Tag: Libellulidae

  • Anax junius (Drury 1773)

    Par Delphine EYMIEU et Lucille JOYEUX

    Texte et figures (sauf si indiqué) CC BY-SA 2018, par les auteures.

    Anax junius (Drury, 1773) l’anax précoce

    L’espèce Anax junius a été décrite pour la première fois en 1773 par Drury. Notre spécimen (Figure 1) a été attrapé le 06 septembre 2018 à l’aide d’un filet fauchoir sur le Chemin du Lac Croche menant à la station de biologie des Laurentides (Figure 2) aux coordonnées suivantes: Latitude 45.9842 | Longitude  -74.009

    Figure 1 : Vue dorsale de Anax junius (Photo prise par Lucille Joyeux)

    Figure 2 : Chemin du Lac Croche (Photo prise par Zachary Bélisle)

    Classification

     Embranchement  Arthropoda

         Sous-embranchement  Hexapoda

              Classe  Insecta

                   Ordre  Odonata

                       Sous-ordre   Anisoptera

                          Famille   Aeshnidae

                             Genre  Anax

                                Espèce  Anax junius

    Identification

    Pour identifier précisément notre spécimen, nous avons utilisé deux clés d’identification (Robert, 1957 ; Pilon et Lagacé, 1998). Le processus d’identification de notre spécimen a été relativement simple grâce à sa grande taille (7.4cm) qui a facilité nos observations.

    Nous avons d’abord chercher la famille de notre odonate grâce à la clé d’identification des familles de Robert A. (1957).

    On remarque que la largeur de la base des ailes est différente, en effet, la base de l’aile postérieure est plus large que la base de l’aile antérieure. Ce caractère nous a permis d’approuver que notre spécimen provient du sous-ordre Anisoptera, soit plus communément des libellules. Ensuite, on voit que la distance entre l’arculus et le triangle est à peu près égale dans les deux paires d’ailes (Figure 3). Le ptérostigma, qui est la tâche noire à l’extrémité de chaque aile, est pourvu d’une grosse nervure oblique à son bord interne, et on observe également que les yeux se touchent. Ces 3 observations de caractères permettent de dire que notre anisoptère est plus précisément de la famille des Aeshnidae.

    Figure 3 : Caractéristiques de l’aile antérieure et postérieure de Anax junius (Photo prise et modifiée par Lucille Joyeux)

    Une fois notre famille trouvée, nous avons cherché l’espèce grâce à la clé d’identification de Pilon J-G. et Lagacé D. (1998).

    Cette recherche a été très simple puisque notre espèce a un caractère bien précis qui la différencie des autres Aeshnides de l’Amérique du Nord : son thorax de couleur vert. Ce caractère est unique à l’espèce Anax junius en Amérique du Nord.

    Nous avons également pu déterminer facilement le sexe de notre Anax junius puisque cette espèce a un dimorphisme sexuel visuel : la couleur de son abdomen. Chez les mâles, l’abdomen est de couleur bleue tandis que chez la femelle, l’abdomen est de couleur brune. Notre Anax junius est donc une femelle.

    Description

    Anax junius fait partie des plus grosses libellules, atteignant 7 ou 8 cm de long. Leurs yeux sont grands, leur thorax est court et robuste et leur abdomen est long et mince. Tous les individus, mâles et femelles, possèdent un thorax vert et une ligne noire qui s’étend sur leur surface supérieure. (Needham et Westfall, 1955). Cependant, les individus sont polymorphes selon le sexe. Les mâles ont le thorax, le visage, et les yeux de couleur verts ternes. Le premier segment de leur abdomen est vert, et les 2 à 6 autres segments sont de couleurs bleu vif après quoi l’abdomen s’estompe en vert terne puis devient sombre.  Chez la plupart des femelles, les yeux sont brun, les deux premiers segments abdominaux sont verts, et le reste de l’abdomen est brun rougeâtre (Fraker et Luttbeg, 2012). Chez le juvénile, l’abdomen est vert terne, rougeatre ou brun. Les ailes sont incolores ou orange et prennent une couleur ambrée à mesure qu’elles vieillissent, notamment chez les femelles. (Fraker et Luttbeg, 2012)

    Cycle de vie

    Les libellules Anax junius sont hémimétaboles, c’est-à-dire sans stade immobile entre la larve et l’adulte.

    1. La reproduction a normalement lieu dans un habitat d’eau calme, par exemple les étangs, les lacs, les marais, les marécages, les cours d’eau lents. (Beaton, 2007).

    2. Les œufs sont pondus dans des habitats aquatiques et éclosent après au moins 6 ou 7 jours. Les œufs éclosent en nymphes et subissent 9 à 13 instars nymphaux. Les nymphes ont un abdomen ovale allongé, de grands yeux et un grand labium qui peut être étendu pour capturer une proie. Les nymphes Anax junius ont des labiums plats avec des palpes pointues qui sont utilisées pour lancer une proie. Ils sont généralement de couleur marron ou verte. Les derniers stades peuvent atteindre 3,5 à 5 cm de long (Paulson, 2011).

