Tag: Orthoptera

  • Ceuthophilus pallidipes (Walker 1905)

    par Alexis DUPRÉ, Caroline FINK-MERCIER et David POISSANT

    Texte et photographies au domaine public CC0 1.0, les auteurs

    Classement

    Classe : Insecta

    Ordre : Orthoptera

    Sous-ordre : Ensifera

    Superfamille : Rhaphidophoroidea

    Famille : Rhaphidophoridae

    Genre : Ceuthophilus

    Espèce : pallidipes


    Identification

    Quelques critères d’identification clés permettant rapidement de passer de l’identification à l’ordre jusqu’au genre, puis à l’espèce. Voici une identification pas à pas pour un-e entomologiste débutant-e mais enthousiaste!

    D’abord, les longues pattes modifiées pour le saut et le pronotum élargi et en forme de selle indiquent que le spécimen fait partie de l’ordre des Orthoptera, puis les longues antennes indiquent normalement que l’espèce se classe parmi le sous-ordre Ensifera, plutôt que Caelifera. L’allure courbé de l’abdomen et l’absence d’ailes classe ensuite le spécimen dans la famille des Rhaphidophoridae. Cette famille est répandue à travers le monde et favorisée dans les endroits frais et humides, par exemple sous les roches, où le spécimen à d’ailleurs été trouvé (Department of Entomology of Iowa State University, 2017). La forme du corps, sa couleur brunâtre et sa taille (qui peut aller jusqu’à 1 1/2 ») indiquent que le spécimen fait partie du genre Ceuthophilus, qui regroupe les espèces communément appelées camélines (University of Arkansas, 2002). Un bon guide d’identification est recommandé pour identifier le spécimen à l’espèce. Attention, bien que Ceuthophilus maculatus soit l’espèce la plus répandue dans le sud du Québec, le spécimen récolté correspond à Ceuthophilus pallidipes (Vickery et al., 1985). Seul-es les entomologistes rigoureux sauront faire la différence. Voici les critères clés de l’espèces:

    Cette espèce de grillon est assez petite et grêle avec des pattes et des antennes assez longues. Le 9e tergite du mâle est de forme quadrangulaire (voir schéma de la figure 2), très sclérotisé et est souvent tourné vers le haut (voir figure 1). Les deux critères les plus facilement discriminants sont les épines de la partie dorsale du tibia qui sont noircies à la base, ainsi que la ligne médiane plus pâle sur le thorax (Vickery et al., 1985).

    Figure 1 : Mâle Ceuthophilus pallidipes capturé à la station de biologie des Laurentides
    1. Épines de la partie dorsale du tibia noircies à la base
    2. Ligne médiane plus pâle bien définie sur le thorax
    3. 9e tergite du mâle quadragulaire
    4. Longues antennes (critère plus général du sous-ordre Ensifera)
    Figure 2 : Différentes formes que peuvent prendre les tergites des différentes espèces de Ceuthophilus. Le numéro 145 correspond à l’espèce Ceuthophilus pallidipes. Remarquez surtout la forme quadragulaire du dernier tergite. Tiré de Tiré de Vickery et al. 1985.

    Répartition géographique

    Ceuthophilus pallidipes est surtout présent près des Grands Lacs, mais peut également atteindre les Laurentides, qui est d’ailleurs l’endroit où le spécimen a été récolté. L’espèce peut facilement être confondue avec Ceuthophilus maculatus, qui est très abondant dans la région des Laurentides. Un œil aiguisé est indispensable pour identifier C. pallidipes (Vickery et al. 1985).

    Figure 3 : Distribution de Ceuthophilus pallidipes au sud du Canada et au nord des États-Unis. L’espèce est représentée par les ronds. Tiré de Vickery et al. 1985.

    Le mode de vie

    Habitat

    Le genre Ceuthophilus est d’un groupe d’insectes pour la plupart trogloxènes c’est-à-dire qu’ils se réfugient dans les grottes, mais que la plupart de leurs activités vitales se déroulent à l’extérieur (Lavoie et al., 2007). En effet Ceuthophilus spp. ne supportent pas les conditions sèches et les températures élevées et se tiennent donc à l’obscurité durant le jour (Eades D., 1964, Lavoie et al., 2007). Il existe toutefois une variabilité importante dans le degré de dépendance de certaines espèces appartenant au groupe Ceuthophilus aux grottes (Lavoie et al., 2007). Par exemple, certaines espèces, tel que C. conicaudus au Texas, restent dans les grottes pour la majorité de leur vie et y déposent même leurs œufs; elles ne sortent que la nuit pour s’alimenter (Lavoie et al., 2007). D’autres espèces plus au Nord, par exemple C. guttulosus, se cachent plutôt sous les roches ou la litière durant le jour; l’humidité du sol est suffisante pour les garder à l’abri (Eades D., 1964). À mi-chemin, C. stygius, au Kentucky, mange et pond ses œufs dans la forêt, mais s’abrite dans les caves durant la journée (Lavoie et al., 2007).

