Catégorie : Espèces d’insectes du Québec

  • Necrophila americana (Linné 1758)

    le silphe d’Amérique

    Par Samantha DÔ et Mylène DURANT (édité par Elise ST-PIERRE)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    silphe2Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification
    Ordre Coleoptera
    Sous-ordre Polyphaga
    Infra-ordre Staphyliniformia
    Superfamille Staphylinoidea
    Famille Silphidae
    Sous-Famille Silphinae
    Genre Necrophila
    Espèce Necrophila americana

    La famille des Silphidae a été décrite par l’entomologiste français Pierre André Latreille en 1806. Il serait initialement originaire d’Asie et aurait fait son apparition entre -70 et -150 millions d’années.

    Les silphidae sont utilisés dans les écosystèmes forestiers et agricoles car ils interviennent dans le cycle du carbone et de l’azote en se nourrissant de cadavre et transforment ainsi les matières mortes en matières humiques, ce sont donc des nécrophages qui décomposent les dépouilles.
    Nos recherches ont été motivées par le coléoptère diurne que nous avons capturé dans un piège attractif en forêt, attiré par l’odeur alléchante des crevettes en décomposition. Le Silphe d’Amérique (Necrophila americana, décrit par Linné sous le nom Silpha americana), était anciennement appelé Bouclier américain (Encyclopédie méthodique, Tome III – 1790). C’est un insecte commun en Amérique du Nord. Son aire de répartition est limitée à l’est par les Montagnes Rocheuses, au nord on le retrouve du sud du Québec jusqu’au Nouveau Brunswick tandis qu’au sud on le rencontre du Texas jusqu’à la Floride.

    En raison de son mode de vie, il est conseillé de le manipuler avec des petites pinces plutôt qu’avec les mains, ainsi que de tremper les spécimens dans l’alcool (au moins 70%) pour tuer les bactéries…

    silphe3Son identification a été rendue possible grâce à de nombreux critères tels que la couleur brune sombre, voir noire de ses élytres avec un apex jaune. Un corselet, jaune aussi, muni d’une grande tache noir irrégulière en son centre composent le motif caractéristique de l’espèce. L’écusson est triangulaire et la tête, noire. Il mesure 12 à 20 millimètres de long. Il est communément rencontré sur les charognes ou les champignons pourris. Les silphe4adultes se nourrissent de larves de diptères et d’autres coléoptères nécrophages, c’est pour cette raison qu’il est considéré comme un prédateur opportuniste.

    La carcasse est un lieu de nourrissage mais aussi de reproduction. Les larves noires qui en sont issues, ressemblent à des cloportes et se nourrissent comme les adultes. La nymphose a lieu dans une loge souterraine non loin de la charogne. Le Silphe d’Amérique hiverne à l’état adulte.
    Il se peut que le Silphe d’Amérique transporte souvent à son insu des acariens de la famille des Parasitidae (notamment du genre Poecilochirus), on parle alors de phorésie. À leur arrivée sur un cadavre, ces acariens abandonnent leur moyen de transport pour se nourrir et se reproduire, puis, eux ou la génération suivante, se raccrochent sur un transporteur pour être déplacés sur un nouveau cadavre à exploiter.
    De nombreux noms scientifiques ont été utilisés pour désigner le Silphe d’Amérique, et notamment : Necrophila affinis, Necrophila canadensis, Necrophila peltata, Necrophila terminate, Necrophilia americana, Silpha americana

    Les représentants de la sous-famille des Silphinae auquel appartient le silphe d’Amérique, pratiquent la digestion orale. La digestion orale est un mode de consommation pour le moins original qui consiste à injecter de la salive pour paralyser une proie. Les Silphinae ne possèdent pas de sécrétions anales et salivaires antibiotiques comme la sous famille des Nicrophorinae, ce qui ne leur permet pas de conserver les cadavres et donc de les enfouir dans la terre.
    Les principaux compétiteurs des silphes sont les diptères, tels que les mouches qui raffolent de la chair en décomposition. Le silphe n’est pas un animal difficile. Pour peu qu’il y ai un taux de mortalité suffisant autour de lui, on le rencontre dans tous les types d’habitats : en forêts, en prairies… il est aussi très prisés de nombreux prédateurs tels que les rapaces, renards …
    Les Silphes constituent par ailleurs un groupe souvent délaissé par les entomologistes, d’autant plus que des difficultés de détermination persistent chez certaines espèces (genre Nicrophorus notamment). La famille des Silphidae a pourtant été assez bien étudiée dans l’histoire, notamment dans les années 1920-1930 par Portevin qui était le spécialiste de ce groupe. Depuis, aucun nouvel ouvrage de synthèse n’a été réalisé. Les publications existantes sur ce groupe sont de ce fait excessivement rares, et seuls les récents travaux de Marc Debreuil (2003 à 2004, cinq articles apparus chez le bulletin Rutilans) sont venus apporter des connaissances renouvelées importantes sur cette famille, notamment en matière de répartition française.

    À l’heure actuelle, c’est dans le domaine de la recherche en criminologie que cette famille est la plus étudiée. Les silphes sont fréquemment utilisés dans ce domaine pour dater la mort des cadavres humains et aident ainsi à résoudre certains mystères. Bien que finalement très peu connu du grand public (vivant en tout cas…) il a récemment eut droit à son heure de gloire grâce à la série d’enquêtes policières « Les expert : Manhattan ». En Mars 2006 est diffusé pour la première fois au États-Unis l’épisode 17 de la saison 2, qui porte sobrement le nom de « Necrophila americana ». L’histoire raconte la découverte d’un cadavre de femme retrouvé dans un musée, à demi rongé par ces charmantes petites bêtes…

  • Machimus notatus (Wiedemann 1828)

    Par Andréanne  DALLAIRE et Mélody DUBÉ-DANJOU (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen à l’étude ici a été récolté à la station de biologie des Laurentides le 5 septembre 2013 lors d’une journée de terrain dans le cadre du cours d’entomologie BIO2440. Lors de sa capture, le spécimen était en train de se nourrir d’une autre mouche. Noter l’acarien parasitaire sur le tibia de la deuxième patte.

    La présence d’une seule paire d’ailes a permis de déterminer que ce spécimen
    appartient à l’ordre des diptères; en effet, chez ceux-ci, la seconde paire d’ailes est
    réduite en haltères (1).

    Ensuite, à l’aide d’un guide d’identification il a été possible d’affirmer qu’il fait
    partie de la famille Asilidae; grâce aux pièces buccales modifiées en appareil piqueur
    spécifique au mode d’alimentation de cette famille (2).

    Image 3Une consultation et  une comparaison avec des spécimens de la famille Asilidae de la collection  entomologique Ouellet-Robert de l’Université de Montréal (3) ont permis de déterminer l’espèce, grâce à la coloration spécifique des pattes: le fémur est  entièrement noir, alors que moins de la moitié du tibia est teinté d’une couleur rougeâtre ou jaunâtre (4). Il s’agit de l’espèce Machimus notatus, décrite par Wiedemann en 1828 (5).