    3. Lorsqu’elles atteignent la fin du stade nymphal, les nymphes sortent de l’eau et cherchent un endroit pour émerger de leur exuvie. Leurs ailes se déploient à mesure que les ailes et le corps se dilatent. À ce moment là, elles sont des adultes sexuellement immatures. Elles quittent leur peau nymphale et gagnent rapidement en masse. La cuticule durcit et leur couleur devient plus distinct. Le temps total de développement des nymphes peut prendre presque 1 an. Les nymphes terminent leur développement à l’âge adulte en juin et en juillet. (Hopkins et al, 2011)

    4. Les adultes ne vivent que plusieurs semaines à un peu plus d’un mois après avoir atteint l’âge adulte (Paulson, 2011).

    Distribution géographique

    Anax Junius est répandue majoritairement dans la région du Néarctique. Elles sont présentes sur l’ensemble des États-Unis, du Canada et du Mexique (Figure 4).

    Leur aire de répartition s’étend également à Hawaii, à Tahiti, aux Antilles, en Chine et dans la péninsule en Russie. Parfois les individus sont emportés par des tempêtes ou des vents violents dans des régions comme aux Bermudes, au Royaume-Uni et en France. Anax Junius reste l’une des libellules les plus répandues en Amérique du Nord. (Corbet, 1999)

    Figure 4 : Distribution géographique de Anax junius selon le IUCN Red List of Threatened Species (Carte prise sur iucnredlist.org le 30 octobre 2018)

    Populations de Anax junius

    Cette espèce a deux types de population différentes: les populations résidentes et migratrices.

    Les populations résidentes restent dans la zone générale d’où elles émergent. Pour les populations résidentes du Nord, les adultes s’accouplent et pondent de fin juillet à août. La progéniture qui en résulte éclot et se développe vers le mi-stade puis hiverne lorsque la température baisse. Le temps total de développement des nymphes peut prendre de 11 à 12 mois pour les résidentes, puisque les nymphes ont terminé leur développement lorsque les températures se réchauffent au printemps, puis apparaissent à l’âge adulte en juin et en juillet (Trottier, 1971).

    Les adultes qui migrent vers le Nord tendent à arriver avant l’émergence des résidentes du Nord au printemps. Les adultes migrateurs s’accouplent et pondent en juin. Contrairement aux populations résidentes, le développement nymphal des progénitures migrantes ne prend que 3 à 5 mois et elles ne passent pas l’hiver. Elles émergent généralement en fin août et en septembre. Elles commencent souvent leur migration à l’âge immature, se nourrissant en cours de route pour devenir adultes. Les adultes s’accouplent et pondent pendant la migration et lorsqu’ils atteignent leurs destinations méridionales. La progéniture produite se développe pendant l’hiver chaud austral, avant de devenir adulte et de migrer vers le Nord (Trottier, 1971).

    La migration nécessite non seulement des comportements spécifiques au stade adulte mais également des adaptations du développement des larves aquatiques. La prédation des poissons a une grande influence sur la survie et le développement des larves. La survie des larves sont plus élevée si les poissons insectivores sont absents. Les conditions climatiques peuvent favoriser la reproduction et la période de migration. (May et al., 2017)

    Bibliographie

    Beaton, G. (2007). Dragonflies & Damselflies of Georgia and the Southeast. University of Georgia Press, Athens, Georgia.

    Corbet, P. (1999). Dragonflies Behavior and Ecology of Odonata. Ithaca, New York: Cornell University Press

    Fraker, M., et B. Luttbeg. (2012). Predator-prey space use and the spatial distribution of predation events. Behaviour, 149(5)

    Hopkins, G., Gall, B., et Brodie, E. (2011). Ontogenetic Shift in Efficacy of Antipredator Mechanisms in a Top Aquatic Predator, Anax junius (Odonata: Aeshnidae). Ethology, 117(12)

    Needham, J.G. et Westfall, M.J. (1955) The Manual of the Dragonflies of North America (Anisoptera): Including the Greater Antilles and the Provinces of the Mexican Border. University of California Press, Berkeley and Los Angeles.

    May, M.L., Gregoire, J.A., Gregoire, S.M., Lubertazzi, M.A., Matthews, J.H. (2017). Emergence phenology, uncertainty, and the evolution of migratory behavior in Anax junius (Odonata: Aeshnidae). PLoS ONE. 12(9)

    Paulson, D. (2011). Dragonflies and Damselflies of the East. Princeton, New Jersey: Princeton University Press.

    Pilon, J-G., et Lagacé, D. (1998). Les odonates du Québec. Chicoutimi, Canada: Entomofaune du Québec (EQ) Inc. 

    Robert, A. (1957). Les principales libellules du Québec (Vol. 7, N°9). Ottawa, Canada : Le Jeune Naturaliste. 