    En général, les espèces les plus adaptées aux caves ont un taux métabolique faible et une cuticule très mince; ce faible taux métabolique leur permet de survivre plusieurs jours sans manger. Elles ne sortent que lorsque la température et le niveau d’humidité sont appropriés (Lavoie et al., 2007). Les espèces dont le taux métabolique est plus élevé et dont la cuticule est plus épaisse se retrouvent moins en profondeur dans les caves. Ils ne peuvent passer que quelques jours sans manger et doivent donc sortir plus fréquemment pour s’alimenter. Leur anatomie leur permet toutefois de mieux résister aux conditions externes (Lavoie et al., 2007). Étant donné que les espèces étroitement liées aux caves sont très sensibles aux variations de température et d’humidité, elles sont particulièrement vulnérables dans le contexte des changements climatiques (Lavoie et al., 2007).

    Ceuthophilus pallidipes est principalement actif la nuit et se retrouve sous les arbres morts et autres débris du sol (Vickery et Kevan, 1986). Il est à noter que l’un de nos spécimens de C. pallidipes a été trouvé en plein jour sous une roche. Il s’agit d’une espèce plutôt active en général qui a d’ailleurs déjà été récoltée à plus de deux mètres au-dessus du sol sur le mur des habitations ou sur les troncs (Vickery et Kevan,1986).

    Alimentation :

    L’alimentation de Ceuthophilus a rarement été observée (Taylor et al.,  2005). Ils cherchent leur nourriture la nuit lorsque la luminosité, la température et le niveau d’humidité sont appropriés (Lavoie 2007). Ils utilisent leur odorat afin de trouver leur nourriture (Lavoie 2007). En général, les espèces habitant les grottes restent à moins de 100m de l’entrée de leur grotte pour chercher de la nourriture (Taylor et al., 2005). Ceuthophilus sont des détritivores opportunistes ou des omnivores. Certaines espèces mangent des fruits, de l’avoine, d’autres insectes morts et du pain. D’autres espèces de Ceuthophilus ont été observées s’alimentant de carcasses de bassaris rusé, de matières fécales humaines, de lépidoptères et des œufs d’autres insectes (Taylor et al., 2005).

    Prédation :

    Ceuthophilus a de nombreux prédateurs. Les araignées et les salamandres qui habitent les caves s’attaquent fréquemment aux adultes (Lavoie et al., 2007). La prédation est encore plus importante lorsqu’ils recherchent de la nourriture la nuit, particulièrement par les souris (Lavoie et al., 2007). De plus, leurs œufs sont souvent la proie des scarabées habitant les caves (Taylor et al., 2005)

    Reproduction et cycle de vie :

    Le genre Ceuthophilus fait partie du taxon paraphylétique Hemimetabola, c’est-à-dire qu’il subit une métamorphose incomplète pendant son développement. Une fois l’œuf éclot, la larve subit un nombre de mues défini, bien que le nombre précis soit inconnu pour cette espèce, avant de devenir adulte. Au contraire des holométaboles, la larve des hémimétaboles ressemble à l’adulte dès sa sortie de l’œuf. Parmi les différences observables, on note, par exemple, une plus petite taille, une pigmentation plus faible et l’absence de certaines caractéristiques sexuelles (Lavoie et al., 2007).

    La reproduction est assez variable entre les espèces appartenant au genre Ceuthophilus. Certaines espèces au Nouveau-Mexique seraient en mesure de se reproduire à longueur d’année. La production d’œufs chez les femelles varie toutefois quantitativement de façon saisonnière (Lavoie et al., 2007). En général, les espèces affichant une plus grande adaptation aux grottes pondent des œufs en moins grande quantité, mais ils sont plus gros (Lavoie et al., 2007). Des conduits souterrains entre cavernes seraient en mesure de préserver la diversité génétique des espèces dont la dispersion est limitée par leur sensibilité aux conditions extérieures (Lavoie et al., 2007).