     Classification (5)

    Ordre: Diptera
    Sous-ordre: Brachycera
    Infra-ordre: Muscomorpha
    Famille: Asilidae
    Sous-famille: Asilinae
    Tribu: Asilini
    Genre: Machimus
    Espèce: Machimus notatus (Widemann, 1828)

    Cet insecte possède un corps allongé et poilu, ainsi qu’une dépression entre les
    yeux composés. Cette dernière caractéristique constitue, avec la modification des
    pièces buccales, un caractère clé à l’identification de cette famille (6). On le retrouve
    dans divers habitats. Comme tous les Asilidae, il est prédateur d’autres insectes, dont
    certains sont parfois plus gros que lui-même. Chasseur opportuniste, il a une
    excellente vision qui lui permet d’apercevoir ses proies jusqu’à dix mètres de
    distance (7). Il se saisit de ses proies en vol grâce à ses pattes fortes munies de
    griffes (7). Par la suite, il procède à l’injection de sa salive, qui contient des
    enzymes digestives, dans l’insecte; ensuite il en suce le contenu prédigéré (8).  Son
    rostre (appareil piqueur) est suffisamment solide pour percer les carapaces de ses
    victimes (7). Les larves, aussi prédatrices, vivent dans la litière, souvent dans le bois en
    décomposition (1).

    RÉFÉRENCES

    1. Guide d’identification d’insectes du Québec
    2. Anonyme. 2009. Diptères Asilidés. Invertébrés continentaux des Pays de la Loire; Gretia.  (PDF)
    3. Université de Montréal, département de sciences biologique collection Ouellet-Robert
    4. Wisconsin butteflies, Machimus notatus
    5. ITIS Report, Machimus notatus
    6. Meyer, J.R. 2007. Asilidae — Robber Flies. North Carolina State University. General Entomology, ENT 425.
    7. Tomasovic, Guy. 1999. À propos des Asilidés. Insectes 112: 7-8. Insectes.org. (PDF)
    8. Finn, E.M. 2012. Robber Flies. University of Florida, featured creatures.
  • Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842)

    Par Véronique LAURIN-SAUVÉ et Roxanne YURIEVICH (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Répandue en Amérique du Nord (EOL, 2013), Sericomyia chrysotoxoides (Macquart 1842) (BugGuide.Net, 2013) est une espèce de diptère de la famille des syrphidés. Ceux-ci forment la plus grande famille de diptères, avec plus de 6.000 espèces. Ces mouches font preuve de mimétisme batésien, selon lequel une espèce inoffensive adopte les couleurs et formes d’une espèce toxique, en imitant les guêpes (hyménoptères) par leurs rayures et couleurs, mais aussi quant à leurs périodes d’activités. Ces diptères vont butiner beaucoup plus dans les périodes où les guêpes butinent aussi (Pilon, 2006). Dans la sous-famille Eristalinae comprenant S. chrysotoxoides, le mimétisme amène une ressemblance précise à certaines espèces d’hyménoptères, contrairement à la sous-famille des Syrphinae (Agriculture Canada, 1992).

    Image 3Les syrphidés possèdent un pli caractéristique dans le centre des deux ailes antérieures qui ressemble à une nervure supplémentaire par son ombrage. Comme tout diptère, il y a absence d’ailes postérieures, qui sont plutôt modifiées en haltères. La taille varie entre 10 et 12 mm, autant chez le mâle que la femelle (Turpeau, 2013). Leur cycle de vie se compose d’un stade d’œuf, trois stades larvaires, d’une pupation dans le puparium et finalement de l’adulte (Agriculture Canada, 1992).

    Souvent retrouvés sur les fleurs, les adultes syrphidés se nourrissent de leur nectar et pollen, avec une  préférence pour le pollen le matin et le nectar en milieu de journée. Le pollen est assimilé toute la journée (Gilbert, 1985). Ce faisant, ils sont de très bons pollinisateurs. Les larves (asticots) sont généralement retrouvées dans la végétation en décomposition sur le sol (BugGuide.Net, 2013). On observe trois types de régime alimentaire chez celles-ci : les phytophages (tiges, racines, bulbes), les microphages (microorganismes, surtout en milieux liquides) et les zoophages (insectes et autres organismes, principalement les pucerons) (Turpeau, 2013). Chez Sericomyia, les larves sont des microphages (Skevington, 2011).

    Les ailes des syrphidés peuvent battre 120 fois par minute, ce qui leur permet de faire du surplace et d’avoir assez de force pour effectuer des migrations pour l’hibernation, vers la fin de l’été ou le début de l’automne (Turpeau, 2013).

    Avec la montée de la lutte biologique en agriculture, les syrphidés présentent un intérêt particulier. En effet, les larves de certaines espèces de cet ordre de diptère se nourrissent de centaines de pucerons qu’on retrouve souvent dans les récoltes, ce qui en fait donc une alternative intéressante. Il suffirait d’attirer les adultes avec leur fleur favorite en bordure des champs infestés pour profiter de leur aide (Sarthou, 2013).

    Image 4 Image 5

     

     

     

     

     

    • Classification complète de Sericomyia chrysotoxoides (BugGuide.Net 2, 2013): 

    Ordre: Diptera

    Sous-ordre: Brachycera

    Infra-ordre: Muscomorpha

    Famille: Syrphidae

    Sous-famille: Eristalinae

    Tribu: Eristalini

    Sous-tribu: Sericomyiina

    Genre: Sericomyia

    Espèce: Sericomyia chrysotoxoides

    RÉFÉRENCES

    BugGuide.Net. 2003-2013 «Species Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    BugGuide.Net. 2003-2013. «Genus Sericomyia» . En ligne. Page consultée le 30 septembre 2013.

    Canada, Agriculture Canada, Centre for Land and Biological Resources Reseach. 1992. The insects and arachnids of Canada, part 18. The flower flies of the subfamily Syrphinae of Canada, Alaska, and Greenland. Diptera : Syrphidae, rédigé par J.R. Vockeroth. Ottawa (Ont.) : Agricullture Canada, 460 p.

    Encyclopedia of Life. «Sericomyia chrysotoxoides». En ligne. Page consultée le 12 octobre 2013.

    Gilbert, F.S. 1985. «Diurnal activity patterns in hoverflies (Diptera, Syrphidae)» Ecological Entomology, vol 10, p385-392.

    Pilon, Michel. 2006. Parcours entomologique. En ligne. Page consultée le 6 octobre 2013.

    Sarthou, Véronique. Agro-environnement SYRPHYS. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

    Skevington, J.H, Thompson, F.J. 2011. «Review of the New World Sericomyia (Diptera : Syrphidae), including description of a new species» Canadian Entomologist, vol 144, p216-247.

    Turpeau, E., Hullé, M., Chaubet, B. 2013. Encyclop’APHID. En ligne. Page consultée le 9 octobre 2013.

