Étiquette : Sericomyia

  • Sericomyia militaris (Walker 1849)

    Par Iman SICOT et XueHan QU

    Texte et figures (sauf si indiqué) CC BY-SA 2018, par les auteures.

    Le spécimen a été collecté sur la route vers la Station de biologie des Laurentides dans le région de Saint-Hippolyte, à Québec en Septembre 2018. Toutes les photos prises par Iman Sicot et Xue Han Qu, 2018.

    Sericomyia militaris

    Sous ses faux airs de petite guêpe, se cache en fait un diptère

    Etalant ses ailes postérieures modifiées en balanciers, en haltères

    Regardez de plus près ce qui se décèle sur ses ailes arrondies

    Indicatrice de sa famille, sa nervure vestigiale, vena spuria juste ici (Fig.1) (Skevington et Thompson, 2012) 

    Centrée sur son aile et traversée en son milieu par la veine radiale-médiale (Fig.1)

    O comme je vois son genre dans la nervure de ses ailes et l’étendue de ses qualités faciales

    Méticuleuse qu’est l’analyse quand je remarque ses antennes courtes, son ariste plumeuse et son scutum non marqué (Fig.2 et 3) (Miranda et al., 2013)

    Yeux dans les yeux, je note la nudité et la fusion de ceux-ci, petit triangle ocellaire, trait du mâle repéré (Patil, 2018)

    Intérêt certain ensuite trouvé dans ses ailes à la cellule anale allongée et pointue, et à la 5ème radiale fermée et trapue (Borror et al., 1989)

    Ah la voilà cernée maintenant que se révèle son identité !

    Motif abdominal caractéristique de ton espèce

    Innovant par sa simplicité, sa délicatesse

    Là, voyez-vous, ses paires de bandes jaunes sur fond noir à chacune de ses tergites

    Impeccablement symétriques dont une sur la première section infiniment petite

    Tibia teinté d’un brun-jaune or sur chacune de ses pattes (Fig.2) (Skevington et Thompson, 2012)

    Achève notre quête et nous flatte sous la découverte

    Révélation !

    Inévitablement nous te reconnaissons

    Sericomyia militaris

    Figure 1
    Figure 2
    Figure 3

           Classement

    Embranchement : Arthropoda

    Sous-embranchement : Hexapoda

    Classe : Insecta

    Ordre : Diptera

    Famille : Syrphidae

    Sous-famille : Eristalinae

    Genre : Sericomyia

    Espèce : Sericomyia militaris

      Sericomyia militaris est un membre de la famille des Syrphidés, de l’ordre des Diptères (Diptera), familier au public en tant que mouche. Les Syrphidés occupent un rôle crucial dans les écosystèmes en tant que pollinisateurs. Il est d’ailleurs suggéré que cette famille soit la deuxième en importance après les abeilles. Avec plus de 6200 espèces décrites, Syrphidae représente une large famille séparée en 3 sous-familles, dont les Syrphinae incluant Sericomyia militaris. Connues pour leur comportement de butinage autour des fleurs, ces mouches portent les surnoms de « hoverfly » (mouche qui oscille) et « flower fly » (mouche à fleurs) en anglais (Young et al, 2016).

    Peu d’études et de documentations ont été effectuées sur Sericomyia militaris. On retrouve une variété phénotypique relativement grande à l’intérieur même de l’espèce, particulièrement en ce qui concerne les couleurs et les motifs de son corps. Or, le modèle génétique démontre très peu de variations et les pièces génitales restent identiques, entre autre (Skevington et Thompson, 2012).  

        Histoire de vie

       Malgré l’absence des yeux et des pattes, la larve des Syrphinés (Syrphinae) est une prédatrice à craindre pour plusieurs. Ses proies sont composées d’une variété d’arthropodes à corps mou, dont les pucerons et les thirps.  (Young et al, 2016). Ce mode d’alimentation rend ces dernières d’importants agents dans la lutte biologique contre les pucerons et autres insectes ravageurs.  Après environ une semaine d’alimentation intensive, la larve se pose sur le sol pour se transformer en nymphe (Warner, 1993).