    D’autres espèces ont des périodes de ponte plus distinctes. C’est le cas de notre espèce Ceuthophilus pallidipes, dont la reproduction se fait principalement en août et en septembre. Les œufs sont pondus durant l’hiver et éclosent au printemps. Les larves atteignent le stade adulte à la moitié de l’été (Luong et Hudson, 2012).

    Le rituel de reproduction a rarement été décrit chez le genre Ceuthophilus; une des rares mentions dans la littérature concerne l’espèce C. guttulosus par David C. Eades . Chez cette espèce, les antennes du  mâle et de la femelle doivent se toucher. S’ils se reconnaissent, les individus vont exhiber une réponse positive. Les deux individus font volte-face; la femelle soulève son abdomen tandis que le mâle va reculer à vitesse constante en balayant ses cerques pour détecter un objet rond (dans le meilleur des cas la femelle). Lorsqu’il fait contact, le mâle tord son abdomen, de sorte qu’il soit presque à l’envers, et va tenter d’insérer ses pièces génitales dans la femelle, par essai-erreur. Ce rituel de reproduction se passe dans l’obscurité et occasionne ainsi certaines erreurs. Dans certains cas, l’un des deux individus n’a pas été assez stimulé par le contact entre les antennes et va donc continuer son chemin. L’individu stimulé va souvent continuer de scruter le territoire avec ses antennes dans l’espoir de retrouver son/sa partenaire (Eades, 1964).


    Les intérêts scientifiques

    Le genre Ceuthophilus fait partie de certains points chauds dans le domaine de la science.

    Ceuthophilus sp. comme espèce clé de voûte dans les écosystèmes souterrains.

    Le genre Ceuthophilus a principalement été étudié pour son rôle écologique dans les grottes. Les grottes sont des écosystèmes présentant des conditions hostiles, notamment des taux d’humidité très élevés, l’absence de lumière ainsi que la sporadicité de la nourriture (Bernabo et al., 2011). Dans les grottes assez volumineuses, le guano des chauves-souris est l’apport d’énergie principale des écosystèmes souterrains. Dans les grottes plus petites où les chauves-souris sont absentes, ce sont les espèces du genre Ceuthophilus qui ont ce rôle (Taylor et al., 2005). En effet, Ceuthophilus fournit de l’énergie sous forme d’excrément, d’œufs ou encore de carcasse (Taylor et al., 2005). Pour les araignées et les scarabées prédateurs, la santé des populations de Ceuthophilus est nécessaire à leur survie. Les arthropodes troglophiles, c’est-à-dire ceux qui ne quittent jamais les grottes, sont très vulnérables, car ils ne dépendent que de quelques espèces assurant le transfert d’énergie de la surface au milieu sous-terrain. Les espèces de Ceuthophilus sont donc des espèces clé de voûte dans ce contexte (Lavoie et al., 2007).

    Parenthèse : Certaines espèces de Ceuthophilus ont une relation évolutive très étroite avec leur prédateur dans les écosystèmes souterrains. C’est le cas d’une espèce de Ceuthophilus au Texas qui a développé un long ovipositeur pour enfouir ces œufs plus en profondeur afin d’augmenter leurs chances de ne pas être découvert par les scarabées (Lavoie 2007).

    Ceuthophilus pour étudier la phylogéographique

    Les écosystèmes se retrouvant dans les grottes sont parfois comparables à certains égards aux écosystèmes d’îles dans l’océan ; les espèces qu’on y retrouve sont isolées géographiquement et souvent endémiques (Weckstein et al., 2016). Ainsi, les grottes sont des écosystèmes relativement simples permettant d’étudier les processus évolutifs expliquant la dispersion géographique et la spéciation des espèces (Juan et al., 2010).

    Les espèces plutôt trogloxènes que troglophiles pouvant couvrir de plus grandes distances, les échanges de gènes entre populations sont plus fréquents. Les populations des espèces troglophiles affichent donc une différenciation génétique plus importante que les espèces trogloxènes, car la dispersion génétique est plus ardue. L’histoire est toutefois plus complexe, car la géologie des caves joue un rôle. En bref, les caves ayant des structures très fissurées permettent un échange régulier de gènes entre les populations d’espèces troglophiles (Weckstein et al., 2016).