  • Diaperis maculata (Olivier 1791)

    le ténébrion maculé

    Par Sébastien MADORE et Matthieu TZAUD (édité par Paul MAYRAND)

    Sauf quand autrement indiqué, texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Diaperis maculata (Olivier 1791) est une espèce faisant partie de la famille des Tenebrionidae. Trois caractéristiques permettent de classer cet individu à l’intérieur de cette famille:

    1. Les yeux composés sont concaves, entaillés par la crête frontale.
    2. Les antennes sont caractéristiques de la famille sur plusieurs points. Elles partent de la crête frontale, juste en-dessous des yeux composés. Elles sont formées de onze articles lesquels s’élargissent de plus en plus vers l’extrémité.
    3. La formule du tarse est de 5-5-4. Ce qui signifie que les tarses de la première paire et de la deuxième paire de pattes contiennent cinq articles, alors que les tarses des pattes postérieures (troisième paire) en contiennent quatre.

    Image 3Une caractérisitque qui est toutefois typique du genre Diaperis est « la forme singulière des antennes composées d’anneaux lenticulaires enfilés par leur centre les uns à la suite des autres. » (Olivier, 1795). Une autre caractéristique est son pronotum noir de largeur similaire aux élytres.

    Image 4

    Ce qui permet l’identification de l’espèce est sans nul doute la couleur rouge-orangé des élytres ainsi que les taches noires retrouvées sur celles-ci. Fait intéressant, la grande majorité des individus possèdent deux taches distinctes sur la moitié antérieure (une par élytre). Toutefois, en ce qui concerne les taches de la moitié postérieure, elles vont différer. On remarque une certaine plasticité phénotypique sur le continent. En effet, certains individus possèdent des taches qui fusionnent avec la suture (interstice des deux élytres) qui est elle-même tachée de noire alors que d’autres, comme le spécimen photographié, n’ont pas cette fusion. On peut voir un gradient de ce caractère en Amérique, la fusion étant présente chez la totalité des individus au Mexique alors qu’au Québec et en Nouvelle-Angleterre, elle est bien moins présente. Les photos ne rendent pas justice, mais les deux premiers articles de l’antenne sont de couleur rouge, contrairement au reste de l’antenne. Sur la première photo, on observe des stries presque parallèles faisant la longueur de l’élytre. Ces stries sont composées de légères dépressions.

    On peut confondre le ténébrion maculé avec Diaperis boleti. Ce dernier possède des taches fusionnées et ondulées à la suture dans la portion antérieure des élytres et il ne vit qu’en Europe.

    Distribution

    On retrouve le ténébrion maculé fréquemment dans l’est du continent nord-américain (du Texas à l’Atlantique) ainsi que sur certaines îles des Antilles tel que Porto Rico.

    Image 5

    Classification

    Espèce: Diaperis maculata (Olivier 1791)

    Genre: Diaperis Geoffroy 1762

    Tribu : Diaperini

    Sous-Famille: Diaperinae

    Famille: Tenebrionidae Latreille 1802

    Ordre: Coleoptera

    Image 6
    Comparaison des taches de la partie postérieure des élytres. Image à droite ©2005 James C. Dunford (voir références)

    On le rencontre généralement en milieux forestiers, ceux-ci favorisant la croissance de champignons, ce dont l’adulte et la larve se nourrissent exclusivement. C’est une espèce relativement commune et abondante.

    Concernant le cycle de vie de cet insecte, il se déroule entièrement à l’intérieur de champignons et plus fréquemment sur ceux du genre Polyporus de type ligneux ou semi-ligneux. La larve est  composée de douze anneaux distincts et sa tête est sclérifiée, légèrement aplatie et munie d’antennes à deux ou trois articles.

    À l’automne, les populations situées plus au nord du continent américain vont hiberner en masse sous l’écorce des arbres jusqu’au retour de conditions plus favorables. Le stade larvaire est caractérisé par la présence de nombreux tunnels dans l’agaric que la larve infeste. Lors de la différenciation en nymphe, la larve va boucher une partie du tunnel afin de créer une chambre ovale fermée par une agglomération de particules l’entourant. Ce stade de la maturation se produit généralement dès le milieu de la saison estivale jusqu’à sa fin, soit de la fin juillet jusqu’au mois de septembre inclusivement.

    RÉFÉRENCES

    Articles:

    DUNFORD, J.C., M.C. THOMAS, et P.M. CHOATE Jr. 2005. The Darkling Beetles of Florida and Eastern United States, University of Florida.

    MINCH, E-L. 1952. Insects Inhabitants of Polyporus betulinus. Journal of the New York Entomological Society. Vol 60, no1. New York, p.31-35

    TRIPLEHORN, C-A. 1965. Revision of Diaperini of America North of Mexico With Notes on Extra Limital Species (Coleoptera: Tenebrionidae). Proceeding of the United States National Museum. Vol 117. Washington, p.349-368.

    DAGGY, T. (1946). Notes on the Ecology and Taxonomy of Certain Pupae of the Family Tenebrionidae (Coleoptera). Proceedings of the Indiana Academy of Science, vol. 56, p. 253-260

    Livres:

    OLIVIER, G-A. 1795. Entomologie, ou histoire naturelle des insectes. Lanneau. Tome 3, p.1

    De BUFFON, G-L L. Histoire naturelle, générale et particulière. P306-307

  • Pedicia albivitta (Walker 1848)

    la tipule à triangle

    Par Arthur GAGNON et Salomé GOTREAU (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification

    Règne: Animalia
    Division: Arthropoda
    Sous-division: Hexapoda
    Classe: Insecta
    Sous-classe: Pterygota
    Infra-classe: Neoptera
    Ordre: Diptera
    Sous-ordre: Nematocera
    Infra-ordre: Tipulomorpha
    Famille: Tipulidae
    Sous-famille: Limoniinae
    Tribu: Pediciini
    Genre: Pedicia
    Espèce: Pedicia albivitta  (aussi appelé albovitta et albivittata)

    Les limnoides était auparavant regroupés avec les tipules.

    Étymologie

    Tipulas vient du latin « tippula » qui veut dire « araignée d’eau ».

    Albivitta vient du latin « albus » (blanc) et « vitta » (une bande de couleur).

    Description générale

    • Larve

    D’une longueur de 2,8 à 4 cm de long et 4 à 5 mm de diamètre, la larve est d’un gris jaunâtre. Son corps cylindrique est légèrement fuselé aux extrémités et possède une segmentation relativement distincte. Les larves, contrairement à celles des tipulides, n’ont que 4 à 5 lobes bordant les stigmates de l’extrémité postérieure.

    • Adulte

    Aile:

    Une seule paire d’ailes membraneuses (diptère) marquée par des motifs noirs; l’autre paire étant  transformée en « haltères », qui servent de balanciers pour la stabilité du vol. Les 2 nervures annales rejoignant le bord de l’aile; les nervures transversales sont placées au-delà du centre de l’aile. Le ptérostigma (tache alaire) est rempli d’hémolymphe et joue un rôle dans la stabilité du vol de l’insecte. Il est situé au 2/3 de l’aile. Le prolongement de la bande noire atteignant la marge arrière est un signe distinctif aidant à l’identification.