      L’adulte émerge environ deux semaines plus tard. Les adultes sont phytophages, comme le reste des Syphidés. Noirs et jaunes dans la plupart des cas, leur imitation phénotypique des guêpes fait d’eux d’excellents représentants du mimétisme batésien chez les insectes. Or, S. militaris fait partie des rares exceptions non imitatrices (Skevington et Thompson, 2012). L »insecte se nourrit de nectar et de pollen, particulièrement des fleurs locales à grande inflorescence et aux pétales aplatis bien qu’il ne présente aucune préférence particuière pour une plante quelconque (Branquart et Hemptinne, 2000)

     Suite à l’accouplement, les femelles déposent leurs œufs à la surface des feuilles, souvent près des colonies de pucerons afin d’augmenter les chances de survie des larves suite à l’éclosion. Le cycle de vie contient 4 étapes (œuf, larve, nymphe et adulte) et se poursuit pendant environ un mois, avec une durée de vie plus longue en été et plus courte en hiver (Warner, 1993).

        Répartition géographique (Amérique du Nord)

    Figure 5. Distribution de Sericomyia militaris aux États-Unis et au Canada (Skevington et Thompson, 2012)

      Les Syrphidés habitent l’ensemble des continents, à l’exception de l’Antarctique. Leur répartition géographique est représentée sur la carte ci-dessous pour le Canada et les États-Unis (Skevington et Thompson, 2012). On peut noter une grande concentration de l’espèce autour des Grands Lacs et le long du fleuve Saint-Laurent.

    Des  observations récentes (GBIF 2017) montrent une répartition géographique similaire à celle-ci. Cette association aux points d’eaux importants est due à l’humidité du sol, qui joue en effet un grand rôle dans la distribution des différentes communautés de la famille des Syrphidés. Le genre Sericomyia fait partie de celles ayant une forte affinité avec les sols humides (Lucas et al., 2017).

    Références

    Borror, D.J, Triplehorn, C.A. et Johnson, N.F. 1989. An introduction to the study of insects (6e édition, vol 1). Orlando, Florida: Harcourt Brace Jovanovich College Publishers

    Branquart, E. et Hemptinne, J.-L. 2000. Selectivity in the Exploitation of Floral Resources by Hoverflies (Diptera: Syrphinae). Ecography, 23(6), 732‑742. Repéré à https://www.jstor.org/stable/3683515

    GBIF (Global Biodiversity Information Facility). 2017. Sericomyia militaris Walker, 1849. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset. Repéré le 31 octobre 2018 à https://www.gbif.org/species/1538790

    Hagerman E. 2018. (University of Maine) prise en octobre 2018. Avec les permissions de l’auteure.

    Lucas, A., Bull, J.C., de Vere, N., Neyland, P.J. et Forman, D.W. 2017. Flower resource and land management drives hoverfly communities and bee abundance in seminatural and agricultural grasslands. Ecology and Evolution, 7(19), 8073‑8086. doi: 10.1002/ece3.3303

    Miranda, G.F.G., A.D. Young , M.M. Locke, S.A. Marshall, J.H. Skevington, F.C. Thompson. 2013. Key to the Genera of Nearctic Syrphidae. Canadian Journal of Arthropod Identification 23. doi: 10.3752/cjai.2013.23

    Patil, K.B. 2018. Undeniably interesting facts about hoverflies.

    Skevington, J.F. et  Thompson, C.F. 2012. Review of New World Sericomyia (Diptera: Syrphidae), including description of a new species. Canadian Entomologist 144(2): 216-247. doi: 10.4039/tce.2012.24

    Thyselius, M., Gonzalez-Bellido, P.T., Wardill, T.J. et Nordström, K. 2018. Visual approach computation in feeding hoverflies. The Journal of Experimental Biology, 221(10). doi: 10.1242/jeb.177162

    Young, A.D., Lemmon, A.R., Skevington, J.H., Mengual, X., Ståhls, G., Reemer, M., Jordaens, K., Kelso, S., Lemmon, E.M., Hauser, M., De Meyer, M. Misof, B., et Wiegmann, B.M. 2016. Anchored enrichment dataset for true flies (order Diptera) reveals insights into the phylogeny of flower flies (family Syrphidae). BMC Evolutionary Biology, 16: 143. doi: 10.1186/s12862-016-0714-0

    Warner, G. 1993. Syrphid flies (hover flies, flower flies). Washington State Fruit Comission. Répéré à Washington State Fruit Comission.

  • Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842)

    Par Véronique LAURIN-SAUVÉ et Roxanne YURIEVICH (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Répandue en Amérique du Nord (EOL, 2013), Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842) (BugGuide.Net, 2013) est une espèce de diptère de la famille des syrphidés. Ceux-ci forment la plus grande famille de diptères, avec plus de 6.000 espèces. Ces mouches font preuve de mimétisme batésien, selon lequel une espèce inoffensive adopte les couleurs et formes d’une espèce toxique, en imitant les guêpes (hyménoptères) par leurs rayures et couleurs, mais aussi quant à leurs périodes d’activités. Ces diptères vont butiner beaucoup plus dans les périodes où les guêpes butinent aussi (Pilon, 2006). Dans la sous-famille Eristalinae comprenant S. chrysotoxoides, le mimétisme amène une ressemblance précise à certaines espèces d’hyménoptères, contrairement à la sous-famille des Syrphinae (Agriculture Canada, 1992).

    Image 3Les syrphidés possèdent un pli caractéristique dans le centre des deux ailes antérieures qui ressemble à une nervure supplémentaire par son ombrage. Comme tout diptère, il y a absence d’ailes postérieures, qui sont plutôt modifiées en haltères. La taille varie entre 10 et 12 mm, autant chez le mâle que la femelle (Turpeau, 2013). Leur cycle de vie se compose d’un stade d’œuf, trois stades larvaires, d’une pupation dans le puparium et finalement de l’adulte (Agriculture Canada, 1992).

    Souvent retrouvés sur les fleurs, les adultes syrphidés se nourrissent de leur nectar et pollen, avec une  préférence pour le pollen le matin et le nectar en milieu de journée. Le pollen est assimilé toute la journée (Gilbert, 1985). Ce faisant, ils sont de très bons pollinisateurs. Les larves (asticots) sont généralement retrouvées dans la végétation en décomposition sur le sol (BugGuide.Net, 2013). On observe trois types de régime alimentaire chez celles-ci : les phytophages (tiges, racines, bulbes), les microphages (microorganismes, surtout en milieux liquides) et les zoophages (insectes et autres organismes, principalement les pucerons) (Turpeau, 2013). Chez Sericomyia, les larves sont des microphages (Skevington, 2011).

    Les ailes des syrphidés peuvent battre 120 fois par minute, ce qui leur permet de faire du surplace et d’avoir assez de force pour effectuer des migrations pour l’hibernation, vers la fin de l’été ou le début de l’automne (Turpeau, 2013).

    Avec la montée de la lutte biologique en agriculture, les syrphidés présentent un intérêt particulier. En effet, les larves de certaines espèces de cet ordre de diptère se nourrissent de centaines de pucerons qu’on retrouve souvent dans les récoltes, ce qui en fait donc une alternative intéressante. Il suffirait d’attirer les adultes avec leur fleur favorite en bordure des champs infestés pour profiter de leur aide (Sarthou, 2013).

    Image 4 Image 5

     

     

     

     

     

    • Classification complète de Sericomyia chrysotoxoides (BugGuide.Net 2, 2013): 

    Ordre: Diptera

    Sous-ordre: Brachycera

    Infra-ordre: Muscomorpha

    Famille: Syrphidae

    Sous-famille: Eristalinae

    Tribu: Eristalini

    Sous-tribu: Sericomyiina

    Genre: Sericomyia

    Espèce: Sericomyia chrysotoxoides

    RÉFÉRENCES

    BugGuide.Net. 2003-2013 «Species Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    BugGuide.Net. 2003-2013. «Genus Sericomyia» . En ligne. Page consultée le 30 septembre 2013.

    Canada, Agriculture Canada, Centre for Land and Biological Resources Reseach. 1992. The insects and arachnids of Canada, part 18. The flower flies of the subfamily Syrphinae of Canada, Alaska, and Greenland. Diptera : Syrphidae, rédigé par J.R. Vockeroth. Ottawa (Ont.) : Agricullture Canada, 460 p.

    Encyclopedia of Life. «Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 12 octobre 2013.

    Gilbert, F.S. 1985. «Diurnal activity patterns in hoverflies (Diptera, Syrphidae)» Ecological Entomology, vol 10, p385-392.

    Pilon, Michel. 2006. Parcours entomologique. En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    Sarthou, Véronique. Agro-environnement SYRPHYS. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

    Skevington, J.H, Thompson, F.J. 2011. «Review of the New World Sericomyia (Diptera : Syrphidae), including description of a new species» Canadian Entomologist, vol 144, p216-247.

    Turpeau, E., Hullé, M., Chaubet, B. 2013. Encyclop’APHID. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

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