    Tel que mentionné précédemment, il existe un large éventail de degré d’association aux grottes au sein du genre Ceuthophilus. En effet, le sous genre Ceuthophilus exhibe des espèces pouvant de déplacer de 1 km pour changer de caves alors qu’aucune dispersion n’a jamais été documentée pour le sous-genre troglophile Geotettix (Weckstein et al., 2016). L’étude du genre Ceuthophilus est donc idéale afin d’évaluer le rôle de la dispersion et le degré d’adaptation aux cavernes dans la génération de différences phylogéographiques d’espèces reliées étroitement phylogénétiquement et occupant le même territoire. (Weckstein et al., 2016)

    Ceuthophilus pallidipes comme vecteur de parasites

    De retour à notre espèce. Peu d’études se sont concentrées sur Ceuthophilus pallidipes, notamment car il ne représente pas les mêmes intérêts scientifiques mentionnés plus haut. Ceuthophilus pallidipes a toutefois été identifié comme vecteur de transmission du parasite Pterygodermatis peromysci. P. peromysci est un nématode qui affecte les souris. L’adulte pond ses œufs qui sont relâchés à l’intérieur de la souris et sont donc répandus sous forme d’excréments. Étant donné que C. pallidipes est un détritivore, il consomme ces œufs. Les œufs de nématode se développent dans C. pallidipes. En s’alimentant d’un C. pallidipes infecté, la souris se retrouve alors hôte du parasite nématode. (Luong et Hudson2012)


    Interactions avec les humains.

    Le grillon est souvent présent dans les sous-sols de nos habitations puisque ce milieu sombre et humide est idéal pour lui (Epps et al., 2014). Bien qu’il soit inoffensif pour l’humain, les gens sont souvent réticents à cohabiter avec un insecte. Des espèces de Ceuthophilus provenant d’Asie sont en train d’envahir les maisons dans plusieurs régions des États-Unis. Stuart Aust, président de Bug Doctor, estime que la population de grillons des sous-sols dépasserait maintenant la population d’humain aux États-Unis.

    Dans une certaine mesure, Ceuthophilus pourrait être bénéfique en mangeant les petits insectes morts et les miettes qui s’accumulent dans les recoins de nos maisons, mais son apparence est considérée comme répugnante par plusieurs personnes. Le meilleur moyen de se débarrasser de lui serait d’illuminer les endroits sombres de sa maison et de se munir d’un déshumidificateur.

    Autrement, pour les gens qui pratiquent l’entomophagie, les orthoptères, notamment les grillons et les criquets, sont régulièrement désignés comme étant les meilleurs comestibles. Rien n’empêche de croire qu’il serait possible de se nourrir de C. pallidipes mais son alimentation omnivore, parfois coprophage, lui conférerait malheureusement un gout désagréable.


    Référence :

    Bernabò, L. Latella, O. Jousson, V. Lencioni, Cold stenothermal cave-dwelling beetles do have an HSP70 heat shockresponse, In Journal of Thermal Biology, Volume 36, Issue 3, 2011, Pages 206-208, ISSN 0306-4565, https://doi.org/10.1016/j.jtherbio.2011.03.002.

    Eades, D. C. (1964). General biology and geographic variation of Ceuthophilus guttulosus Walker (Orthoptera: Gryllacrididae: Rhaphidophorinae). Transactions of the American Entomological Society (1890-), 90(1), 73-110.

    Epps, M. J., Menninger, H. L., LaSala, N., & Dunn, R. R. (2014). Too big to be noticed: cryptic invasion of Asian camel crickets in North American houses. PeerJ, 2, e523.

    Department of Entomology of Iowa State University. (2017). Identification, Images, & Information or Insects, Spiders & Their Kin for the United States & Canada. Repéré à : https://bugguide.net/node/view/73

    Juan, C., Guzik, M. T., Jaume, D., & Cooper, S. J. (2010). Evolution in caves: Darwin’s ‘wrecks of ancient life’in the molecular era. Molecular Ecology, 19(18), 3865-3880.

    Lavoie, K. H., Helf, K. L., & Poulson, T. L. (2007). The biology and ecology of North American cave crickets. Journal of Cave and Karst Studies, 69(1), 114-134.

    Luong, L. T., & Hudson, P. J. (2012). Complex life cycle of Pterygodermatites peromysci, a trophically transmitted parasite of the white-footed mouse (Peromyscus leucopus). Parasitology research, 110(1), 483-487.

    Taylor, S. J., Krejca, J. K., & Denight, M. L. (2005). Foraging range and habitat use of Ceuthophilus secretus (Orthoptera: Rhaphidophoridae), a key trogloxene in central Texas cave communities. The American midland naturalist, 154(1), 97-114.