    Image 3Corps:

    Les adultes ont une structure en V sur le thorax. Chaque segment de l’abdomen possède deux taches blanchâtres triangulaires (une de chaque côté) qui ne se rencontrent pas sur la ligne médiane. Les taches sont bordées de rouge. Le motif central est un triangle inversé brun foncé. Présence d’empobium (épine entre les griffes) et pas de pulvilles (appendice mou entre les griffes). Antennes comptant 14 articles. Longueur du corps d’au moins 38 mm, envergure des ailes de 80 mm et  longueur des pattes de près de 100 mm. Ils n’ont pas d’ocelles.

    Image 4Image 5

    Mâle:

    Palpes bruns à peine plus longs que la tête. Abdomen terminé par 2 cerques. Tête blanche avec une bande fauve sur chaque côté des yeux, qui sont de couleur bronze.

    Femelle:

    Abdomen de la femelle terminé en pointe.

    Écologie

    Les larves se trouvent dans le sol des berges marécageuses et l’imago dans les biotopes humides; ils peuvent être trouvés sur la végétation à proximité des zones humides où se trouvent les larves. Les adultes sont attirés par la lumière artificielle. Les larves se nourrissent de détritus et de racine en plus de petits insectes aquatiques. Le cycle biologique est d’une génération par année. Les adultes émergent de la mi-août à la mi-octobre et s’accouplent dès l’émergence. Les femelles pondent leurs œufs, qui sont particulièrement vulnérables à la sécheresse, dans les sols humides et les vases des zones d’eau douce. Les larves s’alimentent des résidus et racines des plantes, avant d’hiberner dans les 3 premiers cm du sol. Reprise de l’activité des larves au printemps, dès que le sol atteint 2 °C. C’est au printemps que les larves prennent 90 % de leur poids entre le mois d’avril et la mi-juin.  Les larves arrêtent de s’alimenter vers la mi-juin et passeront l’été en diapause jusqu’à la fin juillet. Ses prédateurs sont des oiseaux et des mammifères (raton-laveur et moufette entre autres) en plus de bactéries, champignons et nématodes.

    Fait intéressant, P. albivitta est l’une des plus grandes espèces de mouches dans le nord des États-Unis et au Canada, l’autre étant Tipula abdominalis.  On la retrouve aussi en Europe.

    RÉFÉRENCES

    Yeates D.K et al. (2007), Phylogeny and systematics of Diptera: Two decades of progress and prospects. Zootaxa 1668: 565-590.

    Stephen A. Marshall (2012), Flies The Natural History & Diversity of Diptera, Firefly books.

  • Aeshna constricta Say 1839

    l’æschne constrictor

    Par Krystal HASEL et Lynn MEGARBANÉ (édité par Elise ST-PIERRE)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Odonate1Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification
    Règne Animalia
    Embranchement Arthropoda
    Classe Insecta
    Sous-classe Pterygota
    Division Palaeoptera
    Ordre Odonata
    Sous-ordre Anisoptera
    Famille Aeshnidae
    Genre Aeshna
    Espèce Aeshna constricta

    Les Odonates, terme dérivé du nom scientifique Odonata crée par Fabricius en 1793, signifie en grec « mandibules munies de dents » et désigne l’ordre des Libellules qui représente pour les naturalistes, un important groupe d’insectes à découvrir.  Ils sont souvent étudiés dans leur milieu naturel durant le jour ou au crépuscule et sont faciles à observer en raison de leur grande taille et leur corps très colorés et protubérants. Au Québec, on retrouve deux sous-ordres des Odonata, soit les Zygoptera et les Anisoptera qui signifient respectivement « joindre des ailes » et « ailes inégales » (Pilon et Lagacé, 1998). Parmi les Anisoptera, on retrouve la famille des Aeshnidae, le genre Aeshna et l’espèce qu’on étudie Aeshna constricta Say, 1839.

     Biologie générale

    L’abondance des odonates sur les divers territoires varie en fonction de leur comportement, leur biologie ainsi que leur saison de vol (Perron et al.). Groupe d’insectes prédateurs autant au stade larvaire qu’adultes, ils représentent un élément important de la chaine alimentaire. Ils sont carnivores et attrapent leurs proies au-dessus des étangs, des lacs et de ruisseaux  (Wisconsin Aquatic and Terrestrial Resources Inventory). Aeshna constricta est un des grands prédateurs aquatiques avec les espèces Anax junius et Aeshna interrupta (Schultz, 2009). Dû à leur diversité et leur nombre dans certaines régions, ils accomplissent leur cycle vital dans les régions humides semi-inondées et sont indicateurs de l’excellence de la qualité biologique du milieu. Les odonates à l’état larvaire durent plus longtemps que l’état adulte et leur métamorphose se fait en une saison, mais des fois prennent plusieurs années, dépendamment de l’espèce et de la température des eaux. Les deux espèces Aeshna constricta et Aeshna interrupta passent deux ou plusieurs hivers au stade larvaire et nécessitent donc des habitats dans des marécages profonds et régulièrement inondés (Schultz, 2009). Plus particulièrement, les recherches effectuées au Québec par Pilon et Lagacé (1998) ont démontré une saison de vols spécifique pour les diverses espèces odonates, d’où la probabilité de les capturer à diverses périodes.  En général, la saison s’étend de la mi-mai à la mi-novembre, mais contrairement à la généralité, Aeshna constricta est une des espèces qui présente une activité de vol plus longue à l’automne qui s’étend du mois d’août jusqu’au début du mois d’octobre (Perron et Ruel, 2002)(Voir tableau II). Enfin une des particularités physiologiques des femelles de l’espèce Aeshna constricta est qu’elles possèdent un ovipositeur aidant à pondre leurs œufs sur des plantes aquatiques (Cannings, 2002).

    La distribution de l’espèce

    Odonate 2L’hémisphère nord de la Terre se divise en une région arctique et une région subarctique qui se subdivise en une zone paléarctique et une zone néarctique. Cette dernière appartient à la région arctique qu’on nomme « Le Nouveau-Monde » soit l’Amérique du Nord où l’on retrouve une petite diversité d’Odonate. En effet, parmi les espèces habitant cette zone tempérée froide (holarctique) l’espèce Aeshna constricta a été retrouvée au Canada (Québec, Île-du-Prince-Édouard) et aux États-Unis (Utah, Illinois, Connecticut, New Hampshire) (Figure 1). Cette espèce fréquente plusieurs biotopes, mais surtout des étangs (Pilon et Lagacé, 1998) et des marais (Hilton, 1987). Une étude approfondie sur l’odonatofaune du parc national de la Yamaska a été réalisée entre 2002 et 2004, du printemps jusqu’à l’automne, afin de répertorier la grande diversité des odonates dans un espace aussi restreint dépendamment de leur saison de vol. Suite aux résultats, Aeshna constricta a été retrouvée dans le réservoir Choinière de la rivière Yamaska Nord, dans l’étang à castor présentant une surface d’eau suffisamment dégagée et dans les marais au nord du réservoir dans les milieux forestiers mixtes (Perron et al.). L’espèce a également été retrouvée dans quelques secteurs du sud du Québec, soit dans la région du Mont Pinacle (Legault, 1975 et 1977) et dans le secteur de Granby au Lac Boivin (Legault, 1979) ; mais leur diversité reste tout de même inférieure à celle présente au parc national de la Yamaska. Les recherches effectuées par l’entomologiste Raymond Hutchison entre les mois de juillet à septembre ont également signalé la présence de plusieurs espèces d’Aeshna à l’état adulte près des rives de l’Outaouais (Hutchison, 2011).