    Trottier, R. (1971). Effect of temperature of the life of Anax junius (Odonata : Aeshnidae) in Canada. The Canadian Entomologist. 103(12)

  • Sympetrum obtrusum (Hagen 1867)

     

    Sympétrum éclaireur

    Par Miguelly BÉLANGER, Daphnée LECOURS-TESSIER et Étienne R.-DIONNE

    Texte et photographies ©2016 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Photos réalisées par Étienne R.-Dionne

    Croquis et carte réalisés par Miguelly Bélanger

    bande
    Lieu de capture : dans les herbes d’un fossé de drainage, en bordure d’une route en terre battue, à proximité d’une tourbière boisée de la station de biologie des Laurentides. Outil de capture : filet fauchoir Date de capture : 1 septembre 2016 Préparation: d’abord placé dans un récipient de chasse contenant un mélange d’acétate d’éthyle et de plâtre pour le tuer rapidement, avant d’être mis à sécher dans une enveloppe de plastique avec carton

    Identification, classification et morphologie

    tete
    Figure 1 : Front blanc du mâle Sympetrum obtrusum capturé. Photo réalisée par Étienne R.-Dionne.

    Frappante, la couleur blanche du front des mâles est l’une des caractéristiques principales permettant de distinguer S. obtrusum parmi les espèces du genre Sympetrum, d’où leur nom vernaculaire “White-faced Meadowhawk”.

    Généralement, les individus de cette espèce mesurent de 30 à 35mm. Ils ont les ailes claires. Mâles et femelles présentent un certain dimorphisme. En effet, les femelles n’ont pas le front blanc caractéristique des mâles ni l’abdomen teinté de rouge. Celles-ci, comme les juvéniles, ont plutôt la face d’une couleur qui tire sur le jaune, le brun ou le vert, ainsi qu’un abdomen cendré, ce qui les rend difficiles à distinguer de S. rubicundulum et S. internum (Dunkle, 2000).

    pieces-genitale
    Figure 2 : Pièces génitales. A : Appendices anaux supérieurs de l’extrémité de l’abdomen mâle – B : Échancrure de l’hameçon du deuxième segment de l’abdomen mâle – C : Huitième sternite horizontale de l’extrémité de l’abdomen femelle (Ovipositeur) – D : Lames vulvaires du neuvième segment de l’abdomen femelle. Croquis réalisé par Miguelly Bélanger. Inspiré de Robert (1963).

    Comme les S. obtrusums, le spécimen capturé possède une face blanche. Cependant, ce sont les appendices anaux supérieurs de l’extrémité de l’abdomen ainsi que l’échancrure de l’hameçon du 2e segment de l’abdomen qui a permis de confirmer son identification (Robert, 1963).

    De plus, la position médiane du nodus ainsi que la disposition des nervures principales du supertriangle de l’aile postérieure de notre spécimen sont typiques des Sympetrum (Pilon & Lagacé, 1998). Appartenant également à la famille des libellulidés, leurs ailes postérieures présentent un champ anal en forme de pied possédant un « orteil » plutôt développé. Qui plus est, l’asymétrie de la base des ailes antérieures et postérieures (la base des ailes antérieures étant plus large que celle des ailes postérieures) corrobore l’appartenance au sous-ordre des anisoptères (Silsby, 2001).

    ailes
    Figure 3 : Aile postérieure caractéristique du genre Sympetrum représentant le nodus (A), le pterostigmate (B), le supertriangle et le champ anal. Croquis réalisé par Miguelly Bélanger. Inspiré de Robert (1963).

    Dans une perspective d’ensemble, les libellules présentent plusieurs caractéristiques distinctives (Pilon & Lagacé, 1998). Elles ont de courtes antennes. Leurs yeux composés sont de si grandes tailles par rapport au volume de leur tête, qu’ils se rejoignent au sommet de la capsule céphalique. Ils possèdent un long et mince abdomen. Leur thorax orienté vers l’avant permet une capture de proies efficace, en les emprisonnant dans leurs pattes. Au repos, les ailes se posent à plat. Leurs larves possèdent un masque labial étonnant, leur permettant d’atteindre leurs proies avec grande vélocité (Kalkman & al., 2000). Voici un ensemble de caractères partagés par l’espèce du spécimen capturé.

    classification
    Figure 4 : Taxonomie hiérarchique de Sympetrum obtrusum. Inspiré de Dunkle (2000) et Cresswell & Block (2016).