    University of Arkansas. (2002). Camel Cricket. Repéré à : https://entomology.uark.edu/outreach/arthropod-museum/camel-cricket.php

    Vickery, V. R., & Kevan, D. K. (1985). The grasshoppers, crickets, and related insects of Canada and adjacent regions. Ulonata: Dermaptera, Cheleutoptera, Notoptera, Dictuoptera, Grylloptera, and Orthoptera (No. Part 14). Agriculture Canada.

    Weckstein, J. D., Johnson, K. P., Murdoch, J. D., Krejca, J. K., Takiya, D. M., Veni, G., … & Taylor, S. J. (2016). Comparative phylogeography of two codistributed subgenera of cave crickets (Orthoptera: Rhaphidophoridae: Ceuthophilus spp.). Journal of Biogeography, 43(7), 1450-1463.

  • Melanoplus femurrubrum (De Geer 1773)

    Par Marie-Line Buteau et Sarah Merheb (édité par Étienne Normandin)

    Photo 2014-10-09, 11 20 27 AM (HDR)

    Cette espèce a été capturée à la station de biologie des Laurentides le 4 septembre 2014

    Taxonomie

    Identifier en 1773 par l’entomologiste Charles De Geer, Melanoplus femurrubrum , le Mélanople à pattes rouges, fait parti de la classe des Insectes, l’ordre des Orthoptères et la famille des Acrididés (De Geer, 1773). Cette famille est caractérisée par des antennes plus courtes que le corps et l’absence d’appareil stridulatoire sur les élytres (Vickery et Kevan, 1985). L’espèce fait partie du genre Melanoplus qui englobe des espèces herbivores dont certaines sont nuisibles à l’agriculture (Bland, 2003). Notamment, Melanoplus femurrubrum est caractérisé par les tibias des pattes postérieures rouge-orangé et des fémurs brunâtres variant au jaune aux extrémités. La face externe des fémurs présente généralement un motif à chevron olivâtre. Il est intéressant de noter qu’il existe une forme rare de l’espèce de couleur bleue. Il a été possible d’identifier et de différencier, selon Vickery et Kevan (1985), notre espèce en observant la position et la forme de l’ovipositeur. Les ailes sont complètement développées et vont au-delà du bout des fémurs postérieurs.

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    Fig.1 La face externe des fémurs présente un motif à chevron olivâtre

    Fig.2 Les ailes sont complètement développées

    Reproduction

    Certains Acrididés produisent des sons grâce aux fémurs des pattes postérieurs qui possèdent des protubérances sur la face interne. Ils exécutent des oscillations rapides de leurs pattes postérieures qui permettent à ces protubérances de frotter contre une nervure saillante de leurs ailes (Dumortier, 1966). Cependant, les espèces du genre Melanoplus ne produisent pas de son puisque ceux-ci n’ont pas d’organes stridulatoires sur les fémurs postérieurs. En effet, les mâles ne produisent aucun son pour courtiser une partenaire, mais lorsqu’ils rencontrent une femelle, ceux-ci déplacent leurs antennes et font vibrer leurs fémurs postérieurs. Ce comportement particulier permet, par le fait même, aux femelles de reconnaitre les mouvements propres à leur espèce (Pickford et Gillot, 1972).
    Cela dit, la période de reproduction débute à l’été allant jusqu’au milieu de l’automne pendant que les adultes sont actifs. En conséquence, cette espèce ne produit qu’une seule génération par année. Les femelles pondent leurs œufs dans le sol à l’aide de leur ovipositeur. Les œufs pondus durant l’été n’éclosent pas avant l’arrivée du printemps suivant. (Capinera, 2008). Ainsi, les immatures naissent et deviennent adultes vers juillet en passant par plusieurs stades immatures. Il faut noter que l’ordre des orthoptères est un ordre ayant une métamorphose incomplète. De plus, le temps du stade immature est plus rapide lorsque la température est plus élevée. Malheureusement, les adultes meurent lors de l’arrivée de l’hiver à cause du froid.
    Melanoplus. femurrubrum possède de nombreux prédateurs, dont des insectes parasites, des mites ainsi que des nématodes. Il semblerait, selon Bland (1976), que ces derniers ont le plus grand impact sur la population du Mélanople à pattes rouges. De même, la disponibilité de la nourriture semble être un autre facteur limitant pour les populations de M. femurrubrum. Une diversité dans les plantes disponibles est aussi importante pour répondre au besoin des différents stades immatures.

