Étiquette : Diptera

  • Sericomyia militaris (Walker 1849)

    Par Iman SICOT et XueHan QU

    Texte et figures (sauf si indiqué) CC BY-SA 2018, par les auteures.

    Le spécimen a été collecté sur la route vers la Station de biologie des Laurentides dans le région de Saint-Hippolyte, à Québec en Septembre 2018. Toutes les photos prises par Iman Sicot et Xue Han Qu, 2018.

    Sericomyia militaris

    Sous ses faux airs de petite guêpe, se cache en fait un diptère

    Etalant ses ailes postérieures modifiées en balanciers, en haltères

    Regardez de plus près ce qui se décèle sur ses ailes arrondies

    Indicatrice de sa famille, sa nervure vestigiale, vena spuria juste ici (Fig.1) (Skevington et Thompson, 2012) 

    Centrée sur son aile et traversée en son milieu par la veine radiale-médiale (Fig.1)

    O comme je vois son genre dans la nervure de ses ailes et l’étendue de ses qualités faciales

    Méticuleuse qu’est l’analyse quand je remarque ses antennes courtes, son ariste plumeuse et son scutum non marqué (Fig.2 et 3) (Miranda et al., 2013)

    Yeux dans les yeux, je note la nudité et la fusion de ceux-ci, petit triangle ocellaire, trait du mâle repéré (Patil, 2018)

    Intérêt certain ensuite trouvé dans ses ailes à la cellule anale allongée et pointue, et à la 5ème radiale fermée et trapue (Borror et al., 1989)

    Ah la voilà cernée maintenant que se révèle son identité !

    Motif abdominal caractéristique de ton espèce

    Innovant par sa simplicité, sa délicatesse

    Là, voyez-vous, ses paires de bandes jaunes sur fond noir à chacune de ses tergites

    Impeccablement symétriques dont une sur la première section infiniment petite

    Tibia teinté d’un brun-jaune or sur chacune de ses pattes (Fig.2) (Skevington et Thompson, 2012)

    Achève notre quête et nous flatte sous la découverte

    Révélation !

    Inévitablement nous te reconnaissons

    Sericomyia militaris

    Figure 1
    Figure 2
    Figure 3

           Classement

    Embranchement : Arthropoda

    Sous-embranchement : Hexapoda

    Classe : Insecta

    Ordre : Diptera

    Famille : Syrphidae

    Sous-famille : Eristalinae

    Genre : Sericomyia

    Espèce : Sericomyia militaris

      Sericomyia militaris est un membre de la famille des Syrphidés, de l’ordre des Diptères (Diptera), familier au public en tant que mouche. Les Syrphidés occupent un rôle crucial dans les écosystèmes en tant que pollinisateurs. Il est d’ailleurs suggéré que cette famille soit la deuxième en importance après les abeilles. Avec plus de 6200 espèces décrites, Syrphidae représente une large famille séparée en 3 sous-familles, dont les Syrphinae incluant Sericomyia militaris. Connues pour leur comportement de butinage autour des fleurs, ces mouches portent les surnoms de « hoverfly » (mouche qui oscille) et « flower fly » (mouche à fleurs) en anglais (Young et al, 2016).

    Peu d’études et de documentations ont été effectuées sur Sericomyia militaris. On retrouve une variété phénotypique relativement grande à l’intérieur même de l’espèce, particulièrement en ce qui concerne les couleurs et les motifs de son corps. Or, le modèle génétique démontre très peu de variations et les pièces génitales restent identiques, entre autre (Skevington et Thompson, 2012).  

        Histoire de vie

       Malgré l’absence des yeux et des pattes, la larve des Syrphinés (Syrphinae) est une prédatrice à craindre pour plusieurs. Ses proies sont composées d’une variété d’arthropodes à corps mou, dont les pucerons et les thirps.  (Young et al, 2016). Ce mode d’alimentation rend ces dernières d’importants agents dans la lutte biologique contre les pucerons et autres insectes ravageurs.  Après environ une semaine d’alimentation intensive, la larve se pose sur le sol pour se transformer en nymphe (Warner, 1993).

      L’adulte émerge environ deux semaines plus tard. Les adultes sont phytophages, comme le reste des Syphidés. Noirs et jaunes dans la plupart des cas, leur imitation phénotypique des guêpes fait d’eux d’excellents représentants du mimétisme batésien chez les insectes. Or, S. militaris fait partie des rares exceptions non imitatrices (Skevington et Thompson, 2012). L »insecte se nourrit de nectar et de pollen, particulièrement des fleurs locales à grande inflorescence et aux pétales aplatis bien qu’il ne présente aucune préférence particuière pour une plante quelconque (Branquart et Hemptinne, 2000)

     Suite à l’accouplement, les femelles déposent leurs œufs à la surface des feuilles, souvent près des colonies de pucerons afin d’augmenter les chances de survie des larves suite à l’éclosion. Le cycle de vie contient 4 étapes (œuf, larve, nymphe et adulte) et se poursuit pendant environ un mois, avec une durée de vie plus longue en été et plus courte en hiver (Warner, 1993).

        Répartition géographique (Amérique du Nord)

    Figure 5. Distribution de Sericomyia militaris aux États-Unis et au Canada (Skevington et Thompson, 2012)

      Les Syrphidés habitent l’ensemble des continents, à l’exception de l’Antarctique. Leur répartition géographique est représentée sur la carte ci-dessous pour le Canada et les États-Unis (Skevington et Thompson, 2012). On peut noter une grande concentration de l’espèce autour des Grands Lacs et le long du fleuve Saint-Laurent.

    Des  observations récentes (GBIF 2017) montrent une répartition géographique similaire à celle-ci. Cette association aux points d’eaux importants est due à l’humidité du sol, qui joue en effet un grand rôle dans la distribution des différentes communautés de la famille des Syrphidés. Le genre Sericomyia fait partie de celles ayant une forte affinité avec les sols humides (Lucas et al., 2017).

    Références

    Borror, D.J, Triplehorn, C.A. et Johnson, N.F. 1989. An introduction to the study of insects (6e édition, vol 1). Orlando, Florida: Harcourt Brace Jovanovich College Publishers

    Branquart, E. et Hemptinne, J.-L. 2000. Selectivity in the Exploitation of Floral Resources by Hoverflies (Diptera: Syrphinae). Ecography, 23(6), 732‑742. Repéré à https://www.jstor.org/stable/3683515

    GBIF (Global Biodiversity Information Facility). 2017. Sericomyia militaris Walker, 1849. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset. Repéré le 31 octobre 2018 à https://www.gbif.org/species/1538790

    Hagerman E. 2018. (University of Maine) prise en octobre 2018. Avec les permissions de l’auteure.

    Lucas, A., Bull, J.C., de Vere, N., Neyland, P.J. et Forman, D.W. 2017. Flower resource and land management drives hoverfly communities and bee abundance in seminatural and agricultural grasslands. Ecology and Evolution, 7(19), 8073‑8086. doi: 10.1002/ece3.3303

    Miranda, G.F.G., A.D. Young , M.M. Locke, S.A. Marshall, J.H. Skevington, F.C. Thompson. 2013. Key to the Genera of Nearctic Syrphidae. Canadian Journal of Arthropod Identification 23. doi: 10.3752/cjai.2013.23

    Patil, K.B. 2018. Undeniably interesting facts about hoverflies.

