e7on importante ses activit\u00e9s m\u00e9taboliques. Un processus comme celui-ci permet aux papillons vivant dans les zones plus froides de survivre \u00e0 l&rsquo;hiver. Les adultes du Morio qui\u00a0hivernent (creux d\u2019un arbre ou tas de bois) tol\u00e8rent le froid au moyen de mol\u00e9cules chimiques d\u2019antigel (glyc\u00e9rol) dans leur sang. Cette hivernation au stade adulte leur permet donc de ne pas devoir entreprendre de longue migration, l\u2019avantageant \u00a0\u00e9norm\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e du printemps. On attribue alors au Morio l\u2019\u00e9pith\u00e8te famili\u00e8re de \u00ab\u00a0harbinger of spring\u00a0\u00bb ou signe avant-coureur du printemps comme \u00e9tant l\u2019un des premiers papillons \u00e0 appara\u00eetre au printemps. On peut distinguer les papillons ayant pass\u00e9s l&rsquo;hiver- donc entrepris le ph\u00e9nom\u00e8ne de diapause des jeunes papillons par un changement de couleur de la bordure ext\u00e9rieure des ailes.\u00a0 En effet, elle passe d&rsquo;un jaune brillant pour les nouveaux papillons \u00e0 un jaune tr\u00e8s p\u00e2le ou m\u00eame blanc pour ceux ayant effectu\u00e9s la diapause. Ainsi, en observant la couleur de la bordure des ailes du sp\u00e9cimen captur\u00e9, il est possible de conclure qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un juv\u00e9nile n&rsquo;ayant pas encore v\u00e9cu l&rsquo;hiver, car la couleur est d&rsquo;un jaune assez flagrant.<\/p>\n<p><strong>5) Conservation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Am\u00e9rique du Nord, l&rsquo;esp\u00e8ce <em>Nymphalis antiopa<\/em> n&rsquo;est pas en danger, elle n&rsquo;est n&rsquo;est donc pas prot\u00e9g\u00e9e. Cependant, en 1963, le gouvernement du Canada a d\u00e9sign\u00e9 la chenille du Morio comme \u00e9tant une esp\u00e8ce ravageuse des arbres \u00e0 feuilles d\u00e9cidues. En revanche, en Europe (Autriche et Suisse), le Morio est d\u00e9sign\u00e9 comme \u00e9tant en danger et jouit donc d&rsquo;un statut de protection dans ces pays. Enfin, en \u00cele-de-France, il est consid\u00e9r\u00e9 comme rare et prot\u00e9g\u00e9 en raison de l\u2019urbanisation grandissante et de la disparition des milieux naturels.<\/p>\n<p><em><strong>R\u00e9f\u00e9rences :\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>1- Articles<\/em> :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.ucl.ac.uk\/taxome\/lit\/kbrown\/Freitas%26Brown.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Freitas, A.V.L. et K.S.,\u00a0Brown, 2004.\u00a0Phylogeny of the Nymphalidae (Lepidoptera). \u00a0Systematic Biology,\u00a053 (3) : 363-383.\u00a0<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.mapress.com\/zootaxa\/2007f\/zt01668p747.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Kristensen, N.P., Scoble, M.J. et O.K., Karsholt, 2007. <span class=\"harvard_title\">Lepidoptera phylogeny and systematics: the state of inventorying moth and butterfly diversity.\u00a0<\/span>Zootaxa, 1668 : 699-747.<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div><a href=\"https:\/\/books.google.ca\/books?id=hO2MBgAAQBAJ&amp;pg=PP59&amp;lpg=PP59&amp;dq=classification+lepidoptera+Kristensen+1984&amp;source=bl&amp;ots=0f1ye_9ao0&amp;sig=pgFO0gQACd3mUvSepccA16hioMY&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0CDoQ6AEwA2oVChMI4tGL_Y7fyAIVC24-Ch1LiAff#v=onepage&amp;q=classification%20lepidoptera%20Kristensen%201984&amp;f=false\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span dir=\"ltr\">Layberry<\/span>, R., \u00a0<span dir=\"ltr\">Hall<\/span>, P. et D.,\u00a0<span dir=\"ltr\">\u00a0Lafontaine, 2015.\u00a0The Butterflies of Canada. Canada :\u00a0<\/span><span dir=\"ltr\">University of Toronto Press.<\/span><\/a><\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div><a href=\"http:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1046\/j.0300-3256.2001.00091.x\/epdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span class=\"current-selection\">Wiegmann, B.M., Regier, J.C., et\u00a0<span class=\"enhanced-author b681066b-5b3f-438a-8389-67fef8fa7ae3 enhanced-author-elem-draw current-selection\">C.