    Répartition

    Melanoplus femurrubrum est très répandu en Amérique du Nord. Il peut facilement se déplacer grâce à son vol puissant qui lui permet de voler plus longtemps et donc de se disperser et de trouver de nouveaux habitats pendant les années de sécheresses (Pfadt, 1994). Normalement, on retrouve cette espèce dans les champs, les prairies, les prés et dans la végétation bordant les sentiers, des habitats qui abondent en Amérique du Nord depuis le développement de l’agriculture. De plus, selon Thompson (1992), ce melanople présente une grande plasticité phénotypique au sein de l’espèce, ce qui lui confère une bonne capacité d’adaptation. Son alimentation est composée de plantes herbacées ou même d’herbe ce qui le rend nuisible à certaines cultures comme la luzerne, le soya, les légumineuses ou encore l’avoine. Ces caractéristiques expliquent bien le succès démographique de l’espèce et son abondance (Bland, 2003).

    Impact

    Cette espèce peut endommager gravement certaines cultures surtout dans l’est du Canada et des États-Unis. Entre autres, elle est particulièrement nuisible aux légumineuses et au sojaMelanoplus sanguinipes, une espèce semblable, serait beaucoup plus ravageuse, car celle-ci est capable d’effectuer de grosses migrations de masse pouvant ainsi dévaster des cultures lors de son passage. (Bland, 2003)

    RÉFÉRENCES

    Bland R.G. (1976) Effect of Parasites and Food Plants on the Stability of a Population of Melanoplus femurrubrum. Environmental Entomology, 5(4) : 724-728.

    Bland R.G. (2003) The orthoptera of Michigan, Biology, keys and descriptions of Grasshoppers, Katydids and Cricket. Michigan state University Extension, Michigan, p.94.

    BugGuide.Net. 2003-2014  << Species Melanoplus femerrubrum– Red-legged Grasshopper>>. En ligne. Page consultée le 25 octobre 2014.

    Capinera J. L. (2008) Encyclopedia of Entomology, Redlegged Grasshopper, Melanoplus femurrubrum (Degeer) (Orthoptera: Acrididae. Springer, London, pp 3119-3123.

    De Geer C. (1773) Mémoire pour servir à l’histoire des insectes, p.498. En ligne. Page consultée le 25 octobre 2014.

    Dumortier B.(1966) La stridulation et l’audition chez les Insectes Orthoptères. Aperçu historique sur les idées et les découvertes jusqu’au début du XXe siècle. Revue d’histoire des sciences et de leurs applications. 19(1) : 1-28.

    Pfadt R.E. (1994) Field Guide to Common Western Grasshoppers, Part 4. Wyoming Agricultural Experiment Station, Bulletin 912, pp 133-136.

    Pickford R. et C. Gillot (1972) Courtship behavior of the migratory grasshopper melanoplus sanguinipes (Orthoptera : Acrididae). The Canadian Entomologist, 104 (5) : 715-722.

    Thompson D.B. (1992) Consumption rates and the evolution of diet-induced plasticity in the head morphology of Melanoplus femurrubrum (Orthoptera: Acrididae). Oecologia, 89 (2) : 204-213.

    Vickery V.R. et D.K.M. Kevan (1985) The insects and arachnids of canada, part 14: The Grasshoppers, Crickets and Related Insects of Canada and Adjacent Regions. Agriculture Canada, Canada, 918 pages.

  • Gryllus pennsylvanicus (Burmeister 1838)

    le grillon automnal

    Par Félix MASSÉ et Laurent MONTAGANO (édité par Paul MAYRAND)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs

    Image 2
    Cette femelle a été capturé à la Station de Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Cette espèce d’insecte appartient à l’ordre des Orthoptera, à la super-famille des Grylloidea, à la famille des Gryllidae et au genre Gryllus. Elle pourrait être confondue avec Gryllus firmus, mais bien que très semblable, elle s’y distingue par son oviscapte plus long.

    Cet insecte possède une aire de répartition couvrant en grande partie l’Amérique du Nord: le sud du Canada, la majorité des États-Unis ainsi qu’une fraction du nord du Mexique. Ce succès s’explique par le fait que Gryllus pennsylvanicus possède une amplitude de tolérance élevée aux variations des conditions de son habitat. Ce dernier s’étend des champs et périphéries de forêts jusqu’aux cavernes et habitations humaines (tout refuge chaud pendant l’hiver aura tendance à attirer les grillons).