    Les libellules à travers les âges et les continents

    Répartis sur l’ensemble de la planète depuis des millénaires, les odonates ont intéressé les hommes et suscité une fascination culturelle à travers les âges (Pilon, 1998). Venant du grec ancien, le mot « odonata » fut créé par Fabricius (1793) pour désigner les « mandibules munies de dents », alors que le mot « Anisoptera » souligne l’asymétrie des ailes (Pilon & Lagacé, 1998). Ceci dit, c’est Linné (1758) qui a introduit le terme « libellules ». En extrême Orient, les libellules sont plutôt bien considérées. Elles y ont d’ailleurs longtemps été utilisées pour traiter les inflammations de la gorge. Au Japon, elles symbolisent la force, la bravoure et la victoire. En Europe, au contraire, ces insectes sont considérés comme maléfiques, une croyance populaire probablement tirée du moyen âge. Pour cette raison, ils se faisaient même appeler « tire-z’yeux » ou « crève-œil » (d’Aguilar, 1985). Plus près d’ici, on a souvent considéré à tort les libellules comme des insectes piqueurs. Aujourd’hui encore, les libellules suscitent un certain engouement.

    Évolution

    aire-geologique
    Figure 4 : Représentation des Ères géologiques. Inspirée de Cohen & al. (2013).

    Apparus durant la période du carbonifère, les Protodonata sont peut-être les ancêtres des Odonates. Datant du permien, les libellules sont parmi les plus anciens insectes volants (paléoptère) (Grimaldi, D. et Engel, 2005). Dans le même taxon, Protodonata, se trouve le plus grand insecte connu à ce jour (Méganeuropsis permiana), d’une envergure d’ailes de 70cm (Beckemeyer, 2000). Des fossiles de zygoptères et d’anisoptères (Odonata au sens strict) ont d’abord été trouvés au Mésosoïque: les premiers fossiles d’anisoptères modernes datent du Trias (Silsby, 2001).  Ceux-ci auraient donc déjà été présents avant que la Pangée se soit complètement disloquée! Émergeant de cette lignée, les libellulidés sont apparus lors de l’Éocène. Avec leurs ailes puissantes et leur corps effilé, leurs ancêtres ont pu bénéficier d’un avantage évolutif important, leur permettant de se distribuer sur un large territoire. À ce jour, on compte près de 7000 espèces d’Odonates (Kalmman & al., 2008) et plus de 60 espèces de Sympetrum à travers le monde (Pilgrim & Dohlen, 2007).

    Répartition et habitat

    cartes
    Figure 5 : Carte de la distribution de l’espèce Sympetrum obtrusum. Carte réalisée par Miguelly Bélanger. Inspirée de Dunkle (2000).

    Espèce indigène de l’Amérique du Nord, Sympetrum obtrusum se retrouve dans la région zoogéographique Néarctique. Il est principalement recensé au sud du Canada et au nord des États-Unis, mais semble absent du Yukon et du sud de l’Amérique du Nord (Dunkle, 2000; Catling, 2003). Dans ces territoires, il occupe une variété de milieux humides (étangs, lacs, cours d’eau lentiques) et spécialement les tourbières et les marais (Pilon et Lagacé, 1998). Considérant la dispersion des adultes à partir des étendues d’eau, certains avancent que les individus matures constituent une population distincte de celle des larves, malgré le fait que l’un et l’autre occupent les mêmes zones (Faydenko, 2013).

    Cycle de vie et alimentation

    Essentiels au développement des libellules, les points d’eau douce permettent le développement de leurs œufs et de leurs larves (Kalkman et al., 2008). Généralement, les œufs éclosent environ trois semaines après la ponte, sauf ceux pondus à la fin de la saison estivale, qui tombent en dormance durant l’hiver (Silsby, 2001). C’est d’ailleurs sous forme d’œufs que les embryons de Sympetrum obtrusum passent l’hiver, pour voir leurs larves éclore au printemps et les adultes émerger fin juin, début juillet (Walker & Corbet, 1975). Ainsi, deux générations se succéderont chaque année. Après éclosions, plusieurs stades larvaires s’enchaineront, entrecoupées de mues. Chez les libellules, le premier stade (stade protolarvaire) est caractérisé par l’absence de patte et ne dure qu’une courte période de temps (de quelques secondes à quelques heures) (Silsby, 2001). Par suite, certaines larves de libellules seront plus passives et d’autres plus actives dans leur comportement de chasse, mais toutes sont prédatrices. Grâce à leur masque labial, qui leur permet d’attraper leurs proies à grande vélocité, les larves des Odonates arrivent à se saisir d’insectes, de têtards et même de petits poissons (Corbet, 1999).

    Video 1 : Larve de libellule se nourrissant d’une larve de coléoptère à l’aide de son masque labial (par Derek Wheaton, 2015). CC BY-SA 4.0

    Contrairement à certains autres genres, le genre Sympetrum consomme non seulement des proies à chacun de ses stades larvaires, mais passe aussi la majeure partie de son cycle de vie sous l’eau (Pritchard, 1964; Corbet, 1999). Les larves de libellules prennent de quelques semaines à quelques années pour se développer, selon l’espèce et différents facteurs environnementaux, tel que la température de l’eau et la quantité de nourriture disponible (Corbet, 1999; Silsby, 2001). Au dernier stade larvaire avant la métamorphose, les derniers organes vitaux finissent de se développer et la larve se prépare pour une dernière mue. L’émergence des libellules matures se fait à l’extérieur de l’eau, sur la végétation ou sur la rive, au courant de la nuit ou au matin, lorsque l’air a pu se réchauffer (Silsby, 2001).