    la morphologie

    Odonate 3L’espèce Aeshna constricta a une taille qui varie en moyenne entre 2,7 et 2,8 pouces  (Wisconsin Aquatic and Terrestrial Resources Inventory). Elle possède en général un thorax brun ou noir avec des tâches brunes, vertes ou jaunes et des segments abdominaux avec une seule carène de chaque côté.  Le prothorax est muni de deux bandes latérales dont la première est large et non recourbée deux fois, alors que la bande postérieure présente une projection vers le bas dans la partie supérieur (Pilon et Lagacé, 1998). Souvent, on les différencie de l’espèce Aeshna canadensis par l’absence d’une tache jaune arrondie et bien délimitée entre les deux bandes latérales. Les taches abdominales chez les mâles sont typiquement bleues alors que chez les femelles les taches peuvent être bleues, vertes, ou jaunes. Contrairement aux mâles, les femelles ont le 9e segment de l’abdomen plus large que le 8e  (Wisconsin Aquatic and Terrestrial Resources Inventory). De plus la tête, de couleur verte pâle, est globuleuse et possède des yeux composés contigus. Le front porte distinctivement une marque en forme de T, autrement nommé le «T-spot» (Cannings, 2002). La bande frontoclypéale (suture en dessous du front) est mince et brunâtre ou de même couleur que le front et que le clypeus.

    Odonate 4Aeshna constricta possède deux paires d’ailes de longueur supérieure à 40 mm qui sont rattachées au mésothorax et au métathorax dont chacune possède un stigmate. Une des façons de les distinguer des espèces de Zygoptera est d’analyser la forme des ailes antérieures et postérieures qui sont de forme nettement différente chez les Anisoptera (antérieur supérieur à postérieur) (Pilon et Lagacé, 1998).

     

    RÉFÉRENCES

    Aeshna constricta. Encyclopedia of Life. [En ligne]. http://eol.org/pages/132067/overview (consulté le 29 octobre 2013)

    Cannings, R. Electronic Atlas of the plants of British Columbia. Electronic Atlas of The Wildlife of British Columbia. [En ligne]. http://www.linnet.geog.ubc.ca/efauna/Atlas/Atlas.aspx?sciname=Aeshna%20constricta (consulté le 26 octobre, 2013)

    Hilton, D.F.J. 1987. Aquatic insects of peatlands and marshes in Canada. Memoirs of the Entomological Society of Canada 140: 57-63.

    Hutchinson, R.  2001. Les libellules (Odonata) des grandes rivières du sud du Québec, Biodiversity,2:2, 9-16, [En ligne]. http://dx.doi.org/10.1080/14888386.2001.9712542 (consulté le 27 octobre 2013)

    Legault, J. 1975. Les Odonates de la région du mont Pinacle, sud du Québec. Cordulia, 1 : 121-123

    Legault, J. 1977. Liste de contrôle préliminaire des Odonates de la région du mont Pinacle, sud du Québec. Cordulia, 3 : 76-78

    Legault, J. 1979. Liste préliminaire des Odonates du lac Boivin, Granby (Shefford), Québec. Fabreries, 6 : 73

    Pilon, J.-G. et D. Lagacé, 1998. Les Odonates du Québec. Entomofaune du Québec (EQ) inc., Chicoutimi, Québec. 367p

    Perron, J.M, Jobin, L.-J. et Mochon, A. 2005. Odonatofaune du parc national de la Yamaska, division de recensement de Shefford, Québec. Le Naturaliste canadien, 129 (2) : 17-25 [En ligne]. http://www.provancher.qc.ca/upload/file/129_2%20p%2017-25.pdf (consulté le 25 octobre 2013)

    Perron, J.M et Y.Ruel. 2002. Saison de vol des Odonates du territoire du marais Léon-Provancher, Neuville, division de recensement de Portneuf (Québec). Le Naturaliste canadien, 126 (2) : 13-17 [En ligne]. http://www.provancher.qc.ca/upload/file/126_2%20p%2013-17.pdf (consulté le 26 octobre 2013)

    Schultz, T.D. 2009 Diversity and Habitats of a Prairie Assemblage of Odonata at Lostwood National Wildlife Refuge, North Dakota. Journal of the Kansas Entomological Society 82(1):91-102. 2009 [En ligne]. http://dx.doi.org/10.2317/JKES803.24.1 (consulté le 25 octobre 2013)

    U.S. States and Canadian Provinces – Aeshna constricta.  Encyclopedia of Life. [En ligne]. <http://eol.org/data_objects/14877572>. (consulté le 27 octobre 2013)

    Wisconsin Odonata Survey: Aeshna constricta. Wisconsin Aquatic and Terrestrial Resources Inventory. [En ligne]. http://wiatri.net/inventory/odonata/SpeciesAccounts/SpeciesDetail.cfm?TaxaID=3 (consulté le 24 octobre 2013)

  • Dissosteira carolina (Linnaeus 1758)

    l’œdipode à ailes noires

    Par Kim AUBUT DEMERS, Stéphanie MIGNAULT GOULET et Catherine SIROIS-DELISLE
    (édité par Elise ST-PIERRE)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs


    Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification
    Règne Animalia
    Embranchement Arthropoda
    Classe Insecta
    Ordre Orthoptera
    Sous-ordre Caelifera
    Famille Acrididae
    Sous-famille Oedipodinae
    Tribu Trimerotropini
    Genre Dissosteira
    Espèce Dissosteira carolina

    Morphologie et distribution

    Dissosteira carolina est un criquet mesurant entre 32 et 58 millimètres. Les femelles ont un poids presque trois fois plus grand que celui des mâles (1467 mg pour 570 mg). Cet insecte arbore des couleurs jaunâtre à brunâtre, tirant parfois sur le gris. Ses ailes postérieures sont foncées (de marrons à noires) et entourées d’une bordure jaune sur la marge postérieure. Les tibias sont jaunes. Les mâles ont une stridulation. Lorsqu’elle est en vole, D. carolina devient très visible.

    Ce criquet est bien installé en Amérique du Nord et on le rencontre très souvent aux États-Unis. Il vit proche des chemins de terre et des routes encombrés de poussière. Il est très répandu aussi dans les prairies à herbes hautes et dans les champs où il se nourrit.

    Les trois paires de pattes, comme vue sur la figure 1, sont jointes au niveau du thorax. Les pattes postérieures, avec leurs formes en «Z», sont puissantes et démontrent une capacité et une adaptation aux sauts importants de cette espèce. Elles peuvent être utilisées lors de la stridulation de l’insecte, principalement par frottement.

    Dissosteira2Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Les ommatidies, cônes de forment allongées, sont une caractéristique des arthropodes. Chacune d’elle représente une unité sensorielle indépendante. Ce sont des récepteurs sensibles à la lumière, qui constituent l’œil composé.