    Skevington, J.F. et  Thompson, C.F. 2012. Review of New World Sericomyia (Diptera: Syrphidae), including description of a new species. Canadian Entomologist 144(2): 216-247. doi: 10.4039/tce.2012.24

    Thyselius, M., Gonzalez-Bellido, P.T., Wardill, T.J. et Nordström, K. 2018. Visual approach computation in feeding hoverflies. The Journal of Experimental Biology, 221(10). doi: 10.1242/jeb.177162

    Young, A.D., Lemmon, A.R., Skevington, J.H., Mengual, X., Ståhls, G., Reemer, M., Jordaens, K., Kelso, S., Lemmon, E.M., Hauser, M., De Meyer, M. Misof, B., et Wiegmann, B.M. 2016. Anchored enrichment dataset for true flies (order Diptera) reveals insights into the phylogeny of flower flies (family Syrphidae). BMC Evolutionary Biology, 16: 143. doi: 10.1186/s12862-016-0714-0

    Warner, G. 1993. Syrphid flies (hover flies, flower flies). Washington State Fruit Comission. Répéré à Washington State Fruit Comission.

  • Syrphus ribesii (Linnaeus 1758)

    Syrphus ribesii (Linnaeus 1758)

    Par Grégoire G. BONENFANT et Antoine MATHIEU

    Texte et images ©2017 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Spécimen capturé au vol avec un filet à papillon le 7 septembre 2017 à la station de biologie des Laurentides, Québec, Canada

    Classification

    Classe : Insecta

    Ordre : Diptera

    Famille : Syrphidae

    Sous-famille : Syrphinae

    Tribu : Syrphini

    Genre : Syrphus

    Espèce : ribesii (Linnaeus, 1758)

    selon BugGuide.net

    Identification et morphologie

    Tout d’abord, la présence d’haltères et d’une seule paire d’ailes indique que l’individu est un diptère. Il s’agit donc ici d’une mouche mimétique qui imite une guêpe (ou autre hyménoptère à l’abdomen strié). En regardant l’aile de plus près, on observe la présence d’une fausse nervure (appelée « spurious vein ») entre les nervures radiales et médianes, ce qui est un trait distinctif de la famille des Syrphidae, une famille de mouches mimétiques. (BugGuide.net)

    Figure 1: Fausse nervure caractéristique des Syrphidae. On voit aussi les poils dans la cellule bm entourée de rouge.

    Il existe, pour tous les syrphes néarctiques (c.-à-d. de l’Amérique du Nord), une clé d’identification produite par la Revue Canadienne de l’Identification des Arthropodes permettant d’identifier les genres. Pour trouver le genre de notre espèce, il faut observer des caractéristiques particulièrement précises comme l’absence de poil sur le postpronotum et l’anepisternum (voir figure 2).

    Figure 2: Postpronotum et anepisternum sans poil chez Syrphus (la tête est enlevée). Il est à noter que les poils présents sur la structure adjacente donnent l’impression que l’anepisternum est poilu alors qu’il est bel et bien nu sur le spécimen

    On observe aussi la présence de poils longs sur la surface dorsale du calypter inférieur. Cette caractéristique est distinctive pour le genre Syrphus auquel appartient Syrphus ribesii.

    Figure 3: Longs poils sur la surface dorsale du calypter inférieur. Caractéristique chez Syrphus

    D’autres caractéristiques plus simples à observer permettent d’identifier le groupe Syrphus. Notamment l’absence de bandes poilues à l’apparence de velours sur les tergites abdominaux, la face principalement jaune, la marge arrière de l’œil ronde ainsi que l’absence de poil sur l’œil, la veine R4+5 de l’aile plus droite que courbée ainsi que le scutum pigmenté de façon unie. Aussi, l’abdomen se doit d’être ovale, plutôt que mince et effilé, et il doit porter des bandes colorées relativement droites allant jusqu’à l’extrémité de l’abdomen.

    Figure 4: Les bandes jaunes se rendent jusqu’à l’extrémité de l’abdomen

    Comme on peut le constater à la lumière du paragraphe ci-dessus, l’identification du groupe à elle seule nécessite une connaissance étendue du vocabulaire spécifique ainsi qu’une observation minutieuse du spécimen.

    Pour l’identification de l’espèce au sein du genre, la clé de Vockeroth est toute indiquée. On peut trouver l’espèce Syrphus ribesii grâce aux caractéristiques suivantes:

    • la cellule bm de l’aile porte des poils (voir figure 1)
    • l’œil ne porte presque pas ou pas de poil
    • les tergites sont bordées de lisérés jaunes « seulement aux extrémités des taches ou des bandes jaunes » (Vockeroth 1992, pp.368-370)

    On peut aussi identifier le sexe de notre individu, toujours selon la clé de Vockeroth. En effet, le fémur postérieur des mâles doit être noir sur les trois-quarts basilaires alors que le fémur du spécimen présent est entièrement jaune. Ceci concorde aussi avec la condition selon laquelle le fémur (toujours postérieur) des femelles doit être jaune au moins dans la moitié basilaire (Vockeroth, 1992). Le spécimen est donc de sexe féminin.


    Biogéographie

    Le plus vieux spécimen retrouvé du genre Syrphus fut découvert aux États-Unis dans l’état du Wyoming. Il date d’entre 50.3 Ma et 46.2 Ma, lors de la période du Paléogène (The Paleobiology Database). De nos jours, l’espèce Syrphus ribesii est communément retrouvée sur la majorité des terres situées au nord du tropique du Cancer, de l’Alaska jusqu’à la côte est du continent nord-américain s’étandant, à sa limite sud, au Mexique (Vockeroth 1992). Aussi bien représentée en Europe, on peut la retrouver de la Scandinavie à la Méditerranée et de l’Irlande à la Turquie. L’étendue se poursuit en Asie, de l’Oural à la Côte Pacifique, de même qu’au Japon (Syrphidae Community Website).

    Sous la forme adulte, Syrphus ribesii est retrouvée en milieux perturbés par les humains comme « […] les fermes, vergés, milieux horticoles, jardins, parcs, plantations de conifères ; ainsi que la plupart des types de forêts décidues et de conifères. » (Syrphidae Community Website).


    Biologie

    Syrphus ribesii possède un cycle de vie permettant 2 à 3 générations par année (E.H. Strickland Entomological Museum). Ce cycle est très simple : suite à l’éclosion de l’œuf, il y a 3 stades larvaires (Syrphidae Community Website), suivis de la formation d’une pupe d’où émergera l’adulte. Une fois adulte, 7 à 8 jours sont nécessaires à la femelle afin de pouvoir pondre ses œufs. L’accouplement se fait en plein vol et ne dure que 2 secondes (E.H. Strickland Entomological Museum).

    À l’automne, lorsque le froid commence, les adultes migrent vers le sud, tandis que les larves tombent au sol et se réfugient sous la litière humide. Ces dernières sont fortement tolérantes au froid, pouvant survivre à des températures descendant jusqu’à -35°C pendant de courtes périodes (Hart et Bale, 1997). Cette caractéristique est particulièrement importante dans les régions où la migration n’est pas possible, permettant ainsi à l’espèce de survivre l’hiver. Au printemps, la température se réchauffe, ce qui permet le retour d’une partie des adultes ayant migré vers le sud. Au même moment, les larves, ayant passé l’hiver au froid, émergent de la litière en tant qu’adultes (Hart et Bale, 1997).