    Video 2 : Émergence d’une libellule après métamorphose (auteur inconnu, 2010). CC BY-SA 4.0

    Après avoir quitté leur site d’émergence, les libellules occupent la majeure partie de leur temps à chasser, principalement des diptères et de petits insectes volants (Pilon & Lagacé, 1998; Dunkle, 2000). Avec les zygoptères, les libellulidés se distinguent des autres Odonates de par leur Le sympétrum éclaireur démontre une (édité 2018-01-22) mode de chasse à l’affût, repérant leurs proies à partir d’un perchoir, avant de se jeter sur elles (Pilon & Lagacé, 1998). En une seule journée, une libellule peut ainsi consommer jusqu’au cinquième de son poids (Powell & Twist, 1999). Selon les conditions, les libellules en développement auront besoin d’une semaine à un mois pour s’alimenter. Une période cruciale où elles se disperseront afin d’acquérir l’énergie suffisante au développement de leurs organes sexuels (Aguesse,1968; Corbet, 1952). À la recherche de ressources, les mâles Sympetrum obtrusum sont très abondants dans les prairies de Carex. Lors de cette phase de développement, il est possible d’y en observer plus d’un par 10 pi2 (Paulson, 2011) ! Ce n’est qu’en tant qu’individu mature que les mâles et femelles retourneront près de points d’eau pour s’accoupler (Corbet, 1999).

    Reproduction

    Chez les libellules, le mécanisme de transfert de sperme est indirect (Kalkman, 2008). Après avoir été produit dans les testicules, situés au bout de l’abdomen, le sperme est transféré de manière externe à l’organe copulatoire mâle, à la base de l’abdomen. Grâce à un hameçon, le mâle retient l’abdomen de la femelle durant la copulation. Ainsi, il insémine la femelle et en profite même pour retirer le sperme de ses compétiteurs. Cette compétition spermatique chez les Odonates a été reportée pour la première fois par Waage (1979). Aujourd’hui, c’est ce qui en fait l’un des groupes animaux les plus étudiés pour leur comportement reproducteur (Kalkman, 2008). Suite à la copulation, le mâle reste accroché à la femelle jusqu’à la ponte (Silsby, 2001). Les perforations sur l’une des extrémités des œufs oblongs permettent aux spermatozoïdes de les pénétrer. Puis, les œufs sont ensuite rapidement relâchés à la surface de l’eau ou sur le sol environnant, la femelle ayant un ovipositeur vestigial.

    Utilité pour l’homme et statut de conservation

    Très sensibles à la qualité de leur habitat et aux perturbations environnementales, les libellules sont souvent utilisées pour évaluer l’ampleur des changements environnementaux, sur le court et le long terme. Aussi, elles sont utilisées comme bioindicateurs de la santé de l’écosystème, dans les projets de conservation et de restauration (Kalman, 2008; Clark & Samways, 1996). Le réchauffement climatique, l’agriculture, l’introduction d’espèce exotique, l’urbanisation et plus encore, entraînent cependant la dégradation et la perte de diversité des milieux humides, dont dépendent les Odonates (Hassall & Thompson, 2008; Kadoya & al., 2009; Rodriguez & al., 2005). De fait, certaines espèces de libellules sont aujourd’hui dans une situation critique (Suh & Samways, 2005; Hämäläinen, 2004).  Considérant la large gamme d’organismes interagissant avec les libellules, que ce soit au stade larvaire ou adulte, il est d’autant plus important de protéger les milieux humides, dont ils dépendent.

    Bibliographie

    Beckemeyer RJ. 2000. The Permian insect fossils of Elmo, Kansas. Emporia State University.

    Bulankova E. 1997. Dragonflies (Odonata) as bioindicators of environment quality. Biologia, Bratislava 52:177-180.

    Catling PM. 2003. Dragonflies (Odonata) of the Northwest Territories: Status Ranking and Preliminary Atlas. Northwest Territories, Environment and Natural Resources.

    Clark TE, Samways MJ. 1996. Dragonflies (Odonata) as indicators of biotope quality in the Kruger National Park, South Africa. Journal of applied ecology:1001-1012.

    Cohen K, Finney S, Gibbard P, Fan J-X. 2013. The ICS international chronostratigraphic chart. Episodes 36:199-204.

    Corbet PS. 1952. An adult population study of Pyrrhosoma nymphula (Sulzer):(Odonata: Coenagrionidae). The Journal of Animal Ecology:206-222.

    Corbet. 1999. Dragonflies: behaviour and ecology of Odonata. Harley Books.

    Cresswell S, Block N. 2016. Species Sympetrum – White-faced Meadowhawk. (2016; http://bugguide.net/node/view/8056)

    d’Aguilar J, Dommanget J-L. 1985. Guide to the dragonflies of Europe and North Africa. Delachaux et Niestlé.