    Dissosteira3Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Le pronotum, structure protectrice qui couvre le prothorax, est particulièrement allongé chez les orthoptères. Ceci procure une protection supplémentaire de cette région par rapport aux autres espèces.

    La présence d’ailes sur cet individu démontre qu’il s’agit d’un adulte. Les ailes postérieures, larges et membraneuses, assurent le vol via leurs formes triangulaires. On peut voir que chez cette espèce, elles sont vivement colorées (figure 1). Les ailes antérieures sont plutôt étroites et ont donc un rôle de protection. Elles peuvent aussi équilibrer l’insecte lors du vol.

    Les 11 segments des métamères de l’abdomen permettent la distension et l’allongement de l’abdomen, ainsi que les mouvements respiratoires. Le lien entre chaque métamère est composé de membranes très extensibles, ce qui permet cette flexion.

    Comportement

    Lors du vol pour le déplacement, les adultes peuvent voyager de 2 à 36 pieds avec 1 à 2 pieds de hauteur. Ils peuvent toutefois se rendre encore plus loin à l’aide du vent. Lorsque D. carolina est en vol, l’insecte ressemble à un papillon à cause de ses mouvements dans l’air. Ceci est une stratégie de camouflage pour décourager les oiseaux prédateurs. Ceux-ci, ainsi que les araignées, sont les prédateurs principaux de l’insecte. Lorsque la saison est particulièrement chaude et humide, le facteur limitant de D. carolina peut devenir le champignon Entomophaga grylli. Quand il infecte l’insecte, ce dernier fait en sorte que l’insecte demeure accroché sur une surface élevée pour la répartition des spores par le vent ou la pluie. La tête devient blanche et rigide. Les conidiospores du champignon font des crêtes sur l’abdomen de l’insecte.

    Dissosteira carolina se nourrit d’une grande variété de graminées et d’autres herbacées. Dû à sa grande distribution géographique, cet insecte est polyphage. Ce criquet peut grimper une plante pour manger ses feuilles directement, ou il peut rester au sol et manger de la matière végétale qu’il trouve par terre.

    La reproduction débute par le comportement pré-copulatoire. Les mâles de l’espèce, lors d’une journée chaude, s’élèvent de 3 à 6 pieds de hauteur, et peuvent rester dans les airs de 8 à 15 secondes. En plein vol, le mâle va ainsi frotter ses pattes métathoraciques et ses ailes pour striduler. La femelle, attirée par ceci, rejoint le mâle qui la monte pour copuler. Le couple peut adopter cette position pendant 16 heures. Plus de 40 œufs de 4.8 à 5.8 mm de longs seront pondus par l’oviscapte de la femelle, sur un sol nu, à une profondeur d’environ 3,5 cm. Ensuite, avec son tarse postérieur, elle recouvre le trou avec de la matière du sol. Le développement de la progéniture se fait au printemps, puisque la ponte de l’insecte se produit tard dans l’été.

    Au levé du soleil, les adultes s’exposent aux rayons pendant environ 2 heures. Ensuite, les femelles vont plutôt se nourrir et se reposer alors que les mâles sont beaucoup plus actifs. Ceci permet aux mâles de rencontrer les femelles pour s’accoupler. Lors de journées très chaudes, l’adulte peut se percher sur de la végétation pour sa thermorégulation. Il reste au frais en ayant la tête directement vers le soleil pour que le corps soit légèrement ombragé. Pendant environ 2 heures, les adultes vont de nouveau s’exposer au soleil à la fin de la journée, avant de trouver refuge parmi la végétation.

    Importance économique

    L’importance économique de Dissosteira carolina est mineure. Cette espèce se nourrit surtout de mauvaises herbes, mais il lui arrive parfois de ravager des champs et de détruire des récoltes. Ce gros criquet s’attaque entre autres aux plantations d’alfafa, de tabac, de légumineuses, de mais, de coton et de patates. Il n’y a cependant eu aucune étude spécifique réalisée sur l’importance économique de cet insecte. Dans les dommages recensés causés par cette espèce on retrouve des ravages dans des récoltes en Saskatchewan, des plants de tabac endommagés en Ontario et une destruction de plantations de légumineuses en Arizona. Pour éviter d’utiliser des insecticides dans les cas où les dommages causés par ce criquet sont importants, des scientifiques développent des champignons qui s’attaquent au criquet afin de contrôler les populations.

     

    RÉFÉRENCES

    Sites Internet

    Boone, M. (2005). Species Dissosteira carolina – Carolina Grasshopper. [En ligne]. Consulté le 23 oct. 2013. http://bugguide.net/node/view/14827

    Johnson, D. L. (2012). More about the Carolina Grasshopper. [en ligne]. Consulté le 23 oct. 2013. http://people.uleth.ca/~dan.johnson/dcar.htm

    Pfadt, R.E. (1996). Carolina Grasshopper. [En ligne]. Consulté le 23 oct. 2013. http://keys.lucidcentral.org/keys/grasshopper/nonkey/html/FactSheets/carolina.htm

    Littérature

    Cantrall, I.J. 1943. The ecology of the Orthoptera and Dermaptera of the George Reserve, Michigan. Misc. Publ. Mus. Zool. Univ. Michigan, No. 54.

    Entz, S.C., Johnson, D.L., and Kawchuk, L.M. 2005. Development of a PCR-based diagnostic assay for the specific detection of the fungus Metarhizium anisopliae var. acridum in grasshoppers. Mycological Research 109: 1302-1312.

    Johnson, D.L., Smits, J.S., Jaronski, S.T., and Weaver, D.K. 2002. Assessment of health and growth of ring-necked pheasants following consumption of infected insects or conidia of entomopathogenic fungi, Metarhizium anisopliae var acridum and Beauveria bassiana, from Madagascar and North America. Journal of Toxicology and Environmental Health 65: 2145-2162.

    Kerr, G.E. 1974. Visual and acoustical communicative behaviour in Dissosteira carolina (Orthoptera: Acrididae). Can. Entomol. 106: 263-272.

    Kerr, G.E. 1978. Uncertainty analyses of the behaviour of the Carolina locust, Dissosteira carolina (Orthoptera: Acrididae). Can. J. Zool. 56: 201-214.

    Lomer, C.J., Bateman, R.P., Johnson, D.L., Langewald, J., and Thomas, M.B. 2001. Biological control of locusts and grasshoppers. Annual Review of Entomology 46: 667-702.

    Otte, D. 1970. A comparative study of communicative behavior in grasshoppers. Misc. Publ. Mus. Zool. Univ. Michigan, No. 141.

    Riegert, P.W. 1968. A history of grasshopper abundance surveys and forecasts of outbreaks in Saskatchewan. Memoirs Entomol. Soc. Can. No. 52.

    Smits, J.E., Johnson, D.L., and Lomer, C. 1999. Pathological and physiological responses of ring-necked pheasant chicks following dietary exposure to the fungus Metarhizium flavoviride, a biocontrol agent for grasshoppers in Africa. Journal of Wildlife Diseases 35: 194-203.

    Scoggan, A.C. and M.A. Brusven. 1972. Differentiation and ecology of common immature Gomphocerinae and Oedipodinae (Orthoptera: Acrididae) of Idaho and adjacent areas. Melanderia Vol. 8.