    La larve se nourrit d’une grande variété d’espèces parmi, entre autres, les genres Aphis, Cinara, Macrosiphum et Pemphigus qui font partie du groupe des Aphidoidea, mieux connus sous le nom de pucerons (Vockeroth, 1992). Ce stade de vie est aussi très vulnérable aux prédateurs, dont certains parasitoïdes comme les familles « […] de Braconidae, de Chalcididae, de Proctotrupidae, de Encyrtidae et de Ichneumonidae » (E.H. Strickland Entomological Museum).

    L’adulte mâle ne se nourrit pas et préfère voler en groupe. Toutefois, les femelles se nourrissent de nectar et de miellat (Espace pour la vie) et permettent ainsi la pollinisation d’une vaste variété de plantes, « […] incluant les composés, les ombellifères ainsi que les fleurs de plusieurs arbres et arbustes » (Syrphidae Community Website).

    La ressemblance aux hyménoptères, comme les abeilles et les guêpes, distingue les individus de la famille des syrphidés des autres diptères. Cela leur permet d’échapper à certains prédateurs, comme les oiseaux. Que ce soit au niveau des couleurs, de la forme du corps ou encore du comportement, la tromperie du mimétisme batésien peut parfois être très spécifique, c’est-à-dire ressembler à une autre espèce précise de la même région comme chez Volucella bombylans, ou plus générale (Vockeroth, 1992). En ce qui a trait à Syrphus ribesii, l’alternance de jaune et de noir sur l’abdomen représente bien le patron de couleurs des hyménoptères, mais il n’est spécifique à aucune espèce.


    Bibliographie

    BugGuide.net. Species Syrphus ribesii. URL: https://bugguide.net/node/view/681408

    BugGuide.net. Wing venation – Eristalis. URL: https://bugguide.net/node/view/240586

    E.H. Strickland Entomological Museum – Species Page – Syrphus ribesii. URL: http://entomology.museums.ualberta.ca/searching_species_details.php?s=5835

    Espace pour la vie Montréal – Insectarium – Syrphes. URL: http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/syrphes

    HART, A. and BALE, J. (1997), Evidence for the first strongly freeze-tolerant insect found in the U.K.. Ecological Entomology, 22: 242–245. doi:10.1046/j.1365-2311.1997.t01-1-00048.x URL: http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1046/j.1365-2311.1997.t01-1-00048.x/pdf

    Miranda, G.F.G, Young, A.D., Locke, M.M., Marshall, S.A., Skevington, J.H., Thompson, F.C. 2013. Key to the Genera of Nearctic Syrphidae. Canadian Journal of Arthropod Identification No. 23, 23 August, 2013. URL: http://www.biology.ualberta.ca/bsc/ejournal/mylmst_23/mylmst_23.htmldoi: 10.3752/cjai.2013.23

    The Paleobiology Database. Syrphus. URL: https://paleobiodb.org/classic/checkTaxonInfo?taxon_no=139166&is_real_user=1

    Syrphidae Community Website. Syrphus ribesii (Linnaeus). URL: http://syrphidae.myspecies.info/taxonomy/term/399/descriptions

    Vockeroth J.R. (1992). The Insects and Arachnids of Canada part 18 – The Flower Flies of the Subfamily Syrphinae of Canada, Alaska, and Greenland – Diptera: Syrphidae. URL: http://publications.gc.ca/pub?id=9.811395&sl=1

  • Sphaerophoria philanthus (Meigen 1822)

    Par Diane BUREAU et Julien SAAVEDRA-LAVOIE, 2014

    2014-09-25 11.59.10
    Mâle Sphaerophoria philanthus

    Ordre: Diptera

    Sous-ordre: Brachycera

    Super-Famille: Syrphidea

    Famille: Syrphidae

    Sous-famille: Syrphinae

    Tribu: Syrphini

    Genre: Sphaerophoria

    Espèce: philanthus

    Famille des Syrphidae :

    Les espèces de la familles des Syrphidés, aussi connues sous le nom de syrphe, font parties des diptères les plus colorés et les plus fréquemment capturés. Ils se retrouvent sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique. Grâce à la grande diversité des niches pouvant être occupées par leurs larves, ils sont présents dans la majorité des types d’habitats, de la forêt tropicale jusqu’aux déserts arides ou arctiques. Étant donné le vaste territoire qu’ils couvrent, ces espèces sont sujettes à une importante pression de la part des prédateurs. C’est pourquoi toutes les espèces de ce groupe montrent une ressemblance générale, et parfois même une ressemblance spécifique très proche avec les abeilles et guêpes (Vockeroth, 1992).

    Importance de la famille au niveau économique

    Au stade larvaire, la majorité des espèces de syrphidés sont prédatrices d’une grande variété d’espèces appartenant à la super famille des pucerons (Aphidoidea) dont plusieurs espèces sont des ravageurs de cultures. Les syrphidés sont donc d’importants contrôleurs biologiques contre ces insectes (Vokeroth 1992).

    Au stade adulte, ils se nourrissent principalement de pollen et de nectar, et représentent donc des pollinisateurs importants pour plusieurs espèces de plantes. En effet ceux-ci transportent le pollen sur leur thorax quand ils butinent aux fleurs (Yariv & Amots, 1976).

    Genre Sphaerophoria

    Le genre Sphaerophoria regroupe des espèces de mouches de taille petite à médium, ayant des marques jaunes sur la tête, le thorax ainsi que l’abdomen (à noter que certaines espèces sont totalement noires) et leurs corps est plus long que leurs ailes (Wallisroughley, 2014). Il y a 13 espèces connues du genre en Amérique du Nord, distribuées largement au Canada et aux États-Unis.

    Espèce Sphaerophoria philanthus

    Description

    L’espèce mesure environ 10 mm, a un long abdomen à bandes noires et jaunes, le thorax est brun avec une strie brune. L’espèce a des yeux de grande dimension de couleur brune et un visage couleur jaune clair. Les pattes sont jaunes et les ailes transparentes qui comme toutes les espèce de la famille des Syrphidae ont une fausse nervure médiane, la veina spuria. Les femelles se distinguent des mâles par un abdomen se terminant avec un bout plus pointu ainsi des yeux largement séparés sur le front (versus contigus sur le front chez les mâles) (naturesearch 2014).

    20141009_145436
    L’aile présentant la fausse nervure médiane
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    Les yeux contigus du mâle

     

     

     

     

     

     

     

    Clef de l’espèce

    Article apical du tarse des pattes antérieure et médiane brun pâle ou noir et nettement plus foncé que I ‘article basilaire, ou tous les articles de couleur noire. Lobe ventral du surstylus garni d’un appendice pré-apical aplati sur le bord dorsal ; lobe interne du surstylus, pointu dans sa portion apicale (Vokeroth 1992).

    Cycle de vie

    Sphaerophoria philanthus est une espèce répandue de la famille des Syrphidae à la métamorphose complete, dite holométabole. Quatre stades de métamorphoses caractérisent son cycle de vie : œuf, larve, pupe et adulte (Marshall, 2012).