    Le fait d’être omnivore et donc d’avoir un large spectre dans le choix de nourriture contribue aussi au succès de l’étendue géographique de l’espèce. En effet, Gryllus pennsylvanicus se nourrit principalement de plantes et de graines, mais aussi de petits fruits, de matière organique en décomposition et parfois même de petits insectes (incluant leurs propres juvéniles). Par contre, ces grillons sont aussi une proie facile pour plusieurs autres animaux, qu’ils soient oiseaux (prédateurs plus communs), amphibiens, petits mammifères comme le renard, reptiles, poissons, arachnides ou autres insectes.

    La nuit, lorsqu’ils ne se nourrissent pas, les Gryllus pennsylvanicus mâles produisent des stridulations grâce au mouvement de leurs ailes: une rangée de dents sur les ailes postérieures frotte contre l’aile antérieure [1]. Ce « chant », dont la fréquence dépend directement de la température ambiante, attire des femelles lorsqu’il est fort. Par contre, un chant plus bruyant attire aussi plus de prédateurs. Une fois qu’il y a eu accouplement, la femelle peut procéder à la ponte des œufs dans du sable ou de la terre humide grâce à son oviscapte spécialisé qui lui permet de creuser. Après deux à trois semaines, les larves éclosent, s’alimentent et se développent pendant 12 semaines jusqu’à ce qu’elles atteignent le stade adulte. Faisant partie du groupe des orthoptères, ces larves ont un développement hémimétabole et conséquemment subissent une métamorphose incomplète. Une seule femelle pouvant pondre jusqu’à 400 œufs au courant de sa vie, il est heureux que seule une fraction des larves atteint le stade adulte.

    Effectivement, les conséquences de l’arrivée d’un nombre anormal de grillons dans les milieux d’agriculture sont connues depuis longtemps et sont très souvent dévastatrices car chaque individu mange au moins l’équivalent de son poids en une journée. Par contre, même s’ils peuvent ravager des semences, ils peuvent aussi être utiles. En agriculture, ils peuvent servir dans la lutte biologique contre les plantes nuisibles en mangeant les graines de la « mauvaise herbe ». Gryllus pennsylvanicus occupe aussi une place très importante dans son écosystème, car il active la décomposition en transformant la matière végétale en matière fécale, contribuant donc à accélérer les flux d’énergie et de nutriments.

  • Dissosteira carolina (Linnaeus 1758)

    l’œdipode à ailes noires

    Par Kim AUBUT DEMERS, Stéphanie MIGNAULT GOULET et Catherine SIROIS-DELISLE
    (édité par Elise ST-PIERRE)

    Texte et images ©2014 CC BY-SA 4.0, les auteurs


    Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Classification
    Règne Animalia
    Embranchement Arthropoda
    Classe Insecta
    Ordre Orthoptera
    Sous-ordre Caelifera
    Famille Acrididae
    Sous-famille Oedipodinae
    Tribu Trimerotropini
    Genre Dissosteira
    Espèce Dissosteira carolina

    Morphologie et distribution

    Dissosteira carolina est un criquet mesurant entre 32 et 58 millimètres. Les femelles ont un poids presque trois fois plus grand que celui des mâles (1467 mg pour 570 mg). Cet insecte arbore des couleurs jaunâtre à brunâtre, tirant parfois sur le gris. Ses ailes postérieures sont foncées (de marrons à noires) et entourées d’une bordure jaune sur la marge postérieure. Les tibias sont jaunes. Les mâles ont une stridulation. Lorsqu’elle est en vole, D. carolina devient très visible.

    Ce criquet est bien installé en Amérique du Nord et on le rencontre très souvent aux États-Unis. Il vit proche des chemins de terre et des routes encombrés de poussière. Il est très répandu aussi dans les prairies à herbes hautes et dans les champs où il se nourrit.

    Les trois paires de pattes, comme vue sur la figure 1, sont jointes au niveau du thorax. Les pattes postérieures, avec leurs formes en «Z», sont puissantes et démontrent une capacité et une adaptation aux sauts importants de cette espèce. Elles peuvent être utilisées lors de la stridulation de l’insecte, principalement par frottement.

    Dissosteira2Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Les ommatidies, cônes de forment allongées, sont une caractéristique des arthropodes. Chacune d’elle représente une unité sensorielle indépendante. Ce sont des récepteurs sensibles à la lumière, qui constituent l’œil composé.