    Somes, M.P. 1914. The Acrididae of Minnesota. Minnesota Agr. Exp. Stn. Bull. 141.

  • Graphocephala teliformis (Walker 1851)

    La cicadelle multicolore

    Par Marie-Ève BEAUDET et Maryse LE LAN (édité par Elise ST-PIERRE)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Grapho1

    Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Sous-famille: Cicadellinae
    Famille: Cicadellidae
    Ordre: Hemiptera

    Graphocephala teliformis fait partie des 2.500 espèces de Cicadellidae présentes sur le continent américain. L’espèce fait partie du complexe d’espèces de G. coccinea qui a été traitée par Hamilton (1985). La famille des cicadelles est largement représentée partout dans le monde, et a conquit une foule d’habitats passant par les plus xériques aux plus tropicaux. On peut distinguer cette espèce par des lignes rouges ou oranges et bleues ou vertes sur les ailes et les pattes, abdomen et tête jaunes vifs. Une rangé d’épines spécifiques présentes sur les tibias des individus permet aussi l’identification au niveau de la famille. Toutefois, les données moléculaires sont celles ayant permis l’établissement de la phylogénie actuelle de la famille. Le genre Graphocephala comprend près de 17 espèces en Amérique du nord et certaines sont difficiles à identifier de par leurs similarités. Ce sont des insectes habituellement herbivores pouvant causer de grands ravages. Ils sont généralement associés de façon très spécifique à une espèce végétale.

    Grapho2 Ces cicadelles sont de petits insectes atteignant, une fois mature, quelques millimètres seulement. Malgré leur petite taille, elles sont tout de même la proie de plusieurs prédateurs tels les oiseaux et araignées.  Les femelles pondent directement les œufs sur la feuille et la tige, sur les jeunes pousses printanières ou les déposent dans les tissus de la plantes. C’est au printemps qu’a lieu la période d’accouplement.  La métamorphose est de type incomplet et est caractérisée par 5 stades de nymphes. Celles-ci possèdent des bourgeons ailères qui se transforment en aile une fois le stade adulte atteint, en 12 à 30 jours. Grâce à leurs pièces buccales suceuses-perceuses, elle s’alimente du xylème et phloème des plantes à sève, causant par le fait même beaucoup de dommages aux feuilles. Aussi, en se déplaçant de plante en plante pour s’alimenter elles sont de bons vecteurs de transmission de maladies entre les plantes. G. teliformis peut vocaliser en faisant vibrer des membranes internes à la base de l’abdomen toutefois, ces sons sont imperceptibles pour l’oreille humaine. La cicadelle à bandes rouges est la championne du règne animal en saut en longueur. En effet, la longueur de son saut peut atteindre jusqu’à 40 fois la longueur de son propre corps!

     

    RÉFÉRENCES

    Balthazor, A.A. 2011. Red-banded Leafhopper (Graphocephala coccinea). Ninescah Field Station, Wichita State University.

    Bug Lady, The. Bug 0f the Week: Candy-striped Leafhopper (Family Cicadellidae). University of Wisconsin, Milwaukee. 

    Eaton,E.R. & K. Kaufman. 2006. Kaufman Field Guide to Insects of North America, 2006, Hillstars editions, Arizona, 393pp.

    Hamilton, K.G.A. 1985. The Graphocephala coccinea complex in North America (Homoptera, Auchenorrhyncha, Cicadellidae). Entomologische Abhandlungen, Staatliches Museum für Tierkunde Dresden 49(6): 105-111.

    Zahniser, J.N., Dietrich, C.H., 2010. Phylogeny of the leafhopper subfamily Deltocephalinae (Hemiptera: Cicadellidae) based on molecular and morphological data with a revised family-group classification. Systematic Entomology 35, 489–511. doi:10.1111/j.1365-3113.2010.00522.x

  • Anoplius marginatus (Say 1824)

    guêpe solitaire chasseuse d’araignée

    Par Oscar BAUER et Sylvère HEUZÉ  (édité par Colin FAVRET)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013 alors qu’il butinait des fleurs de Solidago canadensis.
    Le spécimen a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013 alors qu’il butinait des fleurs de Solidago canadensis.

    Cycle de vie

    L’adulte vit de la fin du printemps au début de l’automne, le temps pour lui de se reproduire. Après avoir été fécondée, la femelle du pompile paralyse une araignée qu’elle enfouit dans le sol après avoir pondu un oeuf sur l’abdomen de sa proie, et elle fait ainsi pour chacun de ses oeufs séparément. Ses larves se développeront en se nourrissant de l’arachnide paralysée jusqu’à leur métamorphose nymphale. En effet, au bout de cinq stades larvaires dont quatre sans changements importants de morphologie, la larve va s’enrouler dans un cocon soyeux, dont elle sortira plus tard le même été ou dans lequel elle passera l’hiver, selon le moment de l’année.

    Répartition et statut

    Le pompile Anoplius marginatus est localisé dans l’Est du continent Nord-Américain. Il a été recensé dans divers états des Etats-Unis, tel qu’en Floride, dans l’Illinois, le Michigan, le Massachusetts et le New Jersey. On le trouve aussi au Canada dans la province de Québec et certainement dans les autres provinces de l’Est (voir EOL).

    À ce jour, l’espèce ne dispose pas d’un statut menacé ou de mesure de protection particulière.

    Prédation des arachnides (alimentation de la larve)

    • Proies d’Anoplius marginatus

    Les différents pompiles sont plus ou moins spécifiques en termes de proies, mais Anoplius marginatus exploite un large panel d’hôtes pour ses larves parmi au moins dix familles d’araignées : Gnaphosidae, Clubionidae, Thomisidae, Salticidae, Agelenidae, Lycosidae, Araneidae, Anyphaenidae, Amaurobiidae, Dysderidae, ainsi que des Opiliones1.

    Les proies ne sont pas pourtant choisies au hasard, on note une nette préférence pour des araignées femelles (83 % des proies lors d’une étude¹), et plus petites que le pompile chez Anoplius marginatus. Comme c’est fréquemment le cas chez les petites espèces de pompiles, les hôtes choisis sont souvent des individus immatures1.

    • Capture

    Dans ses Souvenirs Entomologiques (série 2), Jean-Henri Fabre décrit le paradoxe qui existe pour les pompiles : être prédateurs des araignées, sans pour autant devenir leur proie! En effet, leur gibier, tout aussi bien équipé pour tuer, est certainement capable d’intervertir les rôles. Pourtant l’araignée est quasiment toujours la victime, et pour cette raison l’entomologiste a patiemment observé le comportement d’une espèce indigène, Pompilus apicalis, afin de comprendre le stratagème des pompiles pour capturer les araignées, notamment celles qui vivent protégées dans un abri ou au milieu de leurs toiles. Pour les araignées coureuses ou sauteuses, on sait que les pompiles se contentent de repérer leur proie et de la prendre de vitesse avant de la piquer. Mais dans les cas où l’araignée doit être débusquée d’une cavité ou d’un tunnel, J.H. Fabre a remarqué que le pompile tentait d’attirer l’araignée suffisamment proche de la sortie pour l’attraper et la jeter hors de son abri, bien que ces tentatives ne soit pas toujours couronnées de succès. Une fois délogée, l’araignée est vulnérable et ne présente plus de risque pour le pompile, qui s’empresse alors de la piquer.