    Stade 1 : Œuf

    Les œufs fécondés sont pondus par la femelle à l’aide de la partie terminale télescopique de son abdomen mou et flexible car elle ne possède pas d’appendice ovipositeur (Marshall, 2012 p.16). Les œufs sont déposés sur une plante, près du sol, dès le printemps, tout près ou parmi de leur future source de nourriture, des colonies de pucerons (Coderre, 1987). Ils éclosent rapidement, habituellement en 2 jours (Vockeroth, 1992),  une stratégie utilisée lorsque l’habitat est éphémère (Marshall, 2012 p.17)

    Stade 2 : Larve

    C’est le stade principal d’alimentation. Il correspond à la plus grande partie du cycle de vie de l’insecte. Trois mues larvaires successives et trois instars permettront aux larves de se déplacer, de s’alimenter, de croître et poursuivre leur développement (Marshall, 2012 p.17). Ses larves sont des prédateurs voraces, aphidiphages non spécifiques. Elles se nourrissent de pucerons, hémiptères à cuticule molle, parasites de plantes. Une larve de 3 à 4 jours peut dévorer jusqu’à 300 pucerons par nuit (Agriculture and Agri-Food Canada 2014). Elles les immobilisent à l’aide de sécrétions salivaires collantes et transpercent et aspirent avec leurs pièces buccales verticales en crochet. Elles sont molles, sans capsule céphalique, aveugles, et n’ont pas d’appendice de locomotion. Elles sont colorées jaunes ou vertes grâce à des dépôts de pigments de sang ou de gras sous leur peau translucide. Cette coloration leur permet de se camoufler parmi leur habitat de feuilles et tiges des plantes (Marshall, 2012 p 308).

    Stade 3 : Nymphe

    Cette étape intermédiaire, permet une première mue de métamorphose (Scott, 2004). Elle est caractérisée par le durcissement de la cuticule du 3e instar larvaire et sa transformation en un cocon, le puparium. La nymphe ne se nourrit pas, son énergie provient des réserves accumulées durant le stade larvaires (Scott, 2004).

    Cette transition permettra l’apparition externe des ailes et autres appendices non fonctionnels qui étaient internes chez la larve sous forme de disques imaginaux et la formation de structures de l’adulte  (Marshall, 2012 p24). Les variations de températures saisonnières et géographiques durant cette étape, influencent sa coloration. Sphaerophoria philanthus est plus foncé dans les régions plus au sud du Canada (Vockeroth, 1992).

    Stade 4 : Adulte

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    Adulte S. philanthus

    Une 2e mue de métamorphose, dite imaginale, permet à l’insecte de compléter son cycle de développement. Des adaptations spécifiques lui permette d’émerger du puparium constitué à cette étape de  3 cuticules soient la cuticule larvaire durcie, celle fine de la nympher, et la cuticule pré-exuviale de l’adulte. À l’aide du ptilinum, une structure gonflable situé sur sa tête et une ligne circulaire plus faible à la partie terminale de son abri il réussit donc  à émerger (Marshall, 2012 p.295). Cette nouvelle mouche à fleur pourra s’envoler avec ses deux ailes fonctionnelles, se nourrir non plus de pucerons mais de nectar et de pollen. Les stratégies reproductives peu connues permettront la rencontre d’une femelle et d’un mâle aboutissant à la fécondation des œufs et au recommencement d’un nouveau cycle.

    Répartition géographique

    La famille des Syrphidae ou mouches à fleurs est très rependue au Canada et aux États-Unis avec ses 870 espèces identifiées. Le genre Sphaerophoria compte 13 espèces en Amérique du Nord (NatureSearch 2014). On les retrouvent en densité élevée dans des secteurs riches en fleurs indigènes avec de larges inflorescences et de petites corolles aplaties structures végétales adaptées à leur morphologie et leur choix alimentaire pour le pollen et le nectar. Dans ces environnements elles ont un rôle essentiel de polinisateur.

    On les retrouvent aussi en marges des forêts et des champs cultivées où leurs larves prédatrices aphidiphages trouvent leur source alimentation essentielle et jouent un rôle important dans la lutte biologique contre des parasites de plantes (Sutherland et al 2001) (Martinez et al 2013).

    Ecologie

    Prédation par les larves

    Les larves de Sphaerophoria philanthus se nourrissent d’espèce de la famille Aphidoidea et démontrent l’importance au niveau de la stratégie de différentiation des niches entre les différents prédateurs du groupe. Au niveau de la localisation sur les feuilles d’espèces végétales consommées par les Aphidoidea, l’adulte pond en dessous et seulement sur celles situées à proximité du sol. Au niveau temporel, la ponte à lieu en début de saison (à la mi-juillet) au travers des colonies importantes, notamment de pucerons (Coderre et al. 1987). Bien que les femelles utilisent leur sens visuel pour trouver les lieux convenable pour la ponte, ce serait leur sens de l’odorat qui est le plus important afin de localiser les feuilles occupées par des aphides (Yariv & Amots 1976). Les autres prédateurs ciblent plutôt les feuilles situées plus haut sur la plante et ne s’alimentent pas à la même période de la saison (Coderre et al. 1987).

    Mimétisme:

    Comme beaucoup d’espèce de la famille des Syrphidae, S. philanthus utilise la stratégie du mimétisme batésien. Elle prend pour modèle la guêpe en ayant une apparence visuelle très ressemblante. Ajoutons qu’elle démontre un comportement semblable, par exemple lorsqu’elle est saisie, elle pousse le bout de l’abdomen vers ce qui la tient, bien qu’elle ne soit pas équipée d’un dard. Un autre exemple est le son émit par la mouche qui rappelle celui des hyménoptères piqueurs (Penney et al 2013).

    2014-10-09 15.06.12
    Sphaerophoria philanthus

     

     

     

     

     

     

     

    Références

    Agriculture and Agri-Food Canada [En ligne], http://www.agr.gc.ca/eng/science-and-innovation/science-publications-and-resources/good-bug-bad-bug-agricultural-science-at-work-for-farmers/?id=1285101410251#a3, (page consultée le 22 octobre 2014)

    Coderre, D., and Provencher, L., and Tourneur, J. C. 1987. Oviposition and niche partitioning in aphidophagous insects on maize. Département des Sciences Biologiques, Université du Québec à Montréal, p. 198, 202.

    http://journals.cambridge.org/download.php?file=%2FTCE%2FTCE119_02%2FS0008347X00045697a.pdf&code=43bc08703e2428cbcc1b3917051f9ad5

    Encyclopedia of life: classification [En ligne],http://eol.org/pages/750734/overview, (page consultée le 18 octobre 2014)

    Marshall, S. 2012 Flies: the natural history and diversity of dipteral. Firefly books Ltd,616 pages, p.15-16-17-22-24-395-308-309.

