Catégorie : Recherche

  • Article publié sur la numérisation des spécimens d’Odonates du Québec

    La Collection Ouellet-Robert possède un magnifique ensemble de spécimens de libellules et demoiselles (ordre des Odonates) grâce en grande partie aux efforts de son fondateur éponyme, Adrien Robert. En effet, la collection d’Odonates est si bonne que nous avons choisi une demoiselle, le caloptéryx élancé (Calopteryx amata), comme emblème de la collection.

    Calopteryx amata, mâle

    Grâce au financement de démarrage de Canadensys de la Fondation canadienne pour l’innovation, la numérisation des données des spécimens d’Odonates de la collection a été faite avant 2012. Ensuite, pour mieux intégrer les activités des différentes collections d’insectes au Québec, et peut-être pour fédérer une collaboration plus ambitieuse, avec du financement du Centre de la sciences de la biodiversité du Québec, des collègues entomologistes ont visité six autres collections du Québec et ajouté leurs données de spécimens Odonata au mélange. Le résultat est un ensemble de données impressionnant, comprenant 37 000 enregistrements d’occurrence, provenant de 616 emplacements différents, pour 137 espèces. Cet ensemble de données, dont la description est publiée dans le Biodiversity Data Journal, est gratuit à télécharger et à utiliser pour la modélisation de la distribution des espèces, l’analyse des changements dans le temps, et une gamme d’autres sujets de recherche. Étant donné que de nombreuses espèces d’Odonates au Québec se trouvent aux limites nord de leur aire de répartition, leurs expansions possibles pourraient être de bons indicateurs pour mesurer les effets des changements climatiques.

    Calopteryx amata, femelle

    Cette publication est la deuxième, en moins d’un an, qui met l’accent sur les activités de la Collection Ouellet-Robert. La première était un aperçu de trois initiatives d’informatisation, y compris la numérisation des Odonates, tandis que cette deuxième se concentre sur les données elles-mêmes.

  • Article publié sur trois initiatives de numérisation

    Ces dernières années le personnel de la Collection entomologique Ouellet-Robert c’est engagé à augmenter la valeur et l’utilisation de la Collection. De nos jours, la direction des collections ainsi que les chercheurs en entomologie ont besoin de données numériques. Dans un article récemment parue, nous avons présenté trois initiatives de numérisation au sein de la Collection

    En premier lieue, nous avons examiné chaque tiroir de spécimens épinglés et chaque râtelier de fioles de spécimens conservés en alcool, et nous avons quantifié la santé conservatrice de ces unités sur huit critères (par ex., la condition des spécimens, ou de leur étiquettes, ou de leur contenants). Avec ces résultats, à être utilisés à l’interne, nous sommes en mesure de bien cibler les parties de la collection avec les les besoins les plus importants.

    Deuxièmement, nous avons créé une liste des espèces dans la Collection, le nombre de spécimens de ces espèces, et si oui ou non au moins un spécimen a été collecté au Québec ou en Amérique du Nord. Ces données, mises en disponibilité en ligne, sont pour les chercheurs qui veulent savoir ce qui se trouve dans la Collection pour ensuite venir nous visiter ou demander un prêt ou d’informations additionnelles. La Collection héberge 1,5 millions spécimens, dont un tiers sont épinglés, et 20 000 espèces, dont la moitié sont d’origine québécoise.

    Finalement, nous avons digitalisé les données sur les étiquettes des spécimens de certains groupes aquatiques. En premier lieue, ça implique les odonates dont nous en avons des milliers de spécimens, grâce aux travaux des anciens conservateurs de la Collection, Jean-Guy Pilon, Pierre-Paul Harper, et surtout Adrien Robert. Ces données seront utiles pour, parmi d’autres, estimer la répartition géographique des odonates sur un plan historique et modéliser les effets des changements environnementaux. En fait nous avons ajouté à ce jeux de données, les données des odonates des autres collections au Québec; un article qui décrit ces données est en préparation.

    L’ensemble des ces trois jeux de données numériques ne représente qu’un point de départ d’un nouvel ère pour la Collection Ouellet-Robert.

  • Les phylloxères au sein du Jardin botanique de Montréal

    Khalil ABAS

    Caryer ovale (photo prise par Khalil Abas à l’arboretum du Jardin botanique de Montréal)

     

    Cet été, plusieurs espèces d’insectes gallicoles du genre Phylloxera ont été retrouvées dans l’arboretum du Jardin botanique de Montréal. Ce type d’insecte est cousin des pucerons et tout comme eux ils sont des parasites des plantes, se nourrissant de leur sève. En juin, une infestation sévère a été constatée sur les caryers ovales (Carya ovata) de la collection. Au Jardin botanique, nous avons trouvé au moins cinq espèces de phylloxères sur le même arbre.