<\/span><span class=\"enhanced-author b681066b-5b3f-438a-8389-67fef8fa7ae3 enhanced-author-elem-draw current-selection\">\u00a0Mitter, 2002.\u00a0<\/span>Combined molecular and mor<\/span><span class=\"current-selection\">phological evidence on the\u00a0<\/span><span class=\"current-selection\" style=\"line-height: 1.714285714; font-size: 1rem;\">phylogeny of the earliest lepidopter<\/span><span class=\"current-selection\" style=\"line-height: 1.714285714; font-size: 1rem;\">an lineages.\u00a0<\/span>Zoologica Scripta, 31 (1) :\u00a0<span id=\"issuePages\">67\u201381.<\/span><\/a><\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>2- Livres :<\/em><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Cech, R. et G., Tudor, 2005. Butterflies of the east coasy. Princeton and oxford, Angleterre : Princeton university press.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Forey, P. et S., Mc Cormick, 1992. Les papillons. \u00c9dition Gr\u00fcnd : un guide pratique pour identifier facilement 117 papillons.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Gullan, P.J. et P.S., Cranston, 2014. The Insects : an Outline of Entomology, fifth edition.\u00a0John Wiley &amp; Sons : Wiley Blackwell.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Leboeuf, M. et S., Le Tirant, 2012. Papillons et chenilles du Qu\u00e9bec et des maritimes. Qu\u00e9bec, Canada\u00a0: \u00c9ditions Michel Quintin.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Scoble, M.J., 1992. The lepidoptera : form, function, and diversity. Angleterre : Oxford university press.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Scott, J.A., 1986. The butterflies of north america. Stanford, California : Stanford university press.<\/div>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"reviewaggregate hreview-aggregate\">Veilleux, C. et B. Pr\u00e9vost, 1976. Les papillons du Qu\u00e9bec. Montr\u00e9al, Canada\u00a0: Les \u00e9ditions de l\u2019homme.<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>3- Sites internet :<\/em><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Butterflycorner, <em>Nymphalis antiopa (Camberwell beauty, Trauermantel, Le morio). <\/em>Site :\u00a0<a href=\"http:\/\/en.butterflycorner.net\/Nymphalis-antiopa-Camberwell-Beauty-Trauermantel-Le-Morio.419.0.html%20\">http:\/\/en.butterflycorner.net\/Nymphalis-antiopa-Camberwell-Beauty-Trauermantel-Le-Morio.419.0.html<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Encyclopaedia Britannica, 2015, <em>diapause. <\/em>Site :<em>\u00a0<\/em><a href=\"http:\/\/www.britannica.com\/science\/diapause%20\">http:\/\/www.britannica.com\/science\/diapause<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Espace pour la vie, 2015, <em>insectes et autres arthopodes le morio.\u00a0<\/em>Site :\u00a0<a href=\"http:\/\/espacepourlavie.ca\/insectes-arthropodes\/morio%20%20\">http:\/\/espacepourlavie.ca\/insectes-arthropodes\/morio<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Moncton, 2015, <em>Les papillons.\u00a0<\/em>Site :\u00a0<a href=\"http:\/\/www8.umoncton.ca\/littoral-vie\/papillons.htm%20%20\">http:\/\/www8.umoncton.ca\/littoral-vie\/papillons.htm<\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">University of Michigan museum of biology animal diversity web, 2015, <em>Nymphalis antiopa.\u00a0<\/em>Site :\u00a0<a href=\"http:\/\/animaldiversity.org\/accounts\/Nymphalis_antiopa\/%20\"><em>http:\/\/animaldiversity.org\/accounts\/Nymphalis_antiopa\/<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par\u00a0Ana\u00efs BOA et Francis\u00a0LETENDRE (\u00e9dit\u00e9 par \u00c9tienne Normandin) Texte et photographies \u00a92015\u00a0CC BY-SA 4.0, les auteurs 1) Identification du sp\u00e9cimen et morphologie externe Du fait de leur beaut\u00e9 en grande partie li\u00e9e \u00e0 leur explosion de couleur, les l\u00e9pidopt\u00e8res constituent le deuxi\u00e8me ordre d\u2019insecte le plus connu avec 180\u00a0000 esp\u00e8ces d\u00e9crites actuellement\u00a0dans 126 familles. 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