    Nature Search [En ligne]    http://www.fnanaturesearch.org/index.php?option=com_naturesearch&task=view&id=1882, (page consultée le 17 octobre 2014)

    Penney, H. D., and Hassal, C., and Skevington, J. H., and Lamborn, B., and Sherratt, T. N. 2013. The Relationship between Morphological and Behavoral Mimicry in Hover Flies (Diptera: Syrphidae), The American Naturalist, Vol. 183, No. 2, p.281-288. http://www.canacoll.org/Diptera/Staff/Skevington/pdfs/Penney_mimicry_American_Naturalist_2014.pdf

    Scott F. G. 2004, Biologie du développement, De Boeck Supérieur, 858 pages, p.252

    Système canadien d’information sur la biodiversité [En ligne],    http://www.scib.gc.ca/acp/fra/siti/regarder?tsn=140261, (page consultée le 18 octobre 2014)

    Vockeroth, J. R. 1992. The insects and arachnids of Canada part 18: The flower flies of the subfamily Syrphinae of Canada, Alaska, and Greenland : Diptera, Syrphidae, Agriculture Canada, 456 p., p.11.http://www.esc-sec.ca/aafcmonographs/insects_and_arachnids_part_18.pdf

    Wallisroughley, [En ligne] http://www.wallisroughley.ca/Sph.html, (page consultée le 20 octobre 2014)

    Yariv, I., and Amots, D. 1976. The pollination ecology of Epipactis consimilis don (Orchidaceae) in Israel, New Phytol, 79, 173-177, p.175-176. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1469-8137.1977.tb02193.x/pdf

  • Bittacomorpha clavipes (Fabricius 1781)

    Bittacomorpha clavipes (Fabricius 1781)

    LE FANTÔME DES MARAIS –

    Texte, photographies, illustrations et identification du spécimen par

    Manon FUSELIER & Mathilde GAUDREAU

    fig-0

    Dans la pénombre des marécages de l’est nord-américain, un véritable spectre hante les lieux. Apparenté aux créatures de légendes, son apparition éphémère est un événement auquel seuls les spectateurs les plus attentifs ont la chance d’assister. On le prénomme le fantôme des marais, « phantom crane fly », ou Bittacomorpha clavipes pour les intimes.

    Bittacomorpha clavipes est un insecte holométabole dont le nom commun fait référence à sa coloration blafarde, à sa gracilité et à son vol caractéristique qui lui donnent l’apparence d’un véritable spectre livide. Il débute son existence tel un cadavre, sous la forme d’une larve enterrée sous une couche de sédiments organiques humides. Suivant une nymphose souterraine, c’est au stade adulte que la métamorphose se complète et que l’esprit s’extirpe de son linceul pour entreprendre un vol si discret et léger qu’il semble littéralement flotter dans l’air.

    Contrairement à ce que son nom commun indique, un spécimen de B. clavipes ne passe pas inaperçu dans une collection en raison de son patron de coloration blanche et noire caractéristique et de la difficulté liée à le préserver intact suivant la capture. En effet, ses longues pattes délicates se détachent aisément; le spécimen présenté fut ainsi collé latéralement sur deux pointes entrecroisées (Figure 1) afin de le préserver dans son intégrité.

    CLASSIFICATION

    Ordre: Diptera

      Sous-Ordre: Nematocera

          Super-Famille: Ptychopteroidea

              Famille: Ptychopteridae

                  Sous-Famille: Bittacomorphinae

                      Genre: Bittacomorpha

                            Espèce: Bittacomorpha clavipes (Fabricius, 1781)

    IDENTIFICATION

    Il est plutôt aisé d’identifier précisément un spécimen de B. clavipes car de nombreux caractères clés simples ont été définis à cet effet et puisque seules deux espèces forment le genre. Une clé d’identification simplifiée et illustrée de la famille Ptychopteridae a été publiée par Fassbender (2014) dans le cadre de sa thèse de doctorat (2).

    L’appartenance du spécimen à l’ordre des diptères (Diptera) est facilement établie par l’examen des ailes. Alors que la paire antérieure permet le vol, les ailes postérieures sont modifiées en haltères et servent des fonctions de balancier et de proprioception (Figure 1). L’aspect plutôt mince et allongé de l’insecte dans son ensemble (corps, pattes et antennes) permet de l’associer au sous-ordre des nématocères (Nematocera).

    picture1
    Figure 1. Spécimen adulte de Bittacomorpha clavipes sur pointes, capturé à la Station de Biologie des Laurentides de l’Université de Montréal (Saint-Hippolyte, Qc) . h. haltère

    L’absence d’ocelles et la présence d’un lobe additionnel pré-haltère à la base de l’haltère (Figure 2) est indicateur de la famille Ptychopteridae. Cette structure n’est en effet retrouvée chez aucun autre diptère (3). On remarque également que le 2e segment abdominal est allongé (2).

    figure-2
    Figure 2. Morphologie externe des ailes postérieures de B. clavipes. h. haltère. ph. pré-haltère

    La sous-famille Bittacomorphinae se caractérise par la présence de larges bandes blanches et noires sur les pattes, par l’absence de la première cellule médiane (M1) de l’aile (Figure 3) ainsi que par les antennes comprenant un minimum de 17 flagellomères (2).

    fig3
    Figure 3. Morphologie externe des ailes antérieures de B. clavipes. R. nervure radiale. R1. première cellule radiale. M. nervure médiane

    On distingue le genre Bittacomorpha par le fort gonflement des basitarses des pattes (Figure 4). Les antennes portent moins de 20 flagellomères. Le genre ne comprend que deux espèces ; on distingue B. clavipes de B. occidentalis par la présence d’une bande grisâtre traversant le thorax longitudinalement en entier, se prolongeant après la suture thoracique transverse en «V» (Figure 5) (2).

    fig4
    Figure 4. Anatomie de pattes de B. clavipes. T. tibia. t. tarse. bt. basitarse
    fig5
    Figure 5. Bande médiane traversant longitudinalement le thorax de B. clavipes en entier.

    CYCLE DE VIE

    La femelle B. clavipes dépose ses oeufs dans les sédiments humides de marais, marécages et fossés boueux qu’occuperont également la larve et la nymphe. Comme la respiration se fait toujours à l’air libre pendant cette période, les stades immatures ont développé un long siphon respiratoire, structure spécialisée en forme de tube comprenant une paire de spiracles terminaux et partiellement rétractile chez la larve. La présence de microstructures et de trois paires de pseudopodes abdominaux facilitent les mouvements de celle-ci dans les sédiment épais, notamment lors des mues qui ont lieu en surface pour ses 4 instars (Figure 6)  (1,4).  On remarque également que la tête de la larve est bien sclérifiée et que son corps allongé, originellement plutôt terne, peut prendre des colorations marquées suivant l’exposition aux minéraux présents dans le substrat (4). Son mode d’alimentation est filtreur de microparticules.  B. clavipes passe la majorité de sa vie sous forme larvaire d’autant plus que l’hivernation a lieu lors du dernier instar (4) tandis que le stade nymphal ne dure que quelques semaines.

    picture2
    Figure 6. Cycle de vie du fantôme des marais (Bittacomorpha clavipes). I-IV. Instars, stades larvaire. N. Nymphe. A. Adulte

    Le fantôme des marais adulte est une créature éphémère,  d’une existence si courte et axée sur la reproduction que son alimentation est considérée facultative (4). Les pièces buccales sont réduites mais on peut observer de longs palpes maxillaires ainsi qu’un labre épais qui lui permettent de consommer des solutions sucrées telles du nectar ou du miellat (4). Dans certaines régions plus tempérées, il peut y avoir plusieurs générations de B. clavipes par année (i.e. espèce plurivoltine) (1).