    On peut penser qu’Anoplius marginatus, qui chasse les deux types d’araignées (embusquées ou non), recoure à tous ces moyens pour capturer ses proies.

    Dessin de la vue dorsale d'une femelle.
    Dessin de la vue dorsale d’une femelle.
    • Venin

    La piqûre induit une paralysie non-létale, à laquelle contribue sûrement la pompilidotoxine, neurotoxine qui ralenti l’inactivation des canaux sodium voltage dépendants, découverte chez Anoplius samariensis, un taxon proche vivant en région pale-arctique3.

    Mais là n’est pas la seule fonction du venin des pompiles. Comme la larve se nourrit sur son hôte, celui-ci doit garder ses organes vitaux (cœur, système nerveux central) en bon état, de telle sorte que l’araignée ne se décompose pas avant que la larve ne se soit pleinement développée. J.H. Fabre note ainsi l’excellente conservation d’un spécimen de lycose piqué par le pompile Calicurgus annulatus :

    L’aranéide a été piquée dans la région du thorax, une seule fois sans doute, vu la concentration de son appareil nerveux. Je mets la victime dans une boîte, où elle se conserve avec toute la fraîcheur, toute la flexibilité de la vie, depuis le 2 août jusqu’au 2 septembre, c’est-à-dire pendant sept semaines.” (Souvenirs Entomologiques, série 2)

    En effet, les pompiles du genre Anoplius possèdent pour la plupart de l’anopline dans leur venin, un antibiotique actif contre les bactéries gram-positives et gram-négatives, qui protège la larve de potentielles infections durant la consommation de l’hôte4.

    • Transport de la proie et ponte

    L’araignée paralysée peut se voir amputée de certains de ses membres pour faciliter son déplacement vers le terrier du pompile, qu’il aura aménagé à proximité au préalable². Chez Anoplius marginatus, il s’agit généralement d’un trou ou d’une crevasse verticale dans laquelle, à plus de 5 cm de profondeur, il creuse une cellule au bout d’un court tunnel horizontal (voir dessin). Celui-ci est refermé de façon rudimentaire avec du gravier une fois que l’araignée et l’œuf y sont déposés. Par ailleurs, on a déjà observé deux femelles d’Anoplius marginatus partager un même trou pour leurs proies, dans 2 cellules différentes2.

    Butinage des fleurs (alimentation de l’adulte)

    L’adulte, s’il nourrit ces larves d’araignées, est néanmoins nectarivore. Il butine un large éventail de végétaux et notamment des Apiaceae, des Asteraceae et des Lamiaceae, d’aprés une étude menée dans l’Illinois5.

    Morphologie de l’adulte

    • Aspect général

    Le corps noir aux téguments lisses, marqué d’orange sur le 3ème tergite abdominal, mesure environ 12 mm. Les ailes hyalines ont une envergure de 20 mm.

    • Tête

    Les pièces buccales de type broyeur du pompile sont orientées vers sa face ventrale, on dit qu’il est orthognathe. Pour la vision, il dispose comme la plupart des insectes de 2 yeux composés et de 3 ocelles. Ses antennes sont longues de 13 articles chez le mâle, et de 12 chez la femelle. On remarque qu’ils s’enroulent en crosse après la mort de l’insecte. Le premier article de l’antenne, le scape, est court et peu renflé. Le cou qui sépare la tête du thorax est très fin et très mobile.

    • Mesosoma (fusion du thorax et du 1er segment abdominal, le propodeum)
    Dessin de la vue latérale d'une femelle.
    Dessin de la vue latérale d’une femelle.

    Comme chez tous les pompiles, le pronotum atteint en arrière la base des ailes. Le métathorax est très court, soudé au premier segment abdominal pour former le segment médiaire. Le propodeum est court, plus large que long et entièrement glabre.

    • Metasoma ou gastre (autres segments abdominaux)

    Contrairement à celui de certains hyménoptères, l’abdomen d’Anoplius marginatus n’est pas pétiolé au niveau du 3ème segment abdominal. Il dispose toutefois d’un net étranglement à sa base, comme chez tous les Apocrites. La brosse de soies terminales tergales à l’extrémité du gastre est caractéristique du genre Anoplius. Enfin, à l’instar de tous les Aculéates, l’ovipositeur est modifié chez la femelle pour servir d’aiguillon, utilisé dans le cas d’Anoplius marginatus autant pour la défense que la prédation.

    • Ailes

    Les ailes.

    En tant qu’hyménoptère, Anoplius marginatus peut coupler ses ailes antérieures et postérieures en vol grâce à un système de crochets sur la nervure antérieure (marge costale) des ailes postérieures. Comme chez tous les membres des Aculéates, un lobe jugal est visible sur les ailes postérieures.

    • Pattes

    Quelques pattes.

    Les pattes sont longues et grêles. Comme apomorphie des Pompilinae, Anoplius marginatus possède une rangée de petites épines d’inégales longueurs sur les tibias postérieurs, celles des extrémités étant nettement plus longues. Les basitarses de la femelle sont dotés de 3 épines en forme de peigne, tandis que ceux en arrière du mâle sont hérissés tout le long de poils courts.

    RÉFÉRENCES

    Nouveaux souvenirs entomologiques. Jean-Henri Fabre. Paris: 1882,

    1 Host Records for Some North American Pompilidae (Hymenoptera) First Supplement. Kurczewski Frank E., Kurczewski Edmund J. Journal of the Kansas Entomological Society, 1968, Vol.41(3), pp.367-382.

    2 New Prey Records for Species of Nearctic Pompilidae (Hymenoptera). Kurczewski Frank E., Kurczewski Edmund J., Norton Roy A. Journal of the Kansas Entomological Society, 1987, Vol.60(3), pp.467-475.

    3 Voltage-gated sodium channel isoform-specific effects of pompilidotoxins. Schiavon E, Stevens M, Zaharenko AJ, Konno K, Tytgat J, Wanke E. Source : Dipartimento di Biotecnologie e Bioscienze, Università di Milano-Bicocca, Milan, Italy. FEBS J. 2010 Feb;277(4):918-30. doi: 10.1111/j.1742-4658.2009.07533.x. Epub 2010 Jan 6.

    4 Anoplin, a novel antimicrobial peptide from the venom of the solitary wasp Anoplius samariensis. Konno K, Hisada M, Fontana R, Lorenzi CC, Naoki H, Itagaki Y, Miwa A, Kawai N, Nakata Y, Yasuhara T, Ruggiero Neto J, de Azevedo WF Jr, Palma MS, Nakajima T. Biochim Biophys Acta. 2001 Nov 26;1550(1):70-80.

    5 Flowering plants visited by Anoplius marginatus in illinois. Observations from Robertson, Graenicher, and Reed.

Collection Ouellet-Robert