    Dissosteira3Le spécimen a été capturé à la Station de
    Biologie des Laurentides le 6 Septembre 2013

    Le pronotum, structure protectrice qui couvre le prothorax, est particulièrement allongé chez les orthoptères. Ceci procure une protection supplémentaire de cette région par rapport aux autres espèces.

    La présence d’ailes sur cet individu démontre qu’il s’agit d’un adulte. Les ailes postérieures, larges et membraneuses, assurent le vol via leurs formes triangulaires. On peut voir que chez cette espèce, elles sont vivement colorées (figure 1). Les ailes antérieures sont plutôt étroites et ont donc un rôle de protection. Elles peuvent aussi équilibrer l’insecte lors du vol.

    Les 11 segments des métamères de l’abdomen permettent la distension et l’allongement de l’abdomen, ainsi que les mouvements respiratoires. Le lien entre chaque métamère est composé de membranes très extensibles, ce qui permet cette flexion.

    Comportement

    Lors du vol pour le déplacement, les adultes peuvent voyager de 2 à 36 pieds avec 1 à 2 pieds de hauteur. Ils peuvent toutefois se rendre encore plus loin à l’aide du vent. Lorsque D. carolina est en vol, l’insecte ressemble à un papillon à cause de ses mouvements dans l’air. Ceci est une stratégie de camouflage pour décourager les oiseaux prédateurs. Ceux-ci, ainsi que les araignées, sont les prédateurs principaux de l’insecte. Lorsque la saison est particulièrement chaude et humide, le facteur limitant de D. carolina peut devenir le champignon Entomophaga grylli. Quand il infecte l’insecte, ce dernier fait en sorte que l’insecte demeure accroché sur une surface élevée pour la répartition des spores par le vent ou la pluie. La tête devient blanche et rigide. Les conidiospores du champignon font des crêtes sur l’abdomen de l’insecte.

    Dissosteira carolina se nourrit d’une grande variété de graminées et d’autres herbacées. Dû à sa grande distribution géographique, cet insecte est polyphage. Ce criquet peut grimper une plante pour manger ses feuilles directement, ou il peut rester au sol et manger de la matière végétale qu’il trouve par terre.

    La reproduction débute par le comportement pré-copulatoire. Les mâles de l’espèce, lors d’une journée chaude, s’élèvent de 3 à 6 pieds de hauteur, et peuvent rester dans les airs de 8 à 15 secondes. En plein vol, le mâle va ainsi frotter ses pattes métathoraciques et ses ailes pour striduler. La femelle, attirée par ceci, rejoint le mâle qui la monte pour copuler. Le couple peut adopter cette position pendant 16 heures. Plus de 40 œufs de 4.8 à 5.8 mm de longs seront pondus par l’oviscapte de la femelle, sur un sol nu, à une profondeur d’environ 3,5 cm. Ensuite, avec son tarse postérieur, elle recouvre le trou avec de la matière du sol. Le développement de la progéniture se fait au printemps, puisque la ponte de l’insecte se produit tard dans l’été.

    Au levé du soleil, les adultes s’exposent aux rayons pendant environ 2 heures. Ensuite, les femelles vont plutôt se nourrir et se reposer alors que les mâles sont beaucoup plus actifs. Ceci permet aux mâles de rencontrer les femelles pour s’accoupler. Lors de journées très chaudes, l’adulte peut se percher sur de la végétation pour sa thermorégulation. Il reste au frais en ayant la tête directement vers le soleil pour que le corps soit légèrement ombragé. Pendant environ 2 heures, les adultes vont de nouveau s’exposer au soleil à la fin de la journée, avant de trouver refuge parmi la végétation.

    Importance économique

    L’importance économique de Dissosteira carolina est mineure. Cette espèce se nourrit surtout de mauvaises herbes, mais il lui arrive parfois de ravager des champs et de détruire des récoltes. Ce gros criquet s’attaque entre autres aux plantations d’alfafa, de tabac, de légumineuses, de mais, de coton et de patates. Il n’y a cependant eu aucune étude spécifique réalisée sur l’importance économique de cet insecte. Dans les dommages recensés causés par cette espèce on retrouve des ravages dans des récoltes en Saskatchewan, des plants de tabac endommagés en Ontario et une destruction de plantations de légumineuses en Arizona. Pour éviter d’utiliser des insecticides dans les cas où les dommages causés par ce criquet sont importants, des scientifiques développent des champignons qui s’attaquent au criquet afin de contrôler les populations.

     

    RÉFÉRENCES

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