    ÉCOLOGIE

    Le fantôme des marais est majoritairement retrouvé en habitats humides aux substrats riches en sédiments organiques et végétaux en décomposition tels que des marais ou marécages. Ils peuvent aussi se retrouver légèrement submergés sous la mince couche d’eau courante d’un ruisseau peu profond. On considère que son habitat optimal est un marécage au sol saturé et de substrat recouvert par un fin filet d’eau et riche en oxyde de fer (2).

    B. clavipes est l’espèce de Ptychopteridae dominante à travers toute l’Amérique du Nord et est principalement abondante dans l’est. Sa dispersion couvrant jusqu’à la moitié du continent peut s’expliquer par sa capacité à profiter des courants d’air pour traverses des barrières géologiques mineures grâce à son vol léger et flottant (2). Sa répartition à la frontière nord (région de Terre-neuve-et-Labrador) est limitée en raison des étés plus courts et principalement du manque de sédiments nécessaires au développement larvaire. La limite ouest (de l’est de la Colombie Britannique au nord est de l’Utah) est quant à elle plus difficile à déterminer; il n’y a pas encore consensus quant aux facteurs responsables bien que certains avancent à nouveau l’hypothèse du manque de sédiments appropriés (2). Bien que la limite sud du fantôme des marais soit établie comme au niveau du Texas, les données sont plutôt fragmentées et une population a même été répertoriée au Costa Rica, atteignant la zone néotropicale (2).

    Références

    1. BOWLES, D.E. (1998). Life history of Bittacomorpha clavipes (Fabricius)(Diptera: Ptychopteridae) in an Ozark spring, USA. Aquatic Insects, 20(1), 29-34. http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1076/aqin.20.1.29.4486
    2. FASBENDER, A. (2014). Phylogeny and diversity of the phantom crane flies (Diptera: Ptychopteridae). Graduate Theses and Dissertations. Iowa State University, Paper 14133. http://lib.dr.iastate.edu/etd/14133/
    3. LUKASHEVICH, E.D. (2008). Ptychopteridae (Insecta: Diptera): History of its study and limits of the family. Paleontological Journal, 42(1), 66-74. http://link.springer.com/article/10.1007/s11492-008-1011-1
    4. ZWICK, P. (2004). Insecta: Diptera, Ptychopteridae. In Freshwater Invertebrates of the Malaysian Region (pp. 621-625). Aura Productions. https://www.researchgate.net/profile/Catherine_Yule/publication/233727128_44_Diptera_Ptychopteridae/links/09e4150acd05907295000000.pdf
  • Chrysops aberrans (Meigen 1803)

    BIO_2440                                         Rédaction d’espèce                                     automne 2015

     

    Geneviève MARTEL et Charles TREMBLAY

    Édité par Étienne Normandin

    Texte et photographies ©2015 CC BY-SA 4.0, Geneviève Martel et Charles Tremblay

    Chrysops aberrans

    MORPHOLOGIE

    On sépare l’anatomie externe de l’insecte en trois sections: la tête, le thorax et l’abdomen. Chaque partie est séparée par une légère constriction.

    Print

    Chrysops aberrans mesure environ 1 cm et est brune et noire sur le thorax et l’abdomen. Le thorax est séparé en trois sections: le prothorax, le mésothorax et le métathorax. Chacun de ces segments comporte une paire de pattes. Il n’y a qu’une paire d’ailes attachées sur le mésothorax, elles sont d’ailleurs traversées par une bande plus foncée. L’abdomen est composé de métamères distinguables par leur bordure plus pâle. L’espèce est caractérisée par les deux lignes longitudinales foncées qui traversent le dos de son abdomen. Le premier métamère de leur abdomen est divisé en 2 tergites sur la face supérieure. [1]

    morpho

    morpho

    Chrysops aberrans a de grands yeux composés et de longues antennes robustes. Les femelles sont facilement caractérisées par le dimorphisme sexuel. Elles possèdent un espace entres leurs yeux, comme notre spécimen. [1] Tandis que les mâles ont les yeux accolés à l’avant. Les ocelles se trouvent sur le dessus de la tête. L’appareil buccal externe est très modifié. Les mandibules et les maxilles sont longues et robustes. [1]

    morpho

    Classification de l’espèce

    Notre spécimen appartiendrait à l’espèce Chrysops aberrans, selon la classification suivante:

    Classification 

    Règne : Animalia

    Embranchement : Arthropoda

    Sous-embranchement : Hexapoda

    Classe : Insecta

    Sous-classe : Pterygota

    Infra-classe : Neoptera

    Ordre : Diptera

    Sous-Ordre : Brachycera

    Infra-ordre : Tabanomorpha

    Famille : Tabanidae

    Sous-famille : Chrysopsinae

    Tribu : Chrysopsini

    Genre : Chrysops

    Espèce : Chrysops aberrans (Meigen, 1803).

    BIOLOGIE DE L’ESPÈCE

    Habitat et aire de répartition

    On retrouve cette espèce de diptère dans le sud de l’Ontario et du Québec, avec une petite population isolée qu’on retrouve au Nouveau-Brunswick. Cette population est liée aux populations du nord des États-Unis, dans les états du Minnesota et du Missouri. La période de vol de Chrysops aberrans s’étend de mai à septembre, même si on a déjà recensé cette espèce plus tard à l’automne. [5] Les diptères du genre Chrysops résident dans une grande diversité de milieux, allant des forêts au climat tempéré aux monts rocheux de l’ouest du Canada. [2]

    Alimentation

    Afin de soutenir leurs activités métaboliques, les mouches du genre Chrysops ont besoin de grandes quantités de sucre. L’acquisition se fait par le nectar des fleurs, ou par les sécrétions des pucerons lorsque ceux-ci se nourrissent de la sève des plantes. L’énergie ainsi obtenue permettra à l’organisme de se déplacer en vol, mécanisme important lors de l’accouplement ou lors de la recherche de sang pour la gestation (la recherche de sang est effectuée par les femelles, qui en ont besoin afin de produire et développer des oeufs). [3]

    Cycle de vie

    Les adultes émergent généralement des pupes dans le matin, et après avoir laissé le temps aux ailes de se durcir, ils sont capables de voler, généralement dans la même journée. Les adultes ont une durée de vie de 30 à 60 jours. Durant cette période, ils doivent se reproduire et effectuer la recherche de repas de sang afin de combler les besoins énergétiques liés à la reproduction. Il est à noter que les femelles sont beaucoup plus abondantes que les mâles. [4]. Lorsque la femelle a été accouplée, elle va chercher un site de ponte. Ce site est généralement sur une feuille de plante semi-aquatique au-dessus d’un plan d’eau (étang, fossé, marécage, marais). La ponte peut aussi s’effectuer sur une plante surplombant un sol très humide. Les larves émergeront quelques heures seulement après la ponte. Elles tomberont ainsi dans l’eau ou le sol très humide où elles se nourriront de matière organique en décomposition. Les larves de Tabanides occupent donc un rôle important dans les cycles de décompositions de la matière organique. Les individus ont une durée de vie d’environ un an, et passent l’hiver au stade larvaire. Lorsque le printemps ou le début de l’été arrive, ils passent au stade de pupe.