    Dunkle SW. 2000. Dragonflies through binoculars: a field guide to dragonflies of North America. Oxford University Press.

    Fabricius JC. 1793. Entomologia systematica emendata et aucta.

    Faydenko JL, Butler LM, Swanson BJ. 2013. As the Dragon Flies: Population Structure in Sympetrum obtrusum Dragonflies.

    Grimaldi D, Engel MS. 2005. Evolution of the Insects. Cambridge University Press.

    Hagen H. 1867. Revision der von Herrn Uhler beschriebenen Odonaten. Stett. Ent. Ztg. 28: 87–95. Sympetrum obtrusum.

    Hämäläinen M. 2004. Critical species of Odonata in the Philippines. International Journal of Odonatology 7:305-310.

    Hassall C, Thompson DJ. 2008. The effects of environmental warming on Odonata: a review. International Journal of Odonatology 11:131-153.

    Kadoya T, Suda S-i, Washitani I. 2009. Dragonfly crisis in Japan: a likely consequence of recent agricultural habitat degradation. Biological Conservation 142:1899-1905.

    Kalkman VJ, Clausnitzer V, Dijkstra K-DB, Orr AG, Paulson DR, van Tol J. 2008. Global diversity of dragonflies (Odonata) in freshwater. Hydrobiologia 595:351-363.

    Labhart T, Nilsson D-E. 1995. The dorsal eye of the dragonfly Sympetrum: specializations for prey detection against the blue sky. Journal of Comparative Physiology A 176:437-453.

    Paulson D. 2011. Dragonflies and Damselflies of the East. Princeton University Press.

    Perron J, Jobin L, Mochon A. 2005. Odonatofaune du parc national de la Yamaska, division de recensement de Shefford, Québec. Le Naturaliste canadien 129:17-25.

    Pilgrim EM, Von Dohlen CD. 2007. Molecular and morphological study of species-level questions within the dragonfly genus Sympetrum (Odonata: Libellulidae). Annals of the Entomological Society of America 100:688-702.

    Pilon J-G, Lagacé D. 1998. Les odonates du Québec: traité faunistique. Entomofaune du Québec.

    Powell D, Twist C. 1999. A guide to the dragonflies of Great Britain. Arlequin Press.

    Pritchard G. 1964. The prey of dragonfly larvae (Odonata; Anisoptera) in ponds in northern Alberta. Canadian Journal of Zoology 42:785-800.

    Robert A. 1963. Les libellules du Québec. Québec: Station biologique du Mont Tremblant, Service de la recherche, Ministère de la chasse et des pêcheries, 1963, 1966 printing.

    Rodríguez C, Bécares E, Fernández-Aláez M, Fernández-Aláez C. 2005. Loss of diversity and degradation of wetlands as a result of introducing exotic crayfish. Biological Invasions 7:75-85.

    Silsby J. 2001. Dragonflies of the World. Csiro publishing.

    Suh AN, Samways MJ. 2005. Significance of temporal changes when designing a reservoir for conservation of dragonfly diversity. Biodiversity & Conservation 14:165-178.

    Waage JK. 1979. Dual function of the damselfly penis: sperm removal and transfer. Science 203:916-918.

    Walker E, Corbet P. 1975. The Odonata of Canada and Alaska. Vol. 3, Part III: The Anisoptera—Three Families: Toronto: University of Toronto Press.

     

  • Sympetrum vicinum (Hagen 1861)

    Le sympétrum tardif

    Par Titouan EON-LE-GUERN et Ly-Anne HAMEL

    Édité par Étienne Normandin

    Photo d'un Sympetrum vicinum, creative common
    Photo d’un Sympetrum vicinum, creative common
    Figure 1 : Photographie d'un Sympetrum vicinum capturé à la Station biologique des Laurentides le jeudi 03 septembre 2015
    Figure 1 : Photographie d’un Sympetrum vicinum capturé à la Station biologique des Laurentides le jeudi 03 septembre 2015

    I- Identification du spécimen et morphologie

    L’identification de notre spécimen a été possible grâce à la clé d’identification des libellules du Québec (Adrien Robert, 1963).

    Tout d’abord, il faut distinguer deux sous-ordres dans l’ordre des Odonates : les anisoptères et les zygoptères. On peut les reconnaître grâce à la position et à la taille de leurs ailes. En effet, les zygoptères possèdent des ailes antérieures et postérieures de forme et de taille semblables qui, au repos, sont repliées l’une contre l’autre. Les anisoptères, quant à eux, ont des ailes postérieures plus larges à la base que leurs ailes antérieures. La figure 1 montre bien qu’il s’agit d’un insecte du sous-ordre des anisoptères.

    Le triangle des ailes antérieures et le triangle des ailes postérieures n’ont pas la même orientation spatiale. De plus, la distance entre l’arculus et le triangle des ailes antérieures est plus grande que celle des ailes postérieures. Les nervures antodénales forment également des lignes continues, symétriques par rapport à la nervure sous-costale.