     

     

     

     

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    Des galles sont présentes sur diverses parties de la plante (photo prise par Khalil Abas à l’arboretum du Jardin botanique de Montréal)

    Jusqu’à tout récemment ce type d’insecte avait peu capté l’attention des scientifiques. Le dernier traitement datant du début du 20e siècle. Des travaux sont maintenant en cours au Laboratoire Favret pour collecter davantage d’informations sur ces insectes fascinants. Il y a une soixantaine d’espèces connues et un certain nombre à être découvert, avec plus de la moitié rapportée sur les caryers d’Amérique du Nord, type d’arbre plus répandu aux États-Unis et groupe qui inclus le pacanier.

     

    Un manque d’information est dû au fait que bien que les phylloxères attaquent des plantes utilisées pour l’alimentation de l’être humain (par ex. le pacanier), normalement elles n’ont pas d’impact économique significatif. Cependant, un phylloxère a donné du fil à retordre aux agriculteurs : le phylloxère de la vigne, Daktulosphaira vitifoliae, qui a ravagé les vignobles européens à la fin début du 19e siècle par son introduction accidentelle sur le vieux continent.

     

    Identification :

    Bien que ce soient de tout petits insectes (~1 mm de longueur!) on peut facilement reconnaitre les galles qu’ils induisent sur les plantes. Les galles sont des excroissances qui peuvent apparaitre sur diverses parties d’une plante (feuilles, pétioles, rameaux, etc.). C’est la maison des phylloxères : ils y passent presque toute leur vie cachés à l’intérieur, protégés des prédateurs, à se nourrir de la sève de la plante. Puisqu’ils passent la majorité de leur existence à l’intérieur de la plante, on dit que ce sont des insectes endophages.

    Une galle renfermant des phylloxères (photo prise par Khalil Abas au laboratoire Favret)

    Les phylloxères forment une grande variété de galles, d’apparence très diverse selon chaque espèce. Ainsi, l’apparence de la galle est la meilleure façon d’identifier l’espèce sur le terrain, en plus de la plante hôte. En effet, les phylloxères sont des parasites spécialisés, chaque espèce attaquant un nombre restreint de plantes. On peut voir sur la photo ci-jointe trois galles d’apparences diverses sur une feuille de caryer ovale.

    Trois types de galles sont présentes sur la même feuille d’un caryer ovale (photo prise par Khalil Abas au laboratoire Favret)

     

    Cycle de vie :

    Le cycle de vie des espèces appartenant au genre Phylloxera est très complexe et analogue à celui de leurs cousins les pucerons. Il varie selon les espèces, mais l’exemple qui suit est représentatif.

    Au début du printemps, quand les bourgeons commencent à s’ouvrir, l’œuf contenant la fondatrice de la colonie éclore. Celle-ci choisit un emplacement sur la plante hôte pour induire une galle, qui ne peut se former que sur les parties en croissance. Lorsque la galle se referme sur elle, la fondatrice commence à se reproduire. Mais cette reproduction est asexuée : les œufs dont elle remplit la cavité de la galle contiennent des clones d’elle-même. C’est ce qu’on appelle la parthénogenèse, et tous ses descendants auront le même code génétique que leur mère.

    Une fondatrice entourée de ses œufs bien à l’abris dans sa galle (photo prise par Colin Favret au laboratoire Favret)

    Des phylloxères à différents stades de développement dans une même galle. Êtes-vous capable de repérer la fondatrice? (photo prise par Khalil Abas au laboratoire Favret)

    Après éclosion, les larves passeront par quatre stades de développement pour devenir des adultes ailés, qui ont une apparence différente de leur mère. Leur développement se déroulera bien à l’abri de leur galle, où ils passeront leur temps à se nourrir de la sève de la plante hôte. Après deux à trois semaines, lorsque leurs ailes auront bien poussées, la galle s’ouvrira d’elle-même pour que les ailés puissent s’envoler à la recherche d’une autre plante hôte. Ils y déposeront des œufs encore par parthénogenèse. Mais ceux-ci donneront cette fois des individus sexués, mâles et femelles qui, après reproduction sexuée, iront pondre un œuf qui restera dormant jusqu’au printemps prochain, pour éclore et donner une autre fondatrice.

    Un ailé pondant des œufs sur une nouvelle plante hôte (photo prise par Khalil Abas au laboratoire Favret)

    Nous ne maintenons aucun droit d’auteur et nous transférons le tout au domaine public.

Collection Ouellet-Robert