    Reproduction

    Lors de la reproduction, les mâles se positionnent à des endroits stratégiques (rochers, branches) près d’un corridor emprunté par des femelles et attendent qu’une d’entre elles passe. La plupart du temps, ces stations sont situées au sommet d’une colline. Une poursuite dans les sous-bois ou parfois au-dessus de la canopée sera alors entamée par un (ou plusieurs) mâle. Si la tentative est infructueuse, le mâle retournera se positionner à sa station, sinon un couple est formé et le mâle inséminera la femelle. [7]

    Contrôle et lutte biologique

    Il n’y a présentement pas de programme de contrôle biologique pour le genre Chrysops, mais plusieurs possibilités s’offrent à l’homme. Quelques groupes d’hyménoptères sont des parasites de ce diptère. Les oeufs peuvent être parasités par des Trichogrammatidae, des Scelionidae ou des Chalcididae. Les larves et les pupes peuvent elles aussi succomber au parasitisme d’autres insectes, dont les Tachinidae (Diptère) et les Pteromalidae (Hyménoptère). Certaines espèces de guêpes peuvent stocker et utiliser les adultes comme réserve. Le Pluvier kildir, un oiseau limicole de la famille des Charadriidae, utilise lui aussi les mouches à chevreuil comme source de nourriture. [6]

    Références

    [1];[4];[5];[7] Teskey, H.J. (1990). The insects and arachnids of Canada, part 16: The horse flies and deer flies of Canada & Alaska, Diptera: Tabanidae. Agriculture Canada. 386 p.

    [2] W. Thomas, A., A. Marshall, S. Tabanidae of Canada, east of the Rocky Mountains 1: a photographic key to the species of Chrysopsinae and Pangoniinae (Diptera: Tabanidae). Canadian journal of arthropod identification. (CJAI 08, June 25, 2009).

    [3];[6] University of Florida : common name: deer flies, yellow flies and horse flies. scientific name: Chrysops, Diachlorus, and Tabanus spp. (Insecta: Diptera: Tabanidae).

  • Machimus notatus (Wiedemann 1828)

    Par Andréanne  DALLAIRE et Mélody DUBÉ-DANJOU (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen à l’étude ici a été récolté à la station de biologie des Laurentides le 5 septembre 2013 lors d’une journée de terrain dans le cadre du cours d’entomologie BIO2440. Lors de sa capture, le spécimen était en train de se nourrir d’une autre mouche. Noter l’acarien parasitaire sur le tibia de la deuxième patte.

    La présence d’une seule paire d’ailes a permis de déterminer que ce spécimen
    appartient à l’ordre des diptères; en effet, chez ceux-ci, la seconde paire d’ailes est
    réduite en haltères (1).

    Ensuite, à l’aide d’un guide d’identification il a été possible d’affirmer qu’il fait
    partie de la famille Asilidae; grâce aux pièces buccales modifiées en appareil piqueur
    spécifique au mode d’alimentation de cette famille (2).

    Image 3Une consultation et  une comparaison avec des spécimens de la famille Asilidae de la collection  entomologique Ouellet-Robert de l’Université de Montréal (3) ont permis de déterminer l’espèce, grâce à la coloration spécifique des pattes: le fémur est  entièrement noir, alors que moins de la moitié du tibia est teinté d’une couleur rougeâtre ou jaunâtre (4). Il s’agit de l’espèce Machimus notatus, décrite par Wiedemann en 1828 (5).

     Classification (5)

    Ordre: Diptera
    Sous-ordre: Brachycera
    Infra-ordre: Muscomorpha
    Famille: Asilidae
    Sous-famille: Asilinae
    Tribu: Asilini
    Genre: Machimus
    Espèce: Machimus notatus (Widemann, 1828)

    Cet insecte possède un corps allongé et poilu, ainsi qu’une dépression entre les
    yeux composés. Cette dernière caractéristique constitue, avec la modification des
    pièces buccales, un caractère clé à l’identification de cette famille (6). On le retrouve
    dans divers habitats. Comme tous les Asilidae, il est prédateur d’autres insectes, dont
    certains sont parfois plus gros que lui-même. Chasseur opportuniste, il a une
    excellente vision qui lui permet d’apercevoir ses proies jusqu’à dix mètres de
    distance (7). Il se saisit de ses proies en vol grâce à ses pattes fortes munies de
    griffes (7). Par la suite, il procède à l’injection de sa salive, qui contient des
    enzymes digestives, dans l’insecte; ensuite il en suce le contenu prédigéré (8).  Son
    rostre (appareil piqueur) est suffisamment solide pour percer les carapaces de ses
    victimes (7). Les larves, aussi prédatrices, vivent dans la litière, souvent dans le bois en
    décomposition (1).

    RÉFÉRENCES

    1. Guide d’identification d’insectes du Québec
    2. Anonyme. 2009. Diptères Asilidés. Invertébrés continentaux des Pays de la Loire; Gretia.  (PDF)
    3. Université de Montréal, département de sciences biologique collection Ouellet-Robert
    4. Wisconsin butteflies, Machimus notatus
    5. ITIS Report, Machimus notatus
    6. Meyer, J.R. 2007. Asilidae — Robber Flies. North Carolina State University. General Entomology, ENT 425.
    7. Tomasovic, Guy. 1999. À propos des Asilidés. Insectes 112: 7-8. Insectes.org. (PDF)
    8. Finn, E.M. 2012. Robber Flies. University of Florida, featured creatures.
  • Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842)

    Par Véronique LAURIN-SAUVÉ et Roxanne YURIEVICH (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Répandue en Amérique du Nord (EOL, 2013), Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842) (BugGuide.Net, 2013) est une espèce de diptère de la famille des syrphidés. Ceux-ci forment la plus grande famille de diptères, avec plus de 6.000 espèces. Ces mouches font preuve de mimétisme batésien, selon lequel une espèce inoffensive adopte les couleurs et formes d’une espèce toxique, en imitant les guêpes (hyménoptères) par leurs rayures et couleurs, mais aussi quant à leurs périodes d’activités. Ces diptères vont butiner beaucoup plus dans les périodes où les guêpes butinent aussi (Pilon, 2006). Dans la sous-famille Eristalinae comprenant S. chrysotoxoides, le mimétisme amène une ressemblance précise à certaines espèces d’hyménoptères, contrairement à la sous-famille des Syrphinae (Agriculture Canada, 1992).

    Image 3Les syrphidés possèdent un pli caractéristique dans le centre des deux ailes antérieures qui ressemble à une nervure supplémentaire par son ombrage. Comme tout diptère, il y a absence d’ailes postérieures, qui sont plutôt modifiées en haltères. La taille varie entre 10 et 12 mm, autant chez le mâle que la femelle (Turpeau, 2013). Leur cycle de vie se compose d’un stade d’œuf, trois stades larvaires, d’une pupation dans le puparium et finalement de l’adulte (Agriculture Canada, 1992).