    Figure 2 : Photographie des ailes antérieures et postérieures de Sympetrum vicinum
    Figure 2 : Photographie des ailes antérieures et postérieures de Sympetrum vicinum

    Le triangle des ailes antérieures à une forme étroite. L’angle anal des ailes postérieures est arrondi chez le mâle comme chez la femelle et il n’y a pas d’auricule. La courbure anale de l’aile postérieure est de la forme d’une botte. Les ailes sont transparentes sans reflet métallique. Il s’agit donc de la famille des Libellulidés.

    Figure 3 : Photographie des ailes de Sympetrum vicinum afin de montrer où se trouvent la courbure anale et l'angle anal
    Figure 3 : Photographie des ailes de Sympetrum vicinum afin de montrer où se trouvent la courbure anale et l’angle anal

    La branche de la médiane M2 n’a pas de sinuosité vers son milieu et sur les ailes postérieures la première nervure cubitale (Cu1) commence à l’angle caudal du triangle. De plus les ailes sont colorées en brun à leur base et sont entièrement hyalines.

    Figure 4 : Emplacement des nervures M2 et Cu1 sur l'aile postérieure de Sympetrum vicinum
    Figure 4 : Emplacement des nervures M2 et Cu1 sur l’aile postérieure de Sympetrum vicinum

    On peut aussi remarquer que la face de notre spécimen est brune et jaune. Il s’agit donc du genre Sympetrum.

    Figure 5 : Photographie de la tête de Sympetrum vicinum
    Figure 5 : Photographie de la tête de Sympetrum vicinum

    Les côtés du thorax de la libellule sont rouges et le bord ventral des appendices anaux supérieurs n’ont pas de dents. Il s’agit donc de Sympetrum vicinum.

    Figure 6 : Photographie du thorax de Sympetrum vicinum
    Figure 6 : Photographie du thorax de Sympetrum vicinum
    Figure 7 : Photographie des appendices anneaux de Sympetrum vicinum
    Figure 7 : Photographie des appendices anneaux de Sympetrum vicinum

    II- Classification

    Notre spécimen appartient à l’espèce Sympetrum vicinum selon la classification suivante:

    Règne: Animalia

    Embranchement: Arthropoda

    Sous-embranchement: Hexapoda

    Classe: Insecta

    Ordre: Odonata

    Sous-ordre: Anisoptera

    Famille: Libellulidae

    Genre:Sympetrum

    Espèce: Sympetrum vicinum (Hagen, 1861)

     

    III- Habitat

    Sympetrum vicinum est l’une des espèces d’anisoptères les plus nombreuses en Amérique du Nord. Au Québec, elle est principalement trouvée au sud où se situent les érablières à caryer cordiforme et à tilleul. Les basses terres du Saint-Laurent en sont donc très peuplées (Savard, 2013).

    Elle favorise comme habitat des emplacements où la nourriture est abondante pour les larves. Selon une étude de l’odonatofaune du parc national de la Yamaska effectuée en 2005, les Sympetrum vicinum étaient présentes autour du réservoir Choinière, du ruisseau Fleurant-Messier, de l’étang à castor, des mares (peu ou très eutrophiées) et des champs en friche. En revanche, elles étaient absentes de la rivière Yamaska Nord, témoignant de la nécessité d’un courant faible ou absent pour leur développement (Perron et al, 2005). Cette espèce est donc qualifiée d’ubiquiste puisqu’elle peut habiter plusieurs types d’habitat autour de plans d’eau calme. Bien que la végétation aquatique ne semble pas avoir d’incidence sur la présence de ces anisoptères, ces biotypes ont en commun une végétation terrestre très dense. En fin de journée, ces libellules peuvent ainsi se poser sur certains arbustes (Kalmia angustifolia, Viburnum cassinoides, Alnus incana ssp. rugosa) ou sur des branches et des troncs d’arbre ensoleillés (Savard, 2013).

     

    IV- Alimentation

    Les larves de Sympetrum vicinum se trouvent au fond des lacs et des étangs. Elles attaquent les proies qui passent à proximité. Les adultes, quant à eux, se posent sur la végétation et attendent que de petits insectes volants passent près d’eux. C’est alors qu’ils s’envolent et partent à la poursuite de leur proie (Corbet, 1999). Préférant des insectes d’une grandeur de 2mm, ces libellules peuvent toutefois se rabattre sur de plus grands spécimens (3-5 mm) lorsque la rigueur de l’automne affecte la population de proies

     

    V- Cycle de vie

    Les Odonates ont une métamorphose incomplète (hémimétabole) : leur cycle vital se fait en trois étapes différentes : l’œuf, la larve et l’adulte. La durée de vie d’un sympétrum tardif n’excède pas un an.