    Souvent retrouvés sur les fleurs, les adultes syrphidés se nourrissent de leur nectar et pollen, avec une  préférence pour le pollen le matin et le nectar en milieu de journée. Le pollen est assimilé toute la journée (Gilbert, 1985). Ce faisant, ils sont de très bons pollinisateurs. Les larves (asticots) sont généralement retrouvées dans la végétation en décomposition sur le sol (BugGuide.Net, 2013). On observe trois types de régime alimentaire chez celles-ci : les phytophages (tiges, racines, bulbes), les microphages (microorganismes, surtout en milieux liquides) et les zoophages (insectes et autres organismes, principalement les pucerons) (Turpeau, 2013). Chez Sericomyia, les larves sont des microphages (Skevington, 2011).

    Les ailes des syrphidés peuvent battre 120 fois par minute, ce qui leur permet de faire du surplace et d’avoir assez de force pour effectuer des migrations pour l’hibernation, vers la fin de l’été ou le début de l’automne (Turpeau, 2013).

    Avec la montée de la lutte biologique en agriculture, les syrphidés présentent un intérêt particulier. En effet, les larves de certaines espèces de cet ordre de diptère se nourrissent de centaines de pucerons qu’on retrouve souvent dans les récoltes, ce qui en fait donc une alternative intéressante. Il suffirait d’attirer les adultes avec leur fleur favorite en bordure des champs infestés pour profiter de leur aide (Sarthou, 2013).

    Image 4 Image 5

     

     

     

     

     

    • Classification complète de Sericomyia chrysotoxoides (BugGuide.Net 2, 2013): 

    Ordre: Diptera

    Sous-ordre: Brachycera

    Infra-ordre: Muscomorpha

    Famille: Syrphidae

    Sous-famille: Eristalinae

    Tribu: Eristalini

    Sous-tribu: Sericomyiina

    Genre: Sericomyia

    Espèce: Sericomyia chrysotoxoides

    RÉFÉRENCES

    BugGuide.Net. 2003-2013 «Species Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    BugGuide.Net. 2003-2013. «Genus Sericomyia» . En ligne. Page consultée le 30 septembre 2013.

    Canada, Agriculture Canada, Centre for Land and Biological Resources Reseach. 1992. The insects and arachnids of Canada, part 18. The flower flies of the subfamily Syrphinae of Canada, Alaska, and Greenland. Diptera : Syrphidae, rédigé par J.R. Vockeroth. Ottawa (Ont.) : Agricullture Canada, 460 p.

    Encyclopedia of Life. «Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 12 octobre 2013.

    Gilbert, F.S. 1985. «Diurnal activity patterns in hoverflies (Diptera, Syrphidae)» Ecological Entomology, vol 10, p385-392.

    Pilon, Michel. 2006. Parcours entomologique. En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    Sarthou, Véronique. Agro-environnement SYRPHYS. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

    Skevington, J.H, Thompson, F.J. 2011. «Review of the New World Sericomyia (Diptera : Syrphidae), including description of a new species» Canadian Entomologist, vol 144, p216-247.

    Turpeau, E., Hullé, M., Chaubet, B. 2013. Encyclop’APHID. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

  • Pedicia albivitta (Walker 1848)

    la tipule à triangle

    Par Arthur GAGNON et Salomé GOTREAU (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification

    Règne: Animalia
    Division: Arthropoda
    Sous-division: Hexapoda
    Classe: Insecta
    Sous-classe: Pterygota
    Infra-classe: Neoptera
    Ordre: Diptera
    Sous-ordre: Nematocera
    Infra-ordre: Tipulomorpha
    Famille: Tipulidae
    Sous-famille: Limoniinae
    Tribu: Pediciini
    Genre: Pedicia
    Espèce: Pedicia albivitta  (aussi appelé albovitta et albivittata)

    Les limnoides était auparavant regroupés avec les tipules.

    Étymologie

    Tipulas vient du latin « tippula » qui veut dire « araignée d’eau ».

    Albivitta vient du latin « albus » (blanc) et « vitta » (une bande de couleur).

    Description générale

    • Larve

    D’une longueur de 2,8 à 4 cm de long et 4 à 5 mm de diamètre, la larve est d’un gris jaunâtre. Son corps cylindrique est légèrement fuselé aux extrémités et possède une segmentation relativement distincte. Les larves, contrairement à celles des tipulides, n’ont que 4 à 5 lobes bordant les stigmates de l’extrémité postérieure.

    • Adulte

    Aile:

    Une seule paire d’ailes membraneuses (diptère) marquée par des motifs noirs; l’autre paire étant  transformée en « haltères », qui servent de balanciers pour la stabilité du vol. Les 2 nervures annales rejoignant le bord de l’aile; les nervures transversales sont placées au-delà du centre de l’aile. Le ptérostigma (tache alaire) est rempli d’hémolymphe et joue un rôle dans la stabilité du vol de l’insecte. Il est situé au 2/3 de l’aile. Le prolongement de la bande noire atteignant la marge arrière est un signe distinctif aidant à l’identification.

    Image 3Corps:

    Les adultes ont une structure en V sur le thorax. Chaque segment de l’abdomen possède deux taches blanchâtres triangulaires (une de chaque côté) qui ne se rencontrent pas sur la ligne médiane. Les taches sont bordées de rouge. Le motif central est un triangle inversé brun foncé. Présence d’empobium (épine entre les griffes) et pas de pulvilles (appendice mou entre les griffes). Antennes comptant 14 articles. Longueur du corps d’au moins 38 mm, envergure des ailes de 80 mm et  longueur des pattes de près de 100 mm. Ils n’ont pas d’ocelles.

    Image 4Image 5

    Mâle:

    Palpes bruns à peine plus longs que la tête. Abdomen terminé par 2 cerques. Tête blanche avec une bande fauve sur chaque côté des yeux, qui sont de couleur bronze.

    Femelle:

    Abdomen de la femelle terminé en pointe.

    Écologie

    Les larves se trouvent dans le sol des berges marécageuses et l’imago dans les biotopes humides; ils peuvent être trouvés sur la végétation à proximité des zones humides où se trouvent les larves. Les adultes sont attirés par la lumière artificielle. Les larves se nourrissent de détritus et de racine en plus de petits insectes aquatiques. Le cycle biologique est d’une génération par année. Les adultes émergent de la mi-août à la mi-octobre et s’accouplent dès l’émergence. Les femelles pondent leurs œufs, qui sont particulièrement vulnérables à la sécheresse, dans les sols humides et les vases des zones d’eau douce. Les larves s’alimentent des résidus et racines des plantes, avant d’hiberner dans les 3 premiers cm du sol. Reprise de l’activité des larves au printemps, dès que le sol atteint 2 °C. C’est au printemps que les larves prennent 90 % de leur poids entre le mois d’avril et la mi-juin.  Les larves arrêtent de s’alimenter vers la mi-juin et passeront l’été en diapause jusqu’à la fin juillet. Ses prédateurs sont des oiseaux et des mammifères (raton-laveur et moufette entre autres) en plus de bactéries, champignons et nématodes.

    Fait intéressant, P. albivitta est l’une des plus grandes espèces de mouches dans le nord des États-Unis et au Canada, l’autre étant Tipula abdominalis.  On la retrouve aussi en Europe.

    RÉFÉRENCES

    Yeates D.K et al. (2007), Phylogeny and systematics of Diptera: Two decades of progress and prospects. Zootaxa 1668: 565-590.

    Stephen A. Marshall (2012), Flies The Natural History & Diversity of Diptera, Firefly books.

Collection Ouellet-Robert