    Les oeufs éclosent au début du printemps quand la température de l’eau atteint 10°C. Le stade larvaire n’a lieu qu’au printemps et à l’automne. Après la mue, la larve grandit et change de couleur. Ce processus dure environ une heure. Après plusieurs mues, Sympetrum vicinum montre des signes de sa forme finale. Un individu met entre une et sept semaines avant d’atteindre la forme adulte à partir du début du mois de juin. Dès ce moment, la libellule n’a que deux buts : manger et se reproduire. Le stade pré-reproductif (ténéral) peut durer entre trente et quatre-vingt-sept jours selon la zone où on trouve les individus. Une fois la maturité sexuelle atteinte, les libellules cherchent un partenaire, pondent des oeufs puis meurent peu de temps après. (Corbet, 1999)

    L’adulte de Sympetrum vicinum a une période d’activité de vol parmi les plus tardives, débutant au plus tôt à la fin juillet et pouvant s’étirer jusqu’en début novembre. À la fin de cette période, l’accouplement et la ponte peuvent encore avoir lieu dans certaines flaques d’eau ensoleillées où le vent est doux, alors que d’autres ont déjà commencé à geler (Perron et al, 2007). Cette tardiveté est permise par des adaptations physiologiques telles que la faible température minimale nécessaire à leur vol ainsi que leur digestion plutôt rapide à température basse. De plus, un postural leur permet de conserver une température corporelle stable jusqu’à un minimum de 10 degrés Celsius (May, 1998).

     

    VI- Reproduction

    La fécondation se fait en vol après que le mâle ait identifié une femelle de la même espèce. Le sperme est alors inséré dans la femelle. Après la fécondation, le mâle et la femelle demeurent attachés ensemble en tandem. Lorsqu’elle est à la recherche d’un lieu de ponte, une paire de libellules peut être attirée par la présence d’autres paires, suggérant une attraction mutuelle entre elles qui n’affecte pas l’efficacité de la ponte. Cette présence témoigne également de l’absence de prédateurs dans les environs (McMillan, 2000). La ponte se fait par la femelle lorsqu’elle trempe la pointe de son abdomen à la surface d’un plan d’eau. Ce n’est qu’à ce moment que les deux pièces génitales se détachent l’un de l’autre (Corbet, 1999).

     

    VII- Écologie

    Selon une étude effectuée en 2013 sur les odonates du Lac-Saint-Jean, la population de Sympétrum tardif située la plus au nord a été répertoriée dans le parc national de la Pointe-Taillon (PNPT). Ces chercheurs ont avancé que son aire de répartition devait être plus étendue il y a 6000 à 7000 ans, alors que le climat était plus clément. Le refroidissement de la région ainsi que la formation de tourbières acides auraient causé un isolement de la population. C’est dans l’habitat du castor qu’elle a toutefois trouvé refuge, puisque ce mammifère «régule le débit des cours d’eau, tamponne les apports acides, augmente la température de l’eau en aval des étangs, éclaircit le couvert forestier et crée une variété d’habitats humides» (Savard, 2013). Cette coexistence a donc été primordiale à la survie des Sympetrum vicinum dans la région.

    Bibliographie

    1. Corbet, P. (1999). Dragonflies : Behavior and Ecology of Odonata. Ithaca, New York: Cornell University Press.
    2. May, M. L. (1998). Body temperature regulation in a late-season dragonfly, Sympetrum vicinum (Odonata: Libellulidae). Dans International Journal of Odonatology (Vol. 1, p.1-13). New Jersey : Taylor & Francis Group.
    3. McMillan, V. E. (2000). Aggregating Behavior During Oviposition in the Dragonfly Sympetrum vicinum (Hagen) (Odonata: Libellulidae). Dans The American Midland Naturalist (Vol. 144, p. 11-18). New York: University of Notre Dame.
    4. Perron, J.-M. & Ruel, Y. (2007). Saison de vol des Odonates du Territoire du marais Léon-Provancher, Neuville, division de rencensement de Portneuf (Québec). Dans Le Naturaliste canadien (Vol. 126, n.2, p.13-17). Québec : GID.
    5. Perron, J.-M., Jobin, L.-J. & Mochon, A. (2005). Odonatofaune du parc national de la Yamaska, division de recensement de Shefford, Québec. Dans Le Naturaliste canadien (Vol 129, n.2, p.17-25). Société Provancher d’histoire naturelle du Canada.
    6. Robert, A. (1963). Les libellules du Québec. Station biologique du Mont Tremblant, Service de la recherche, Ministère de la chasse et des pêcheries.
    7. Savard, M. (2013). Inventaire automnal des odonates au Saguenay-Lac-Saint-Jean : découverte d’une population du sympétrum tardif. Dans Le Naturaliste canadien (Vol. 137, n.1, p.25-32). Société Provancher d’histoire naturelle du Canada.
    8. Worthington, A., Haggert, K. & Loosemore, M. (2005). Seasonality of prey size selection in adult Sympetrum vicinum (Odonata : Libellulidae). Dans International Journal of Odonatology (Vol.8, n.1, p.169-176). NY: Taylor & Francis Group.
Collection Ouellet-Robert